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L’art de la déco selon Hugo
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Juillet 2021 | Temps de lecture : 10 min | 0 commentaire(s)

Les phrases des poèmes, romans et pièces de Victor Hugo débordent à ce point d’images fantasmagoriques que son œuvre littéraire foisonnant semble épuiser avec des mots les visions, rêveries, mirages et chimères de son univers visuel intérieur.

On imagine mal ce que le mage de la littérature française aurait encore pu ajouter, un pinceau à la main, à l’immense iconographie virtuelle née de sa plume. Hugo aurait-il peint des tableaux ? On sait souvent qu’il a laissé plus de 3500 dessins de sa main sans pour autant se considérer comme un artiste accompli en ce domaine. Mais des tableaux ?

Le magazine l’Œil lève le voile sur le travail de peintre de Hugo pour mettre en lumière, croit-on, le travail pictural pur du poète. C’est au contraire pour s’intéresser à son aspect plastique le plus indigent artistiquement mais le plus impressionnant en termes d’expérience « immersive ». Le 19ème siècle vu par le 21ème !

C’est le Victor Hugo décorateur dont on nous invite ici à admirer le talent quasi-baroque en nous conviant à pousser la porte du mythique n°6 de la place des Vosges. À voir absolument, c’est vrai, car chaque pièce de cet appartement théâtralisé est en soi un cabinet de curiosités haut en couleur. Mais pourquoi aujourd’hui ?

Parce qu’on vient de moderniser ce temple digne de Gaudi afin d’assurer sans doute une « expérience utilisateur » plus ergonomique aux visiteurs. Et parce que les musées s’ouvrent à nouveau public. Belle urgence artistique.

De Victor Hugo peintre décorateur, on passe ainsi très vite au designer bricoleur recycleur et finalement au chineur compulsif. Jusqu’à s’émerveiller de petits détails prosaïques. De l’art d’évacuer le génie avec l’eau du bain en regardant les choses par le petit bout de la lorgnette.

Car le Shakespeare français était en vérité ni plus ni moins qu’un peintre du 20ème siècle égaré au 19ème.  Sa peinture gestuelle très Action Painting est du Pollock ou du Kline avant Kline et Pollock. Ses frottages et empreintes annoncent Max Ernst. Et ses galets signés relativisent le statut de pionnier incontestable de l’art moderne de Duchamp. Il est bon de s’en souvenir quand tout semble fait pour souligner que Hugo rime avec Damidot.

Qui voudrait savoir en réalité si Pollock collectionnait les annuaires téléphoniques ? Donner une petite image des grands hommes est tout sauf innocent.

 

Photo :

- Victor Hugo :  Pochoir
- Maison Victor Hugo – Salon rouge

 

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