Biographie de l'Artiste



On peut dégager de la grande variété de thèmes
abordée durant toutes ces années de peinture — de lecture aussi, les deux se
recoupant sans cesse — une élaboration patiente d’un schème profond. Un certain
regard que l’on pourrait nommer méditation sur le silence. Ce silence, perçu et
vécu, indispensable, nécessaire.


Que ce soit face aux nuées de L’arrière-pays (titre emprunté au magnifique texte d’Yves
Bonnefoy), ces insignifiants paysages découverts très tôt au point de fuite des
tableaux des grands maîtres — Images de possibles lointains, à jamais
inaccessibles —
jusqu’aux vastes
étendues des déserts de pierres où le peintre nous convie, une certitude
s’impose, dans cette adhésion totale du cœur et de l’esprit : qu’un
réel véritable sera toujours une maladie de nos idées
(paraphrase d’un vers de Fernando Pessoa) .

À différentes étapes de sa production l’emploi de
l’or suggère, comme le précise A. Malraux à propos des fonds or de l’art
Byzantin, une rivalité dressée face à cette apparente figuration… pour une
transfiguration,
où le monde
représenté ne peut se résumer à une simple somme de pierres accumulées, à
l’unique addition de chemins tracés au flanc de collines s’évanouissants sur un
horizon à peine tangible.


L’artiste parle de ses choix, du rêve profane où
il évolue et grandit, de cet irréductible au réel
qui constitue l’essentiel de son travail. Il
s’ouvre à ce silence où s’élabore sa propre parole, ses propres actes. Une
propension à suivre la ligne de moindre résistance et qui laisse la vision se
faire en nous, dans ce vacant qu’enserre la trame du visible. Il n’y a nulle
explication ici, juste une description d’une variation continue.