Remonter

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience de navigation. En naviguant sur le site vous acceptez Notre politique de confidentialité.

Ok
Chardin

Jean Siméon Chardin (1699-1779) est un peintre français reconnu comme l’un des plus grands peintres français du XVIIIe siècle. Il est surtout réputé pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels. Il est également célèbre pour sa reconnaissance « dans le talent des animaux et des fruits » par l’Académie royale de peinture et de sculpture. Il joue aussi un rôle au Salon où il occupe une place officielle. Chardin a donné ses lettres de noblesse à la nature morte.

Issu d’un milieu d’artisans, Chardin rentre à l’Académie royale à 29 ans, dans le rang inférieur de la nature morte. La 1ère place est accordée à la peinture d’histoire, la 2ième au portrait, la 3ième à la scène de genre, la 4ième au paysage et la dernière à la nature morte. L’artiste peintre excelle aussi dans la scène de genre mais il s’adonne à des thèmes simples. Il peint des scènes de la vie quotidienne. Jean Siméon Chardin est présenté au Roi Louis XV en 1740. Ce dernier aime son travail et commande des œuvres. Le peintre est au sommet de sa carrière dans les années qui suivent. Il occupe une place importante à l’Académie. Il est chargé d’organiser le Salon. L’artiste reste célèbre pour ses natures mortes mais il se consacre aussi sur la dernière phase de sa vie au portait qu’il façonne au pastel.

 

L’esprit des œuvres de Chardin

L’artiste peintre ne peut être rattaché à un courant. Il est détaché des modes picturales, il ne cherche pas à plaire pour être dans l’air du temps. Il met en avant la patience et la tranquillité dans son atelier. Il revendique de peindre « avec le sentiment » en posant son regard sur des objets et des scènes du quotidien. Chardin a peu été mis en valeur au XIXième siècle mais il revient aujourd’hui en mémoire et touche un large public par la beauté picturale des objets quotidiens.

 

Présentation de 5 œuvres emblématiques de Chardin

  • La Raie

La Raie est une huile sur toile de 1928. Elle est exposée aujourd’hui au Musée du Louvre. Le tableau est présenté par Chardin comme morceau de réception à l'Académie royale et lui permet l’accès à l’institution. Ce chef-d'œuvre est d’emblée considéré comme digne des meilleurs modèles flamands. La singulière mise en scène évoque "Le bœuf écorché" de Rembrandt. Le réalisme des éléments est depuis lors une référence. Au-devant de la raie, le tableau est divisé en 2 parties : le vivant d’un côté avec le chat et les huîtres et l’inanimé de l’autre avec le pichet, la marmite et les ustensiles. Cette raie sanguinolente est peinte en maitrisant parfaitement la représentation de la lumière et des reflets.

  • La brioche

Ce tableau est une huile sur toile de 1763. Ce tableau arrive plus tard dans la carrière de Chardin. Il illustre l’évolution de son œuvre. S’il a débuté avec des natures mortes axées sur des objets du quotidien, il se plait ici à peindre des éléments plus précieux, tel un sucrier en porcelaine ou un carafon en verre taillé. Cette nature morte s’applique à décrire les ustensiles de table de manière gourmande en mettant en valeur une brioche magnifique. Les volumes et les reflets sont maitrisés à merveille. Si les natures mortes sont associées aux vanités révélatrices de la brièveté de la vie, en empruntant une brioche dorée évoquant la gourmandise, Chardin donne ici à la sienne un côté moins dramatique.

  • La bulle de savon

Huile sur toile de 1734. Cette œuvre de Chardin met en avant son souci du détail. La représentation de l’eau savonneuse dans le verre joue avec les reflets du verre. Le tableau est animé par une harmonie de gris, brun et vert. La bulle est dans la partie basse du tableau. Presque transparente, elle surprend par sa taille. La concentration du souffleur est perceptible. Il fixe toute son attention sur la fabrication de cette bulle. L’artiste choisit un thème anodin pour mobiliser l’attention. Là encore, Chardin utilise l'éphémère comme un symbole de la vanité de la vie et des préoccupations terrestres. Quelques secondes seulement de durée de vie sont accordées à la bulle qui est ici choisie comme thème du tableau.

  • Autoportrait aux besicles

Pastel de l’artiste et autoportrait, cette œuvre est peinte par Chardin dans sa vieillesse. Il ne cherche absolument pas à se mettre en valeur mais à se peindre de manière réaliste. On le voit coiffé d’un bonnet blanc, des nouvelles portées au bout du nez. Peu d’œuvres de son temps représentent des autoportraits. Sa technique est novatrice. Il pose ses touches de façon hachée et travaille la couleur de manière non conventionnelle pour son temps.

  • Femme occupée à cacheter une lettre

Huile sur toile de 1734 qui représente une scène de genre. Ici, on est en présence d’une œuvre intimiste et d’une description d’intérieur sophistiqué. Chardin saisit un moment d’intense concentration lors du cachetage de la lettre à la cire par la jeune femme. Un lévrier observe la scène, tel l’observateur du tableau. Le fond n’est pas chargé afin de laisser l’attention portée sur les personnages. Le peintre utilise un camaïeu de teintes chaudes mais aussi en complément des coloris plus clairs blanc, gris, crème. La taille de la toile est peu commune chez l’artiste qui livre ici une peinture grand format.


Les œuvres de Chardin, appréciées de son vivant, sont encore très estimées aujourd’hui. Il reste une référence incontournable pour les natures mortes, les scènes de genre et les pastels, notamment celles de ses portraits. Peu soucieux de suivre les modes, l'artiste peintre survit à bien d’entre elles au fil des siècles.

Découvrez quelques oeuvres inspirées de Chardin