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Baselitz

Considéré comme un précurseur du mouvement néo-expressionniste allemand, Georg Baselitz est un peintre, mais également un sculpteur qui cherche à tester les limites de l’art contemporain. Partons à la découverte de cet artiste qui, depuis plus de 60 ans, examine des thèmes à la fois historiques et personnels.

 

Des images choquantes…

 

Hans-Georg Kern en 1938 dans l’Allemagne nazie, Baselitz a grandi à Saxe sous le régime communiste de la République Démocratique Allemande (RDA). Dès le début de sa carrière, Baselitz s’intéresse à la tradition de la peinture expressionniste allemande.

 

À l’âge de 18 ans, il est renvoyé de l’Académie des arts de Berlin-Est, après deux semestres, pour “immaturité sociopolitique”. En 1957, il s’installe à Berlin-Ouest pour étudier à l’Académie des arts. Très vite, il se met à réaliser ses “peintures de héros” dans lesquelles ils représentent des figures masculines célèbres dans des paysages mythiques en ruine utilisant un empâtement épais pour susciter une émotion brute. En 1963, il obtient son diplôme de maître et prend le nom de Baselitz, en référence à son lieu de naissance Deutschbaselitz. La même année, il provoque un nouveau scandale public où deux de ses tableaux, jugés obscènes, sont saisis par le ministère public lors de son exposition personnelle. L’une de ses œuvres représentait un jeune garçon, portant une coiffure à la Adolf Hitler, tenait un phallus (Die große Nacht im Eimer ou La grande nuit au fond de l'égout, 1963). Ce style de tableau illustre l'engouement de Baselitz de créer des images dérangeantes et choquantes afin de provoquer une réaction.

 

… Aux tableaux à l’envers

 

En 1965, Baselitz obtient une bourse d’études à Florence. En 1969, ayant à cœur de mettre en valeur les qualités abstraites, Baselitz décide d’exposer des peintures iconiques à l’envers pour permettre au spectateur de se concentrer sur les aspects purement picturaux du tableau. En effet, en étant renversés, ses sujets (personnages, paysages, etc.) déforment l’attente du spectateur ce qui l'invite à examiner la peinture de plus près. Du fait des couches de peinture et des éclaboussures, Baselitz propose des peintures qui produisent une qualité intense. En ce sens, il se dégage de l’art conceptuel, le courant dominant de l’époque. Grâce à différentes expositions telles que les Documenta 5 et 7 (en 1972 et en 1982), la Biennale de Venise en 1980 ou encore l’exposition A New Spirit in Painting en 1981, Baselitz finit par acquérir une réputation internationale. Par ailleurs, Baselitz est également connu en tant que sculpteur.

 

Modell für eine Skulptur la première oeuvre en tant que sculpteur

 

Dès le début des années 80, Baselitz réalise des sculptures monumentales en bois représentant des figures et des têtes aux formes inachevées et délibérément irrégulières.

 

Pour réaliser ses créations, ce sculpteur réalise de nombreux dessins qui ne sont pas des esquisses préparatoires, mais plutôt une façon pour rechercher une idée. Comme il l’affirme, “ J’ai toujours suivi une idée qui se termine autrement”, comme l’illustre si bien les cinquante-deux dessins que ce sculpteur a réalisés pour trouver la physionomie idéale de Ding mit Asien. Pour créer ses imposantes figures, ce sculpteur utilise une tronçonneuse ainsi qu’une hache. Ce sculpteur s’inspire de l’art populaire et tribal qu’il enrichit de multiples références occidentales, estimant que la sculpture est “le chemin le plus court” pour répondre aux questions fondamentales. Modell für eine Skulptur (Modèle pour une sculpture, 1979) représente sa première œuvre en tant que sculpteur. Présentée en juin 1980, cette première œuvre du sculpteur est considérée comme une “proposition de sculpture” dans laquelle il recherche la disharmonie. En effet, le sculpteur a taillé le bois avec sa hache de façon grossière et agressive. Cette première œuvre de ce sculpteur rappelle étrangement les statuettes lobi du Burkina Faso.

 

Baselitz, un sculpteur pas comme les autres

 

Entre les années 80 et les années 90, Baselitz est passé d’un ensemble de figures debout à des sculptures anthropomorphes. Vers la fin des années 80, ce sculpteur réalise la série des Femmes de Dresde qui représentent une dizaine de têtes immenses symbolisant les victimes de la destruction de Dresde vers la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Durant les années 90, cet artiste sculpteur réalise de grandes figures féminines qu’il habille avec des costumes folkloriques (Mutter der Girlande et Mondrians Schwester). Du fait de leur taille démesurée ainsi que de l’absence de pieds, Baselitz cherche à créer une certaine disharmonie.

 

Des sculptures enfantines et autobiographiques

 

En 2003, Baselitz réalise Meine neue Mütze (Ma nouvelle casquette). Cette sculpture, qui se veut être un autoportrait, le lance dans une série de sculptures immenses ayant des références autobiographiques. Avec cette série de sculptures, Baselitz sort de l’ironie et habille ses figures avec des costumes burlesques qui nous donne l’impression d’avoir à faire à des jouets (des sculptures en maillot de bain, des shorts qui baillent, …). Peintes en rose et en bleu, Baselitz exploite clairement l’univers enfantin de ses sculptures parmi lesquelles ce sculpteur glisse de nombreuses références telles un crâne derrière le dos pour symboliser la Vanité, le fameux minuit moins cinq indiqué sur les montres au poignet, etc. En 2004, cet artiste sculpteur reçoit le Praemium Imperiale.

Cet artiste sculpteur a réalisé de nombreuses expositions personnelles, dans le monde entier, lors de ces dernières décennies. Ses sculptures les plus récentes sont des autoportraits à la taille démesurée qui, même si elles évoquent Le Penseur de Rodin, ont pour modèle le Christ. Ces sculptures comportent l’un des “signes" de cet artiste sculpteur : des yeux composés de coulures blanchâtres.

Au cours des dernières décennies, cet artiste sculpteur a eu d'importantes expositions personnelles dans le monde entier et expose régulièrement dans des galeries à Londres, New York, Paris, Salzbourg et Berlin. Parmi d'autres décorations de renommée internationale, il a reçu le Praemium Imperiale en 2004.