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Arman

 

La ville de Nice fut le berceau de la vie pour le jeune Armand Pierre Fernandez. Arrivé dans ce monde le 17 novembre 1928, cet enfant de brocanteur ne savait pas encore qu'un destin d'artiste de renommée mondiale l'attendait.

 

L'influence majeure d'un père brocanteur

Durant son enfance, celui que l'on connaîtra plus tard sous le pseudonyme Arman passait son temps libre auprès de son père. Ce dernier, brocanteur de son état, lui communiqua très tôt sa passion pour les objets de tous bords. Chacun portant en son sein une histoire qui lui est propre, la signature d'un artiste, ou tout simplement les stigmates d'une époque historique. Ce père se révéla aussi passionné par la musique et grand amateur d'art. Petit à petit, le jeune Arman abreuve son âme de toutes ces expériences enrichissantes. De collecte d'objets antiques aux plus grandes expositions d'art, il se forge lentement, mais sûrement, une base solide de connaissances dans chacun de ces domaines. Dès l'âge de 10 ans, grâce à la peinture, Arman commence à s'exprimer et à retourner toutes les émotions collectionnées durant ses premières années de vie.

 

Un parcours d'artiste et rien d'autre !

Sa scolarité se déroule sereinement. Arman étudie convenablement et consacre tout le reste de son temps à peindre et seconder son père. Aimer ce que l'on fait, sans réserve, voilà peut-être le secret simple de son art. On ne progresse jamais autant que lorsque la passion nous guide. Tout naturellement, Arman envisage son avenir dans le monde de l'art. Le jeune homme qu'il devenait ne pouvait pas accepter un autre destin. En 1946, il choisit donc d'intégrer l'École des Arts Décoratifs, situé dans sa ville natale. Nice sera ainsi pour toujours le berceau de sa vie, mais aussi de son art. Pendant trois ans, Arman s'évertue à progresser. Il cherche à élever son niveau et aborde de multiples disciplines artistiques. En 1949, son parcours d'études va encore s'enrichir. Arman franchit les portes l'École du Louvre de Paris. Pourquoi ce choix ? Le jeune Arman s'était pris de passion, à cette époque, pour la philosophie et les arts d'Extrême-Orient.

 

Des rencontres décisives

Durant ses études à Nice, le jeune artiste se prend d'amitié pour d'autres passionnés d'art, comme lui. Parmi ses relations de l'époque, on peut citer Claude Pascal et Yves Klein. Curieusement, c'est au sein d'une simple école de judo qu'ils font connaissance. Quoi qu'il en soit, l'amour de l'art qui les anime était sans limites. Rapidement, ils décident de créer un groupe. Cette association fut baptisée le "Triangle". Tous les trois se retrouvent régulièrement et s'adonnent pleinement à leur loisir préféré : la peinture. Au fil de leurs créations, ils prennent la décision de s'inspirer de Vincent Van Gogh, un artiste peintre pour lequel ils développent une admiration éternelle. Dès lors, chacune de leurs toiles est signée de leur seul prénom. Durant cette période sereine, Arman rencontre une musicienne, Éliane Radigue. L'amour fait alors une entrée fracassante sur la scène de vie du jeune artiste. Il épouse Éliane dès 1953. Cette union voit naître la carrière d'Armand Pierre Fernandez, mais aussi trois beaux enfants, respectivement prénommés Françoise, Anne, Yves.

 

La naissance d'un artiste multidisciplinaire

À partir de 1956, notre jeune peintre est assoiffé d'art au sens large du terme. Il recherche l'inspiration et n'est apaisé que lorsqu'il découvre une nouvelle discipline. Inspiré par les œuvres de Pollock et Schwitters, Arman débute dans la pratique du tampon. De cette expérience nait une exposition "Cachets", dans la capitale. Au départ, ses créations portaient toutes son véritable prénom "Armand". Deux ans après cette exposition, un catalogue d'art commet une erreur et orthographie mal le nom de cet artiste dont le talent commence à raisonner dans le monde de l'art. Armand devient alors Arman. Amusé, l'artiste s'approprie cette coquille et continue de se faire appeler ainsi tout le reste de sa carrière. Arrive alors 1959, année marquant un réel tournant dans son art. C'est le début de ce que l'on nommera rapidement "ses accumulations". L'empreinte de la figure paternelle qu'il chérit tant refait surface. Arman entame des collections d'objets, des objets perdus, brisés, oubliés. Cet intérêt pour ces choses égarées et figées dans le temps prendra toujours plus d'ampleur. Il sera l'essence même de son art. La sculpture devient son activité principale.

 

Arman et ses accumulations

En 1960, toujours en compagnie d'Yves Klein, il forme le groupe des Nouveaux Réalistes. D'autres artistes se joindront au projet, tels que Martial Raysse ou César. Pour valoriser ses précieux objets, le sculpteur s'appuie sur l'utilisation de plexiglas et polyester. Une année lui suffit pour lancer une nouvelle exposition, mais cette fois, tout se déroule bien loin de Nice et de Paris. L'heureuse élue pour ce projet, n'est autre que la ville de New York. Les États-Unis deviennent son nouveau foyer. Malgré son train de vie effréné, il ne manque pas une occasion de revenir dans le sud de la France, seul endroit au monde où il peut pleinement se ressourcer. L'année 1962 marque un tournant important dans sa carrière. Le sculpteur contemporain y développe ses célèbres "Combustions".

 

Une nouvelle union, un nouveau départ

Le chemin de l'artiste fut parsemé de nombreux projets d'envergure. Sa vie personnelle se révéla tout aussi riche. En 1971, l'artiste sculpteur se marie pour la seconde fois. Sa compagne se prénomme Corice Canton. Avec elle, il deviendra père de deux autres enfants : Yasmine et Philippe. Pendant de nombreuses années, il n'aura de cesse de récupérer les objets jetés et divers rebuts, dans le but avoué de révéler leur poésie et leur beauté. Il se décrit lui-même comme un "montreur d'objets". Lorsqu'il parle de ses sculptures, c'est toujours en des termes passionnés et philosophiques : "J'affirme que l'expression des détritus, des objets, possède sa valeur en soi, directement, sans volonté d'agencement esthétique les oblitérant et les rendant pareils aux couleurs d'une palette ; en outre, j'introduis le sens du geste global sans rémission ni remords."

 

Rétrospectives

Entre 1998 et 2001, une rétrospective de grande ampleur fait le tour du monde. Ses œuvres surprennent et émerveillent la France, l'Allemagne, le Portugal, le Brésil, l'Espagne, le Mexique et Israël. En parcourant ses créations, nul doute que la musique, découverte alors qu'il était encore enfant, a fortement marqué Arman. Les instruments de musique peuplent majoritairement et majestueusement les sculptures d'art contemporain de l'artiste. Lorsqu'il s'éteint en 2005, Arman peut se targuer d'avoir vécu pleinement et sans retenue sa passion pour l'art et la sculpture, à chaque seconde de sa vie.