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Daumier

 
Les caricatures acérées d'Honoré Daumier ont fait de lui l'un des observateurs sociaux et politiques les plus connus de son époque, et l'une de ses œuvres l'a même conduit en prison pour avoir insulté le roi. Les caricatures de Daumier sont ses créations les plus populaires, mais bien qu'il ait créé non seulement les lithographies pour lesquelles il est le plus connu, mais aussi des dessins, des peintures à l'huile et à l'aquarelle, ainsi que des sculptures, il reste largement méconnu pour l'étonnante diversité de son œuvre.

 


Un talent juvénile

 
Honoré-Victorin Daumier a vécu une grande partie de sa vie à Paris, bien qu'il soit né dans la ville portuaire de Marseille, dans le sud de la France. Alors qu'il n'avait que six ans, ses parents, Jean-Baptiste Louis Daumier et Cécile Catherine Philippe, ont déménagé leur famille à Paris. Jean-Baptiste, vitrier de métier, a été attiré à Paris parce qu'il voulait publier sa poésie et qu'il avait de bien meilleures chances d'y parvenir que dans sa propre province.

 
Les biographies de l’artiste sculpteur affirment qu'en dépit de l'attitude agressive de son père, qui le dissuadait d'entreprendre de telles activités et l'encourageait à opter pour des carrières plus pratiques, Daumier a montré un potentiel créatif dès son plus jeune âge. Il commence à travailler à l'âge de 12 ans par nécessité, d'abord comme garçon de courses pour un cabinet d'avocats, puis comme assistant de libraire. À l'âge de 14 ans, les efforts de Daumier ont porté leurs fruits, et il a été autorisé à commencer à recevoir des leçons d'art informelles de la part d'une connaissance de son père, l'artiste et antiquaire Alexandre Lenoir. Il se rendait souvent seul au Louvre pour dessiner dans les salles de sculpture. En 1823, Daumier s'inscrit à la célèbre Académie suisse, qui était administrée par Charles Suisse, un ancien modèle de Jacques-Louis David, et qui offrait aux peintres l'occasion peu coûteuse de dessiner des personnes réelles. Édouard Manet, Armand Guillaumin, Camille Pissarro, Claude Monet et Paul Cézanne sont parmi les autres élèves célèbres de l'atelier de Suisse. Le sculpteur a commencé à étudier et à expérimenter la lithographie tout en travaillant comme éditeur et lithographe pour Zéphirin Belliard à la même époque.

 


De l’imitation à l’expression artistique par la sculpture

 


À l'âge de 21 ans, Daumier utilise la lithographie pour produire des caricatures, bien qu'il imite encore les techniques d'autres artistes. Il a pu commencer à exprimer publiquement ses convictions politiques après la Révolution française de 1830, grâce au relâchement de la censure et à la facilité de produire et de diffuser des pamphlets illustrés. Il s'inscrit dans une histoire du discours politique français déjà bien établie : la presse populaire, qui comprend des images satiriques, a souvent payé un lourd tribut pour avoir critiqué le statu quo pendant les périodes de censure draconienne. Le jeune caricaturiste prend pour modèle l'œuvre de deux satiristes politiques des années 1830. Trois violentes journées d'émeutes en juillet 1830, lorsque Paris s'est soulevé contre la monarchie oppressive de Charles X, ont été illustrées dans des lithographies dramatiques d'Hippolyte Bellangé et de J.J. Grandville. Le sculpteur et les autres peintres disposaient d'un matériel abondant pour travailler dans les premières années de leur incursion dans l'imagerie politique satirique, puisque le règne du prédécesseur de Charles X, Louis Philippe Ier, surnommé le "Roi Citoyen", n'était pas moins turbulent jusqu'à ce qu'une révolution ultérieure éclate en 1848.

 


L'un des amis les plus proches et colocataires de Daumier au début de ses vingt ans était le sculpteur Auguste Préault. On pense que Préault a incité Daumier à utiliser la sculpture pour produire ses caricatures politiques plus cinglantes et plus tranchantes. Il a commencé à créer des sculptures miniatures en argile représentant des législateurs à partir de croquis qu'il avait réalisés en observant les débats législatifs. Il produit fréquemment des reproductions lithographiques en deux dimensions de ces figurines, qui sont toutes satiriques et dangereusement réalistes. Les ressemblances révèlent autant le fonctionnement interne du sujet que son apparence physique, qui est toujours étonnamment exacte. Ses caricatures de 1834 forment une série controversée qu'il appelle Le Ventre législatif et qui sera publiée plus tard dans la revue La Caricature comme une sorte de portrait de groupe sardonique des membres de l'Assemblée nationale. Peu après, il publie une suite beaucoup plus sombre intitulée Rue Transnonain, qui montre les résultats horribles d'une descente de police. Daumier avait découvert sa voix créative et médiatique, et celle-ci était puissamment picturale et politique. Après le rétablissement de la censure en 1835 et la répression de La Caricature qui s'ensuit, Daumier se concentre sur la satire sociale et utilise son sarcasme impitoyable et caractéristique pour examiner de nombreuses facettes de la vie parisienne.

 


Les grands changements de la vie du sculpteur français


Après le coup d'État et l'accession au trône de Napoléon, la censure restreint à nouveau la production créative de Daumier. Il recommence à dessiner des caricatures pour Le Charivari, ce qui lui permet de faire des allusions sociales moins odieuses. Il commence également à passer plus de temps en dehors de la ville, avec Millet et Rousseau à Barbizon et son ami proche Daubigny sur l'Oise. À cette époque, ses lithographies commencent déjà à ressembler à des peintures, dans une sorte de fusion stylistique sans doute influencée par ses copains peintres. Bien qu'il continue à peindre, il ne participe plus au Salon annuel en 1853. Il est renvoyé du Charivari en 1860 parce que son travail ne semble pas recueillir un grand soutien de la part du public. Il a commencé à créer des aquarelles sur des thèmes modernes afin de subvenir à ses besoins, car l'industrie de l'art était très demandeuse de telles œuvres. Les peintures dépeignent la vie quotidienne parisienne, qu'il s'agisse de voyageurs en train, d'artistes de théâtre ou d'avocats au tribunal. Elles avaient un aspect sommaire et factuel. Une fois de plus, il combine les techniques d'un médium avec un autre dans ses peintures à l'huile, ce qui leur donne un aspect caricatural.


Lorsqu'on lui propose un nouveau contrat avec Le Charivari en 1864, les circonstances de Daumier changent une fois de plus. Tragiquement, sa vue se détériore alors qu'il continue à travailler, produisant la comédie sociale et politique à laquelle il est si habile. Il commence à passer plus de temps à Valmondois, où il a loué une petite maison qui devient bientôt sa retraite permanente, car il aspire à la vie calme de la campagne. Le gouvernement français lui remet la croix de la Légion d'honneur en 1870, mais en secret et non devant le public. Il décline l'offre. Il continue à produire des lithographies et des peintures, mais sa situation financière est toujours précaire. Napoléon III est renversé lors de la catastrophique guerre franco-prussienne de 1870-1871, et Daumier, qui a été choisi pour faire partie de la commission chargée de veiller sur les œuvres d'art du Louvre pendant cette période, s'oppose vigoureusement aux projets de Gustave Courbet de détruire la colonne Vendôme. L’artiste sculpteur a créé certaines de ses œuvres les plus spectaculaires au cours de cette période turbulente de l'histoire de France, notamment des lithographies traitant de la guerre, des troubles civils, des privations consécutives au siège et d'autres sujets. Ses dernières œuvres dans ce domaine sont ces lithographies.

 
En 1874, il reçoit l'aide de Jean-Baptiste-Camille Corot, qui est devenu un ami proche. Après avoir subi une attaque paralytique, Daumier s'éteint le 10 février 1879, laissant derrière lui plusieurs œuvres d'art inachevées. Nombre des œuvres achevées, dont beaucoup étaient alors en très mauvais état, ont été réparées ou même terminées, y compris par l'apposition de signatures - qui n'étaient manifestement pas de la main de l'artiste - lorsque l'intérêt pour son œuvre a atteint son apogée au tournant du siècle. Pour cette raison, il est difficile de déterminer quelles parties de son œuvre sont véritablement et entièrement de la main de Daumier.