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Bourgeois

Louise Bourgeois est un artiste sculpteur surréaliste et féministe de la deuxième génération. Bien qu’elle soit née en France à Paris, Bourgeois est une des artistes les plus importants de la fin du XXe et du début du XXIe siècle. En tant que sculpteur, elle canalise sa douleur dans son art afin de créer différentes sculptures qui traitent de ses traumatismes liés à l’enfance telles que Fillette/Young Girl (1968) ou The Destruction of the Father (1974). Partons à la découverte de cette icône de l’art féministe qui a toujours revendiqué son travail comme étant "non-genré".

 

L’enfance de Bourgeois

 

Louise Bourgeois est née à Paris le 25 décembre 1911 dans une famille d'antiquaires. Elle est l’enfant cadet de Louis Bourgeois et de Joséphine Fauriaux. Étant tous deux originaires d’Aubusson, la région française de tapisserie, ils avaient ouvert une galerie de tapisseries anciennes. Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), son père est envoyé au front. La mère de cette jeune sculpteur vivra difficilement ces années et infectera Bourgeois de ses angoisses. Lorsque la guerre prend fin, la famille s’installe en banlieue parisienne à Choisy-le-Roi. Ses parents ouvrent un atelier de restauration de tapisserie. L’artiste sculpteur aurait dessiné les parties manquantes pour aider ses parents.

 

Des mathématiques à l’art

 

La futur sculpteur ne choisit pas tout de suite l’art comme vocation. Elle étudie d’abord les mathématiques et la géométrie à la Sorbonne en 1930, considérant que ses matières lui permettent d’obtenir “la paix de l'esprit, uniquement par l'étude de règles que personne ne pouvait changer”. La mort de sa mère en 1932 l’incite à abandonner les mathématiques et la géométrie pour se diriger vers l’art et l’histoire de l’art.


De 1935 à 1938, la future sculpteur va étudier l’art dans plusieurs écoles telles que l'Atelier Roger Bissière, l'Académie d'Espagnat, l'École du Louvre, l'Académie de la Grande Chaumière et l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, l'École Muncipale de Dessin et d'Art, l'Académie Julien. Lors d’un de ses cours, son travail est vu par un de ses professeurs, François Léger, un maître cubiste, qui lui explique qu’elle n’est pas une peintre, mais une artiste sculpteur.

 

La rencontre de son mari

 

En 1938, Bourgeois ouvre une galerie d’art disposant d’une imprimerie à côté de la galerie de tapisserie de son père. Elle y expose de nombreux artistes comme Suzanne Valadon, Henri Matisse ou encore Eugène Delacroix. De passage sur Paris, Robert Goldwater, un historien d’art américain, entre dans sa galerie à la recherche de tirage de Picasso. Ils se marient la même année et l’artiste sculpteur part avec son époux pour s’installer à New York. En effet, ce dernier enseignait à l’Université new-yorkaise.

 

Un an plus tard, le couple retourne en France pour adopter Michel. Les deux années qui suivent, Bourgeois donne naissance à Jean-Louis et à Alain. En trois ans, la sculpteur devient mère de trois garçons, elle réalisera une série de peinture Femme-Maison entre 1945 et 1947 où les corps féminins nus ont été remplacé par des formes architecturales (maisons, bâtiments, etc.).

 

Une vie d’épouse, de mère de famille soucieuse de sa carrière

 

Le début des années 40 est difficile pour la sculpteur qui vit une transition vers un nouveau pays et qui s’efforce d’entrer dans le monde des expositions de New York. Elle réalise ses sculptures à partir de bois flotté et de déchets afin de sculpter des œuvres en bois verticales. Elle dissimule les impuretés du bois à l’aide de la peinture et utilise les clous pour créer des rayures et des trous afin de dépeindre une émotion sur ses sculptures. Parmi ce type d'œuvre, on peut recenser Sleeping Figure (1950) qui représente une figure de guerre qui, en raison de sa vulnérabilité, se retrouve dans l’incapacité d’affronter la réalité. La sculpteur utilise son passé pour y trouver son inspiration. En effet, son œuvre est influencée par les traumatismes de son enfance : un père dominateur et coureur de jupons qu’elle a eu l’occasion de surprendre avec sa nounou anglaise.

 

Progressivement, elle obtient une plus grande confiance artistique et l’artiste sculpteur ouvre sa première exposition personnelle le 4 juin 1945 à la galerie Bertha Schaefer à New York. Toutefois, celle-ci n’attire pas assez l’attention. Deux années plus tard, elle réalise une autre exposition personnelle dans la même ville à la Norlys Gallery. Le père de la sculpteur meurt en 1951.

 

Le sujet de l’artiste sculpteur était clairement féminin

 

Même si elle rejette l’idée que son art était féministe, de nombreuses œuvres attestent du contraire telles que Femme-Maison, 1946-1947, Torse autoportrait, 1963-1964 ou encore Arch of Hysteria, 1993 qui représentent toutes le corps féminin. En explorant l’impact émotionnel de son enfance troublé ainsi que la relation homme-femme, Bourgeois propose une imagerie plus sexuelle. Sa sculpture sexuellement explicite, Janus Fleuri (1968) montre clairement qu’elle n’avait pas peur d’utiliser la forme féminine de manière nouvelle en affichant. Toutefois, la sculpteur précisera “Mon travail traite de problèmes qui sont antérieurs au genre [...] Par exemple, la jalousie n'est ni masculine ni féminine.”. Toutefois, cela n’empêchera pas à ce sculpteur de devenir une icône du mouvement artistique féminin. Bien que ce sculpteur ait inspiré de nombreux jeunes étudiants à se driver vers l’art de nature féministe, un ami de Bourgeois, Jerry Gorovoy, précisait qu’elle considérait son travail comme “pré-gender”.

 

La confession du sculpteur

 

Le mari de la sculpteur meurt en 1973. La même année, Bourgeois commence à enseigner la peinture et la sculpture dans diverses écoles américaines. Elle est chargée de créer sa première sculpture publique en 1978 : Facets of the Sun qui sera installée à l’extérieur d’un immeuble fédéral à Manchester. En 1982, le Museum of Modern Art de New York réalise la première rétrospective de ce sculpteur. C’est à la suite de cette rétrospective que ce sculpteur avoue lors d’une interview accordée à Artforum que son œuvre s’inscrit dans l’art confessionnal. En effet, elle confie que ses sculptures sont autobiographiques dans le sens où son art lui fait revivre de manière obsessionnelle les traumatismes qu’elle a eu étant enfant et notamment la découverte de la liaison entre son père et sa nounou anglaise. Par la suite, Bourgeois a eu de nombreuses rétrospective pour parler de ses peintures et de ses sculptures. Les œuvres de ce sculpteur ont été sélectionnées en 2000 pour être présentées lors de l’ouverture de la Tate Modern à Londres. Un an après, elle expose ses sculptures au musée de l’Hermitage.


Durant la dernière année de sa vie, elle réalise de nombreuses sculptures afin de soutenir la communauté LGBT et de défendre leur égalité. Elle crée la sculpture I Do pour l’organisation Freedom to Marry en déclarant que : ”Tout le monde devrait avoir le droit de se marier. S'engager à aimer quelqu'un pour toujours est une chose magnifique.”
Bourgeois meurt d’une insuffisance cardiaque le 31 mai 2010.