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U.S. Art Force
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Juillet 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

Et si c’était à cet instant précis que tout a basculé ?  Juste avant que l’art ne tombe en panne sèche faute de nouveautés. Alors même que le caractère inédit d’une œuvre avait constitué jusqu’à là, sa raison d’être depuis la fin du classicisme. À quoi peut servir un art qui ne fait que reproduire le déjà existant ?

L’Œil part en quête de clés pour déterminer le rôle qu’ont pu jouer dans l’histoire de l’art les peintres américains et assimilés des fifties installés dans l’Hexagone. C’est une très bonne idée car on réalise en lisant cet article combien ces années qui nous semblent si limpides sur le plan artistique étaient en fait une époque de grande confusion.

On croyait les choses bien tranchées. Avec un Pollock d’un côté, un De Kooning un peu plus loin et un Kline encore ailleurs. Mais voici que les espaces se comblent. La mer se transforme en terre entre ces phares. De quoi brouiller les sonars.

Des noms comme Russel, Jaffe ou Bishop, lancés du fond de nulle-part par l’Œil, viennent soudain colorer le vide avec des toiles qui secouent les valeurs établies tant elles semblent filles des tableaux de Kandinsky ici et sœurs des toiles de Newman là. Pour le meilleur et le moins bon.

 

Car, en face d’un Ossorio, se dresse un Stanley William Hayter.  Le premier mixe. Le second cherche. Résultat : Hayter, virtuose de la gravure du 20ème siècle, apparaît comme étant vraisemblablement le véritable inventeur du dripping. Il est désormais totalement anonyme alors que se pressaient dans son Atelier 17 Picasso, Miro, da Silva, Giacometti ou Louise Bourgeois. On dirait aujourd’hui que le Dürer des années rock’n’roll avait un beau réseau. Pourquoi a-t-il sombré dans l’oubli ? Mystère et boules de gomina.

Quant à Ossorio, aimable collectionneur de bon goût, il ne voyait quel mal il y avait à trouver un intérêt à mélanger intimement sur la même toile Pollock encore et Dubuffet.

Dans les deux cas, le trouble est le même. Créations pures et pastiches se retrouvent exposés côte à côte comme des rectangles de couleurs pétards sur un fond blanc avec lequel tout se marie.

 

Photo :

- Hayter :  Seated Figure - 1944
- Ossorio : Beach Comber -1953

 

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