Biographie de l'Artiste

Après 25 années passées au service de la communication du Louvre et du musée d'Orsay comme attachée de presse, Patricia Oranin ouvre sa galerie d'art à Pont-l'Abbé dans le Finistère en juillet 2206.

Dans un espace contemporain de 120 m2 situé rue Carnot, en plein centre-ville, la galerie accueille des expositions de peinture, gravure, sculpture et photo.
Forte d'une expérience professionnelle exigeante, le choix esthétique personnel de Patricia Oranin s'est porté sur une vingtaine d'artistes.  Cet ensemble volontairement éclectique et pertinent permet de découvrir des talents confirmés internationalement, mais aussi des artistes dont le potentiel est en devenir. Des expositions personnelles, d'une durée de trois semaines, sont programmées régulièrement tous les deux ans pour chacun de ces artistes en alternance avec des accrochages de groupe les associant autour de thèmes communs.

Parmi les artistes présents, on remarquera les peintures intimistes de Gilles Sacksick, dont la notoriété exportée jusqu'au Japon lui a valu une rétrospective à Osaka en 2005. Son univers, en filiation directe avec Chardin, Morandi et Balthus, dialogue avec la douceur subtile des oeuvres de Jean Daniel Bouvard, bien connu du public américain qui, comme Hopper ou le danois Hammershøi avant lui, a su capter le chemin de la lumière en nous invitant à arrêter le temps un court instant pour partager ce moment précieux de solitude contemplative.
Dans la lignée de ces peintures silencieuses, les pastels et les huiles du peintre belge Mathieu Weemaels, créent des perspectives perturbées par des jeux de miroirs en multipliant les points de vue. L'objet, si banal soit-il, morceau de bois, pot ou veste accrochée, devient alors une oeuvre intense et singulière.
Philippe Vasseur propose un tout autre climat alliant le geste à la sensualité de la matière. Ses tableaux, où sans cesse le réel se dérobe, laissent place au mystère suggéré du vivant. Avec Jacques Godin, l'émotion porte en elle l'imaginaire poétique d'un monde en perpétuel devenir. La figure ou le paysage sont des territoires de grâce où se révèle la vérité profonde des êtres et des lieux. Dans ce désir de célébrer la nature et les hommes, Pierre Lorthioir, tout comme ses compatriotes flamands Franz Hals ou Constantin Permeke pétrit la matière, la déforme, et nous offre une oeuvre forte, servie par un style nerveux et enlevé. Loin des « trucs » et « procédés de fabrication » post-modernes, Pierre Godin saisit la réalité du paysage avec justesse et simplicité d'un oeil lavé de la représentation anecdotique qui confère trop souvent au sujet une image pittoresque et désuète. Chez Laurent Dauptain, plus connu pour son travail acharné effectué depuis plus de vingt-cinq ans sur l'autoportrait et le vieillissement, les paysages comme les bouquets de fleurs sont traités par touches gestuelles juxtaposées pour recomposer le réel de façon saisissante.  Par ses natures mortes et ses portraits Alain Marie interroge la réalité qui l'entoure. Partant toujours du modèle, il commence par « jeter le chaos sur la toile ». Puis, préoccupé par la recherche de l'équilibre permanent, dans une harmonie de couleurs denses et puissantes, il « traque l'invisible du visible » et «  remet le chaos dans l?ordre ». De même, les peintures et les gravures d'Yves Doaré, à la fois denses et éclatées, semblent parfois échapper au regard du spectateur. Comment ne pas penser à Francis Bacon mais aussi à Max Ernst, au Tintoret ou plus près de nous, à Edouard Pignon et Georg Baselitz devant cette mise en péril de l'image du corps sacralisé par les représentations convenues ou codifiées du classicisme. Proche de l'univers de ce dernier, Georges Rubel, à la manière des peintres chinois, brode avec minutie sur le cuivre, des paysages incertains où se succèdent les différents états d'un sujet en perpétuelle évolution. Olivier Morel, graveur lui aussi, travaille à partir de textes littéraires en développant avec humour, au fil de la pointe sèche, des histoires mythologiques et contemporaines qui nous questionnent sur des problèmes tels que les manipulations génétiques, le totalitarisme ou l'absurdité de la guerre.  Solidement architecturés les tableaux de Jacques Brenner s'imposent comme des partitions rythmées par l'enchevêtrement de lignes et de plans colorés. De cette imbrication savamment orchestrée, entre figuration et abstraction, se dégage la vibration de la lumière circulant dans les méandres de la matière.   Représenter un aspirateur, une bouteille plastique, une boîte à oeufs, un chou ou une betterave sur des grands formats, c'est le défi que s'est fixé le peintre-graveur David Delesalle. Assimilé au courant de la peinture concrète, voire réaliste, il établit un panorama remanié de la nature morte contemporaine.  Voisinant avec Georges Braque, Manessier ou Estève, Jean-François Chaussepied met en place un vocabulaire formel elliptique, soutenu par une écriture en mouvement. Orchestrées à la façon des cantates de Bach, ses compositions abstraites déclinent, sur des fonds souples et transparents, des gammes chromatiques lumineuses, conférant à la couleur toute sa puissance et son éclat.

Pour parler de la peinture, on emploie souvent des métaphores empruntées à la musique. Il y a aussi des musiciens et des poètes peintres. C'est le cas du chanteur Melaine Favennec qui ajoute une corde à sa guitare en nous invitant à célébrer ses « Celtic boats » comme dans un rêve entre le ciel et l'eau. Objets poétiques, toutes ces barques sont pour lui « l'autre manière de dire l'histoire qui coule dans ses chansons : « dans l'île était une fois ?»
Enigmatiques, les sculptures de Jeanne Bouchart, semblent défier la pesanteur tout en marquant leur position dans l'espace. Effilées jusqu'au point de rupture ultime de l'équilibre les silhouettes souvent hybrides du sculpteur tentent d'arracher l'inconnu au connu.  C'est ainsi dit-elle, qu'avec cette distance, il est plus aisé de toucher l'âme humaine. « Jeanne Bouchart ou la vulnérabilité du bronze. La légèreté gracieuse du royaume des ombres. Le charme musical et troublant des danses macabres ».

Profondément marquée par l'expressionnisme allemand et l'art primitif, l'oeuvre sculptée de l'artiste catalane Marta Moreu illustre le retour à la figure humaine par une mise en scène rêvée d'animaux ou de personnages mythologiques. Parodie métaphorique du monde, ces corps suspendus en l'air effleurant à peine le sol, souvent figés dans un élan ascensionnel, rappellent l'extrême fragilité des êtres.

Ainsi servie par d'authentiques artistes et des oeuvres singulières de grande qualité, la galerie Patricia Oranin, par sa volonté affirmée, proposera un regard décloisonné, ouvert sur la modernité.