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Calder

Lorsque certains artistes s'évertuent à respecter tous les codes, d'autres s'émancipent et parviennent à créer une approche novatrice, un concept révolutionnaire, un courant inédit. Alexander Calder est parti d'un constat simple : Pourquoi l'art devrait-il être statique ? En prenant à contresens toutes les conventions de son époque, le sculpteur a laissé son empreinte dans l'histoire de l'art.

 

L'enfance du sculpteur

 

La Pennsylvanie a vu naître Alexander Calder au cours de l'année 1898. Ce nouveau-né fut entouré, dès son arrivée dans ce monde, par une famille aimante, mais surtout, une famille d'artistes. Il est donc éveillé à une grande variété de disciplines artistiques et développe une sensibilité accrue envers le monde qui l'entoure. Pourtant, au départ, le jeune Calder démontre plutôt une passion dévorante pour le fonctionnement intrinsèque des objets qui l'entourent. Très tôt, il passe son temps libre à confectionner des choses de plus en plus complexes et se consacre exclusivement à la mécanique, domaine qui relève de la création également, par certains aspects.

 

L'ingénierie avant l'art

 

Donner vie à des ensembles métalliques ou électroniques se révèle être un don. Avec une telle prédisposition, Alexander se tourne alors vers des études ciblées, au Stevens Institute of Technology. À la fin de l'année 1919, le jeune Calder reçoit un diplôme en Génie Mécanique. C'est alors en tant qu'ingénieur mécanique qu'Alexander fait son entrée dans la vie active.

 

Calder, pionnier dans l'univers de la sculpture mobile

 

Travailler dans l'ingénierie est stimulant et prometteur pour le jeune homme. Toutefois, il est fort difficile de renier ses racines et Alexander Calder en fait l'expérience, au commencement de sa vie d'adulte. Son métier le satisfait, mais il manque un petit quelque chose pour que son quotidien devienne vraiment exaltant. Ce petit quelque chose, c'est l'art. Calder se tourne à nouveau vers ce domaine qui a bercé ses premières années. Il crée ses premières sculptures. Au fil des années, son expérience d'ingénieur vient étoffer son travail. Il crée des structures de plus en plus complexes, mais surtout non figées, en parallèle de ses études en dessin et peinture. Il s'approprie l'espace. Calder développe ce concept de mobilité dans l'art et devient le fondateur d'un nouveau courant : la sculpture mobile. L'art cinétique venait de voir le jour.

 

L'artiste qui choisit de dessiner dans l'espace

 

Avant 1929, pour le commun des mortels, le dessin ne pouvait prendre vie que sur une feuille de papier ou une toile. Pourtant, suite à une exposition de l'artiste sculpteur, un journal évoque pour la toute première fois le terme de "dessin dans l'espace". Cette expression illustre si admirablement le travail du sculpteur qu'elle sera reprise par tous et communément admise. Durant cette exposition, Calder expose des sculptures épurées, constituées de simples fils de fer. Ces derniers sont responsables de cette illusion d'optique évoquant un dessin, ou un portrait, suspendu dans les airs.

 

1930, Calder et Mondrian

 

Comme souvent, lorsqu'un artiste commence à faire parler de lui, une invitation fut envoyée au sculpteur. Mondrian souhaite faire découvrir son atelier à Alexander Calder. L'invitation fut bien évidemment acceptée. Lors de cette première rencontre, Calder remarque une sculpture de Mondrian, composée de plusieurs formes carrées, rehaussées de couleurs vives et variées. Alexander reste comme hypnotisé par la lumière perçant ces structures et valorisant chacune de ces teintes. Humblement, il propose de mettre toute l'œuvre en mouvement, dans le but de lui donner beaucoup plus de cachet et de puissance. Mondrian refuse que son travail soit modifié, le jugeant parfait tel quel. Pour lui, la peinture suffit à offrir de la profondeur à sa sculpture. L'idée ne quitta pas pour autant l'esprit de l'artiste. Ce dernier débute alors des recherches de son côté. Cette nouvelle approche commence à prendre de plus en plus de place dans ses projets. Peu à peu, ses sculptures deviennent abstraites et extrêmement colorées.

 

L'impact de la guerre sur son œuvre

 

Les artistes, comme le reste du monde, sont grandement impactés par la Seconde Guerre Mondiale. La pénurie de métal se révèle alors préjudiciable pour les travaux entamés par Calder durant les années précédentes. Il faut savoir que l'artiste utilise alors des morceaux de toile de métal, coupés par ses soins, pour concevoir ses mobiles. Qu'à cela ne tienne, voilà une occasion pour Calder de se renouveler. Parfois, les chemins de traverse suivis par les artistes leur sont imposés par violence, comme ce fut le cas pour Calder. En artiste digne de ce nom, il réussit à transformer ces nouvelles contraintes en quelque chose de magnifique. Dépourvu de métal, Alexander Calder se tourne vers le bois et différents matériaux bien plus naturels. Ce changement marque le début d'une nouvelle ère de création. Les années 1940 se firent le témoin privilégié d'une collection au succès retentissant : "Constellations".

 

Le cirque, une véritable obsession pour l'artiste sculpteur

 

Alexander passe toute sa vie, fasciné par la notion de mouvement. Ce concept est omniprésent dans chacune de ses créations, que ce soit au travers de la sculpture, du dessin ou de la peinture. Dès qu'il en a l'occasion, il assiste à de nombreux spectacles, notamment de cirque, et s'empresse de retranscrire ce qu'il voit via ses dessins, croquis et tableaux. En s'appuyant sur ces recherches approfondies, Calder conçoit un cirque miniature, entièrement fait de :

  • fils de fer,
  • petits éléments en bois.

Avec ces deux matériaux, il crée des acrobates, cavaliers, clowns ou encore, haltérophiles. Le décor se veut le miroir de la réalité et c'est au sein de cet environnement miniaturisé qu'il met en mouvement chaque élément. Calder est capable de donner une représentation divertissante et fascinante. Ce travail fut baptisé "Un petit cirque à domicile" par un critique de cirque, ayant assisté au spectacle.

 

Ses œuvres emblématiques

 

Majoritairement, Alexander passe sa vie à créer des sculptures de taille modeste, pouvant aisément décorer un intérieur, à l'image de son cirque. Néanmoins, à mesure que son talent et sa renommée grandissent, l'artiste est amené à concevoir des sculptures géantes. Certaines font encore partie des œuvres les plus connues de Calder :

 

  • Spiral, 1958,
  • Homme, 1967,
  • Flamingo, 1974,
  • The Spider, 1976.