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Martin Le Chevallier : L’art qui dérange là où il le faut
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Juillet 2021 | Temps de lecture : 8 min | 0 commentaire(s)

Transformer le Café de Flore en bar PMU.  Vendre le pavillon français de la Biennale de Venise en occase. Installer aux ronds-points des sculptures anti-Gilets Jaunes…  Le moins que l’on puisse dire des idées artistiques réalistes mais non réalisées de Martin Le Chevallier, c’est qu’elles ne sont pas pensées pour se faire des amis avec qui passer peinards un été de pétanque, pastis et grillades répandant des fumets entremêlés d’huile solaire entre caravanes arrimées les unes aux autres depuis dix ans sur le même camping. Pépères.

Et ce n’est pas plus reluisant rive gauche où Le Chevallier ne rentrera certainement jamais dans le fan-club germanopratin des fantômes de Sartre, Beauvoir, Camus, Triolet, Aragon et Vian. Tant pis pour l’art. Tant mieux pour l’artiste. Les projets refusés de ce Boltanski rock’n’roll sont présentés dans le cadre de l’exposition La Stratégie du râteau. Ils se montrent si politiquement incorrects que les lettres institutionnelles de refus de soutien financier exposées publiquement font quasiment de leurs auteurs des artistes. Tant elles ressuscitent par leur misère le divin Surréalisme.

Question tarte à la crème. Il suffirait donc d’être provoc pour être un génie ? Nullement en ce qui concerne Le Chevallier. Car voyons les œuvres. Art Press nous invite à aller droit à la série de 2020 d’un cynisme glacial intitulée Obsolete Heroes. Cette galerie de portraits insignifiants transformés en eye catchers a quelque chose de définitif. Dessin sur photo. Photo ancienne dans photo d’aujourd’hui. Photo de photo ancienne dans photo d’aujourd’hui. Et puis feu. Feu qui gagne du second plan le premier en embrasant la photo de la photo de la photo.

Quelqu’un dit mieux en 4 secondes à propos de la vie, la mort, l’art, la machine, la gloire et l’anonymat, l’absurdité et la cruauté du destin ? Voilà pourquoi une œuvre de Martin Le Chevallier appartient-elle à l’art. Parce qu’elle se pose comme un miroir dans lequel la photographie aujourd’hui se réfléchit.

 

Photo : Obsolete Heroes 2020

 

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