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Dalou

 

Au même titre que Chapu et Mercié, Dalou fait partie de la poignée des grands artistes sculpteurs français de la fin du XIXe siècle. À l’inverse de ses collègues, l'œuvre de Dalou dispose d’un large éventail de sources sculpturales. On estime que son exil à Londres a permis à cet artiste sculpteur de multiplier les influences. Quelle que soit l’échelle, l’artiste sculpteur jouit d’une plasticité vigoureuse et d’un éclectisme stylistique pour donner une vie exceptionnelle à ses nombreuses sculptures. Explorons ensemble l’un des artistes sculpteurs les plus réputés de la fin du XIXe siècle.

 

L’enfance du sculpteur français

 

Aimé-Jules Dalou est né le 31 décembre 1838 à Paris dans une famille ouvrière d’origine huguenote. Ses parents l'élèvent dans une atmosphère de laïcité et de socialisme. Très vite, il retient l’attention de Jean-Baptiste Carpeaux, un sculpteur, qui le parraine pour entrer dans la Petite École en 1852, qui deviendra plus tard l’École Nationale Supérieure des arts décoratifs. Dalou y rencontre d’autres sculpteurs tels qu’Alphonse Legros et Fantin-Latour. Deux années plus tard, Carpeaux le présente à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il étudiera la peinture avec Abel de Pujol et la sculpture avec François-Joseph Duret, qui fut également le maître de Carpeaux. Toutefois, le programme d’études et les relations, surtout celles qu’il entretient avec Duret, ne sont pas propices pour ce jeune sculpteur qui finit par considérer Carpeaux comme son véritable maître. Progressivement, grâce à la richesse artistique de ce dernier mêlée à l’insistance académique sur les contours esthétiques et harmonieux ainsi que l’inspiration de nombreuses œuvres telles que Rubens ou Puget, Dalou commence à créer son propre style.

 

La Carrière de Dalou

 

Le sculpteur expose au Salon de Paris en 1861 pour la première fois. Ne dissimulant pas ses sympathies ouvrières, ses opinions compromettent sa carrière sous le Second Empire. À quatre reprises, on lui refuse le prix de Rome qui lui permet d’obtenir des commandes officielles en tant que sculpteur. Dalou finit par capituler en 1865 et travaille pour des décorateurs. Ce métier permet au sculpteur de rencontrer Auguste Rodin qui devient un ami de Dalou.Le sculpteur gagne très bien sa vie en réalisant des sculptures décoratives pour orner les nouveaux boulevards parisiens. Par ailleurs, il fournit des modèles en cire pour la confection de nombreux bijoux des orfèvres Fannière et Frères. Le sculpteur épouse Irma Vuillier, une femme de fort qui le soutiendra toute sa vie, avec laquelle il a une fille handicapée mentale, Georgette, qui nécessitera des soins réguliers. Dalou fait également partie des sculpteurs qui ont produit la décoration architecturale ainsi que le mobilier figuratif des nouveaux hôtels du Second Empire comme l’hôtel Païva situé sur les Champs-Elysées. Durant les années 60, le gouvernement du Second Empire lui achète deux de ses sculptures (Daphnis et Chloé, 1969 et La Brodeuse, 1870).

 

En 1871, le sculpteur se réfugie en Angleterre après s’être identifié trop publiquement à la Commune de Paris lorsqu’il était conservateur au Musée du Louvre sous Gustave Courbet. Il loge chez son ami sculpteur Alphonse Legros qu’il a connu lorsqu’il était à la Petite École. Rapidement, le sculpteur se fait connaître en enseignant l’art de la sculpture dans de nombreuses écoles telles que South London Technical Art School et à la South Kensington School of Art. En refusant de comparaître au tribunal, Dalou est condamné à la prison à vie par le Gouvernement français.

 

L’exil anglais de Dalou

 

L’artiste sculpteur passe huit années en Angleterre où sa fréquentation de la City and Guilds of London Art School, de la National Art Training School vont faire de lui un sculpteur majeur dans une nouvelle approche de la sculpture : “The New Sculpture”. Celle-ci associe architecture et sculpture en accordant une importance capitale au nouvel idiome industriel ainsi qu’à l’artisanat traditionnel. Durant cette époque, il suggère également à l’un de ses amis sculpteurs, Edouard Lantéri, de quitter la France et de venir le rejoindre en Angleterre. Dalou réalise de nombreux sujets de genre, sa sculpture de la Boulonnaise à la Branche est achetée par le comte de Carlisle en 1871. En ayant eu Louise en guise d’élève au South Kensington, la famille royale réalise, auprès de Dalou, une commande d’un mémorial privé destiné aux petits-enfants de la reine Victoria. En 1877, l’artiste sculpteur réalise sa première sculpture publique à Londres pour une fontaine publique (Charity) située derrière le Royal Exchange.

 

Le retour en France de l’artiste sculpteur

 

En 1879, Dalou revient en France à la suite de la déclaration d’amnistie. L’artiste sculpteur réalisera alors de nombreuses sculptures. Il réalise un grand relief de Mirabeau répondant à Dreux-Brézé qui sera exposé au Palais Bourbon. Il créera également la sculpture du panneau Fraternité ainsi que la sculpture Le Triomphe de Silène. L’œuvre la plus élaborée de Dalou reste la sculpture du Triomphe de la République. Cette sculpture en bronze commandée par le conseil municipal lorsqu’il tente de participer au concours pour un Monument à la République.

Ce vaste monument représente une figure symbolique de la République dont la voiture est tirée par des lions qui sont conduits par la Liberté, le Travail, La Justice et l’Abondance. Cette sculpture, placée sur la place de la Nation, exigera vingt ans de travail. Deux des tombes les plus fascinantes de ces décennies, Auguste Blanqui et le journaliste Victor Noir ont été exécuté par Dalou. Il est également l’artiste des sculptures de la Statue de Lavoisier que l’on retrouve dans l'Amphithéâtre de la Sorbonne ainsi que le Monument à Gambetta situé à Bordeaux.


En tant qu'arbitre de l’art moderne, Dalou a proposé des alternatives influentes à l’Académie et au Salon en fondant la Société des Artistes Français ainsi que la Société Nationale des Beaux-Arts. Deux ans avant sa mort, Dalou reçoit la Légion d'honneur à l’occasion de l’inauguration de sa sculpture le Triomphe de la République en 1899.