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Turner

Joseph Mallord William Turner, artiste peintre de la fin du XVIIIe siècle, est un aquarelliste, huiliste et graveur, spécialiste de paysages et marines, dont beaucoup, par leur flou et leur luminosité, annoncent l’impressionnisme.

 

Naissance, enfance et jeunesse

William Turner est vraisemblablement né le 23 avril 1775 au 21, Maiden Lane à Londres près de la Cathédrale Saint-Paul. Il fut baptisé le 14 mai de la même année dans le quartier de Covent Garden à Londres.
Il était le fils d’un barbier et perruquier nommé William Turner. Sa mère Mary Marshall souffrait de troubles psychologiques, notamment après le décès prématuré de sa fille Mary Ann, sœur cadette de William. La mère de William Turner fut par la suite internée et décéda en 1804.
En dépit de ces circonstances, l’enfance de William Turner se déroule bien et le prédispose à l’art pictural : le quartier de Covent Garden, où il grandit, est en effet fréquenté par de nombreux peintres.
Lorsqu’il a dix ans, William part vivre à Brentford, à l’ouest de Londres, chez le frère de sa mère. C’est à Brentford que William se met à dessiner. À l’âge de onze ans il suit son oncle dans le Kent et continue à dessiner. Son père, à Londres, expose les travaux de son fils dans sa boutique et parvient à les vendre.


Débuts et formation

Le père de William obtient de faire embaucher son fils chez un graveur de Covent Garden. Puis à 14 ans, William Turner devient dessinateur pour un architecte. À cette époque, Turner prend des cours de dessin technique (perspective, architecture) avec Thomas Malton.
La même année, 1789, William Turner entre à la Royal Academy. William Turner y connaîtra Joshua Reynolds, artiste peintre et alors président de l’institution. Au cours de l’été 1789, William expose ses aquarelles à la Royal Academy. Son talent est vite remarqué et il reçoit en 1793 la distinction « Greater Silver Palette » de la Royal Academy.
Trois ans plus tard, William Turner expose sa première huile, intitulée "Pêcheurs en mer", à la Royal Academy : il s’agit d’une marine, un sujet qui inspira beaucoup Turner, qui frappe par sa rigueur académique, extrêmement figurative et réaliste, ainsi que par son atmosphère mystérieuse, presque fantomatique. Tout au long de sa carrière, Turner exposa régulièrement à la Royal Academy.

 

Consécration

Son talent précoce et ses tableaux de paysages et de marines permettent à William Turner de rapidement gagner notoriété et reconnaissance. En 1802, à l’âge de 27 ans à peine, il devient académicien royal. Il obtient des financements suffisants pour visiter l’Europe et trouver ainsi d’autres sources d’inspiration. Deux ans plus tard, William Turner peut ouvrir sa galerie d’art à Londres pour y vendre ses œuvres.
À l’âge de 32 ans il devient professeur à la Royal Academy, dont il fut élève et participant assidu des expositions. Cette stabilité professionnelle lui assure des bons revenus qui lui permettent de s’installer confortablement.


Influences et technique

William Turner fut inspiré par la peinture du XVIIe siècle : les artistes peintres français Claude Gellée dit Claude le Lorrain et Nicolas Poussin, mais aussi le peintre néerlandais William van de Velde et son compatriote Albert Cuyp. Il retirera de leur influence le goût des paysages, des marines mais aussi des portraits.
Turner commença son apprentissage par la gravure et le dessin, avant de s’essayer à l’aquarelle puis l’huile.
Sa technique, très libre, n’hésitait pas à mêler différents procédés et matériaux, l’aquarelle et l’huile, mais aussi bière et tabac macéré qu’il appliquait sur ses toiles.


Œuvres majeures

  • La Bataille de Trafalgar

Cette très grande toile, réalisée entre 1822 et 1824, est librement inspirée de la bataille de Trafalgar. Librement, car elle mêle en effet divers épisodes du combat, comme le naufrage du navire Le Redoutable ou la destruction du mât du navire HMS Victory, sans en respecter la chronologie.

 

  • Le dernier voyage du Téméraire

Cette toile est la plus célèbre du peintre William Turner. Elle fut exposée pour la première fois en 1839 à la Royal Academy. Elle dépeint le trajet de ce navire, utilisé lors de la bataille de Trafalgar, vers Rotherhithe, où il fut détruit.

  • L’incendie de la Chambre des Lords et des Communes

Réalisée en 1835, cette toile décrit un événement auquel William Turner a assisté depuis un bateau. Le tableau étonne par son réalisme mais aussi par ses dégradés subtils de couleurs, annonciateurs du flou et des fondus de l’impressionnisme.

 

  • Le Négrier

Cette toile, réalisée en 1840, est la plus politiquement engagée du peintre William Turner. Elle fut réalisée par l’artiste à l’époque où la Grande-Bretagne venait d’abolir l’esclavage, en 1833. La scène se déroule sur fond de soleil couchant aux teintes à la fois éclatantes et mêlées qui préfigurent également, de manière évidente, le mouvement impressionniste de la fin du XIXe siècle.


Fin de vie et décès

William Turner, londonien dans l’âme, ne quitta jamais cette ville. Il se retira, à la fin de sa vie dans une petite rue de Chelsea pour y mener une vie discrète. Il y décède le 19 décembre 1851 du choléra. Il est inhumé dans la crypte de la Cathédrale Saint-Paul.


Postérité

Bien qu’il fût influencé par les grands maîtres du paysage comme le Lorrain et Poussin, Turner annonce par bien des aspects, outre l’impressionnisme, l’art abstrait. C’est notamment le cas de certaines de ses toiles les plus éthérées comme "Pluie, vapeur et vitesse : le grand chemin de fer de l’ouest".
Par testament, Turner légua toutes ses œuvres à l’État britannique. Elles furent recensées et classées par John Ruskin, exécuteur testamentaire de Turner, puis exposées à la Tate Gallery, aujourd’hui nommée Tate Britain.