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Roger Raveel : Figurez-vous l’abstraction
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Juin 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

Certains peintres semblent n’avoir existé que pour remplir les pages de nos magazines d’art des années 2020. Comme Roger Raveel à qui l’Œil consacre un bel article sous le titre « Qui est Roger Raveel ? ». On se le demande. On vous répond…

Peintre belge « mondialement célèbre… en Flandre ». C’est ainsi que le magazine présente Roger Raveel. Ce Raveel est-il un génie européen des années 50/70 méconnu car écrasé, comme tant d’autres, par l’expressionnisme abstrait et le Pop art américains ? Ce serait tenter de le réhabiliter alors que de nous le présenter aujourd’hui. Merci l’Œil pour nous et pour lui. Mais Roger Raveel est-il vraiment génial ? L’était-il au moment où il a atteint le sommet de son art ? Il y a un truc, c’est sûr. Et l’Œil le souligne.

Beaucoup de peintres de cette époque furent tiraillés par les tentations contraires du figuratif et de l’abstrait. Raveel aussi. Il résolut le problème en faisant cohabiter les deux dans ses toiles. Ou plutôt en conservant une composition abstraite au moment de son retour au figuratif. C’est vrai que, vu de loin, un tableau est d’abord un assemblage abstrait de taches de couleurs avant que l’apparition progressive de ses motifs n’en fasse une œuvre figurative lorsqu’on s’en approche. Mais est-on aussi génial que Vinci si l’on fait cette découverte ? Est-elle suffisamment majeure pour que l’on fonde sur elle sa démarche artistique ?

Ah ! Il y a aussi, ces carrés de couleur forcément « malévitchiens » saupoudrés de toile en toile comme un embryon de marque de fabrique. Bon. Sympa mais pas de quoi détrôner les stars des sixties. Raveel n’en avait visiblement pas la flamme. Il le savait. En découvrant Rauschenberg, il n’a pas hésité à ajouter, lui aussi, des objets fixés sur ses toiles. Peut-être eût-il mieux fait de continuer à déplacer ses petits carrés entre des motifs figuratifs comme pixellisés ?

Warhol faisait au départ du Lichtenstein sans le savoir. Quand il a découvert ses cases de BD géantes sur toiles, il a cherché ailleurs comment faire du Warhol. Et écraser de son Pop art l’art moderne européen.

Photo : Roger Raveel, Homme, seau, etc., 1967, collection particulière

©Raveel – MDM

RXM

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