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Au nom du père, du fils et de Picasso
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Juin 2022 | Temps de lecture : 16 min | 0 commentaire(s)

A propos de la double exposition qui se tient au musée Picasso-Paris du 16 avril 2022 au 1er janvier 2023.

Il n’est pas venu le temps où l’on ne saura plus quoi dire sur Pablo Picasso ! Cette fois, c’est à sa fille Maya qu’est consacrée une exposition au musée national Picasso-Paris. Ce rayon de soleil né en 1935, un an avant que n’éclate la guerre civile en Espagne, illumina en effet une période aussi sombre pour l’histoire que pour l’artiste lui-même, qui a longtemps dû cacher l’existence de cette petite fille et de sa mère, la très jeune Marie-Thérèse Walter. Il faut dire que le dévoreur de femmes était déjà marié à Olga Khokhlova, la mère de Paul, et que Dora Maar allait elle aussi bientôt entrer dans sa vie. Pas simple… mais pas traumatisant pour le minotaure. En tout cas pas au point de lui gâcher le plaisir d’être amoureux, d’être reconnu sur la scène artistique et d’être un papa heureux, raffolant de ces petits êtres pleins de vie et d’avenir qui le fascinaient, lui qui avait en horreur la vieillesse, la maladie et la mort », écrit Manuel Jover dans Connaissance des arts.

Pabli Picasso - Maya à la poupée et au cheval

Le journaliste a choisi d’étudier pour nous l’œuvre d’art intitulée « Maya à la poupée et au cheval », datée du 22 janvier 1938 et joyeusement colorée. Du même peintre, donc, qui signait Guernica en mai de l’année précédente, pour répondre à sa manière au terrible massacre perpétré par les avions allemands alliés de Franco. Du haut de ses 3 ans, la petite fille prénommée en réalité Maria de la Conception, sert si fort ses deux jouets contre elle que le profil de la poupée se fond dans le sien. Une imbrication qui dit sans doute effectivement tout son désir d’avoir un enfant à elle, comme l’analyse Manuel Jover, mais qui dit peut-être la peur aussi. Le besoin de se rassurer dans le chaos du monde. Et de son monde. Le cheval, de bois sûrement, repose sur ses genoux et complète l’enlacement jalousement protecteur.

En combinant les vues de profil, de face et de trois quarts, comme d’habitude depuis ses débuts cubistes, Picasso rend compte de la formidable mobilité du visage de Maya, dont même le regard, si bleu, ne reste pas en place. La petite fille cachée, parfaitement reconnaissable, n’est pas venue poser dans l’atelier de la rue des Grands-Augustins à Paris. Là-bas c’est la vie « officielle » de l’homme marié. Le marchand d’art Ambroise Vollard a donc mis à disposition de son peintre vedette une vieille ferme à distance de la capitale, près de Montfort-l’Amaury, au Tremblay-sur-Mauldre, où Maya et sa mère le retrouvent régulièrement. En janvier et février de cette année 1938, l’enfant qui joue sera le sujet de nombreux tableaux et dessins de son père, qui n’aime rien tant que la croquer sur le vif. Il existe plusieurs versions de Maya avec son cheval et sa poupée, que l’on peut voir actuellement au musée Picasso, avec ses cheveux noués de rubans, ses socquettes rayées et ses robes aux motifs évoquant la technique des papiers collés. L’artiste représente d’ailleurs aussi sa fille en tenue de marin avec son petit voilier.

Intitulée « Maya Ruiz-Picasso, fille de Pablo », c’est peut-être la partie la plus émouvante de cette nouvelle exposition, puisqu’elle est finalement consacrée au rapport de Maya avec son père, qui la peindra et la dessinera de ses trois mois à l’âge adulte. Mais dans le second volet intitulé « Nouveaux chefs-d’œuvres. La dation Maya Ruiz-Picasso », il est touchant aussi de découvrir l’impressionnant portrait de Don José Ruiz. Cette fois, Picasso est l’enfant.

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