Affif CHERFAOUI


Né en 1948 à Oran, Algérie.
Vit et travaille à La Meillerayé de Bretagne, France.
Ecoles des Beaux Arts - Oran,Tourcoing, Nantes.
Membre de l'Association d'Artistes l'Atelier du Caire.

EXPOSITIONS PERSONNELLES (extraits)
2016 - L'homme-lieux à L'APC - Oran
2015 - Sur la crête du Harf à la Galerie Civ-OEil.- Oran
2011-12 - Porteur de rêve à la Médiathèque de Bouguenais
2007 - Les Lieux Révélés sous l'égide du Musée National Zabana, du Centre Culturel Français d'Oran et del'Association des Arts Plastiques Civ-OEil.
2003 - D'un rivage à l'autre dans le cadre de l'Année de l'Algérie en France, exposition rétrospective Espace Diderot, Rezé, France.
2002 - L'Invitation au voyage, Galerie Clergeau, Ancenis, France.
2002 - L'Invitation au voyage,Abbatiale de Saint-Philibert de Grand-Lieu, France.
2001- Un été invincible, Atelier personnel, La Meilleraye de Bretagne. France.
1998 - Cités Méditerranéennes,Galerie la Découverte, Nantes, France.
1998 - Cités Méditerranéennes, Crédit Mutuel de Bretagne, Saint-Malo, France.
1997 AvrilGalerie Khan El Maghraby, Le Caire, Egypte.
1997 AvrilGalerie Douroub, Le Caire, Egypte. (Artiste permanent).
1995 AvrilExposition IBM, Nantes, France.
1994 JuilletChapelle des Pénitents Gris, Caromb, France.
1994Espace CROUS, Rennes, France.
1994 - Les Andalousies Perdues, Centre d'information touristique, sous l'égide du Musée National Zabana d'Oran et des Centres Culturels Français d'Oran et de Tlemcen, Oran, Algérie.
1992Centre Culturel Algérien, Paris, France.
1986 - Les Citrons Bleus , Exposition itinérante: Oran, Tlemcen, Tizi-Ouzou, Alger, Centre Culturel Français d'Oran, Algérie.
1965Librairie Monaco, Oran, Algérie.

EXPOSITIONS COLLECTIVES (extraits)
2014- Salon d'hiver, Rotary Châteaubriant, France.
1999 à 2010 Foire exposition, Nantes La Beaujoire, France.
2002Galerie de Briord, France.
2001Salon de Saint-Sébastien sur Loire, France.
1998Salon de Saint-Luce sur Loire, France.
1998Salon de l'Héronnière, Saint-Aignan de Grand-Lieu, France.
1998Salon d'Automne, La Fleurayé, Carquefou, France.
1997 à 2001Salon de Candé, France.
1997Salon des Arts, Cholet, France.
1997 à 2007Salon Peinture Sculpture, Les Sorinières, France.
1995 à 2003L'Association Les Peintres et Sculpteurs Témoins de leur Région", Le Croisic, Guérande, France.
1995 à 2007Biennale des Amis de l'Art et Salon International œuvres support papier, Nantes, France.
1994Octobre, Galerie le Rayon Vert, Nantes, France.
1990 à 1994Salon d'Automne, Rotary Châteaubriant, France.
1991 à 1992Biennale Internationale d'Auvergne, France.
1987Première Biennale Internationale, Alger, Algérie.
1986Participation au Prix International d'Art Contemporain, Monaco, Principauté de Monaco.

COLLECTIONS
Musée National de Zabana, Oran, Algérie.
Collections privées en France et en Algérie.
L’homme qui dessine les villes
Petit-fils de sculpteur sur bois, et lui-même décorateur de formation, Affif Cherfaoui semble, dans sa fougue de peintre, tenté par le rêve du ciseleur et du topographe des couleurs. C’est surtout la ville qui le capte aux confins de ce rêve, elle l’anime de gestes précis et minutieux d’artisan de la géométrie (qui sont les siens) pour une résurrection idéelle. Quel qu’en soit le pays, l’endroit ou l’âge, la ville dévoile la magnificence de son corps dénudé en des tracés rigides ou sous le voile agité des couleurs. Une cité passionne plus particulièrement Cherfaoui: Oran, sa ville natale. Elle le passionne plus que toutes les autres villes qu’il a visitées, pour lesquelles il a eu un coup de foudre et qu’il dessinera aussi : Le Caire, Grenade, Lisbonne etc. Hier, c’est-à-dire dans les années 80 et 90 à partir de l’Algérie, et aujourd’hui à partir de la France où il réside, Cherfaoui représentera plusieurs sites d’Oran: L’hôtel de ville, la place 1er Novembre, le théâtre Abdelkader Alloula, le derb, le palais du Dey... Dans les peintures de Cherfaoui, les lieux urbains, édifices publics ou sites anciens gardent certes leur architecture essentielle, mais subissent dans leur surface le souffle de la féerie et du ludique. Tout en lumière, en miniatures ou en efflorescences, ils sont alors d’un autre temps, ni vieux ni à venir mais comme sortis droits non du geste mais du rêve de ceux qui allaient être leurs bâtisseurs. Cherfaoui est hanté par le perdu. Obsessionnellement. Car, lui qui avait quatorze ans à l’indépendance, gardera vivaces les souvenirs d’une Algérie de tous les espoirs. Des rêves se sont brisés en lui, effrités comme des bâtisses dont la pierre se serait brutalement muée en sable. C’est peut-être ce qui explique ce goût passionné qu’il a dans son esthétique pour la reconstruction architecturale, ainsi que le recours à un style proche de l’enluminure, l’arabesque et la miniature qu’on retrouve chez les décorateurs traditionnels de chez nous. Quand il s’agit de la ville, ses œuvres se présentent comme des peintures de sites restaurés selon des schémas et jeux de couleurs qu’on dirait destinés à accueillir l’enfance. Des sites rajeunis; lavés de leurs rides, de leurs épreuves érosives et de ce qui suggère le sérieux de leur fonction. Cherfaoui a d’abord visité les endroits qu’il allait peindre. Il s’y est promené, les a photographiés, en a étudié les plans anciens et récents. De ces visites, il a retenu surtout des images proches de visions, expressions de son rêve perdu. Vieux quartiers, établissements publics, anciennes mosquées d’Oran, ou rives du Nil, rues et sites religieux d’Al Hussein, tous ces endroits visités ont repris vie dans sa peinture: ils ont retrouvé une vigueur, des contours nets à l’intérieur desquels des détails, exhumés d’un autre âge ou imaginés, ont pris place. Courbes, entrelacs, motifs, tout est ressuscité dans une pureté originelle, archétypale. Sur les surfaces murales ou sur celles des objets apparaissent des lignes brisées qui donnent aux tableaux une impression de rythme rapide. Des reflets lumineux, nés de variations chromatiques subtiles, produisent une illusion de porcelaine ou de verre ou encore de tapis diaphane. Mais au-delà de la lumière, les variations de teinte, la division délicate des surfaces emportent le regard dans un mouvement brisé. Celui-ci s’achève souvent dans des impasses où le reçoivent le noir et le blanc comme dans une halte et un silence d’éternité. Zoubida Haggani, qui a le mieux étudié l’œuvre de l’artiste, a si bien décrit la technique de Affif Cherfaoui en disant qu’il «vide l’espace de sa profondeur stéréotypée, et la cité, de la rationalité géométrique qu’a consacrée le geste d’Hippodamus dans l’antique Athènes. Il exhume une ville de l’urbanisme végétal: volutes, entrelacs, et la vieille ville devient l’efflorescence du paysage». L’extrême rigueur des compositions géométriques qui recouvrent les murs et le sol des sites est atténuée par une sorte de tumulte chromatique alentour là où une muraille ou un bois ou encore le ciel entoure la cité. La couleur s’étale sur une grande surface ou se juxtapose à d’autres, sans ligne de séparation; une façon d’expurger la cité de ses tourments, de l’ouvrir, d’effacer sa rupture avec la nature. Une ouverture, un évidement renforcé par l’absence de l’humain dans ces peintures: les couleurs en mosaïque, couleurs du silence, ne sont que l’alphabet d’un langage par lequel l’artiste s’entretient avec des visiteurs qui ne sont plus là. La cité que nous voyons tire sa lumière sans doute de l’émerveillement de l’artiste devant elle, réelle ou songée. Décomposée par le temps, lointaine, refusée ou menacée, son image, d’abord récupérée par le regard, a été livrée aux mains de l’artiste, dieu des formes, qui l’a recomposée dans un geste nocturne, solitaire, osirien.
Source : voix-oranie


The artist Affif Cherfaoui stays true to his vision of Algeria
Affif Cherfaoui retrospective, Musée National Zabana, Oran
ARTICLE DE L'INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE
ORAN, Algeria, November 12, 2007:
The Algerian artist Affif Cherfaoui attended the opening of his retrospective at the Musée National Zabana in Oran on October 31. The following day, November 1, is a national holiday in Algeria, marking the 1954 declaration of armed resistance against the French colonial government and the beginning of the Algerian war. The timing was accidental but not unimportant - Cherfaoui's art and the violent history of his country have been brushing up against each other for almost 50 years.

Cherfaoui, 59, started classes at the École des Beaux Arts in Oran in October 1962, just four months after Algeria declared its independence from France. "The art school didn't have a good reputation," said the artist. "It was seen as a place of debauchery - they drink wine, they draw nude women."
At the time of independence, Oran was the most Europeanized city in Algeria; within the next year more than a million people fled the country, including most of the art school faculty. In 1966, a professor who had gone back to France arranged visas for his three most promising students. They included Cherfaoui. The artist settled in Nantes, where he met his French wife, Annick. They married in 1969.
It was in Nantes that Cherfaoui developed his signature technique, a layering of Eastern and Western artistic traditions. The current exhibition is dominated by landscapes painted in watercolor, then covered with painstaking geometric patterns reminiscent of African textiles and Arabic calligraphy.
But the couple always talked about going back to Algeria. The new government of the National Liberation Front was calling on educated professionals to do their part to rebuild the country. They returned in 1975 with their two daughters; Cherfaoui accepted a position as a professor at his old art school.
The country he returned to was optimistic but almost bankrupt by the oil crises of 1971 and 1973. Nude models, as well as a healthy supply of paper, had disappeared from the École des Beaux Arts. "It was a question of social mores, but also of budget. We didn't have the money to pay professional models, so students posed fully dressed," he said. Although the National Liberation Front was socialist, it instituted Islam as the state religion.
Students at the art school became more conservative. "They handicapped my teaching," Cherfaoui said. "A rejection of drawing, of portraiture; it was flowers, flowers and more flowers. Some even wanted to put head scarves on the plaster busts." This restraint has carried over into the current exhibition. Although Cherfaoui chose to exhibit several portraits, there are no nudes. "Maybe in a few years," he said. "I am still capable of provocation."
In December 1991, the Islamic Salvation Front, an Islamist political party, swept the parliamentary elections. This was followed by a military coup, purges of journalists, artists and intellectuals, and 10 years of civil war. Cherfaoui's darkest paintings date from this period - blue/black skies and tortured trees. "It was a problem of roots," he said. "We were trying to decide whether to go back to France." He and his wife sent their daughters there first and then followed themselves in 1992.
Cherfaoui ventured back to Oran in February 1994 for an exhibition that was jointly sponsored by the National Museum and the French Cultural Center. The combination was seen as a provocation: "I stayed only six days after the opening. My father called me, he had heard rumors. I found out later that my name was on a list posted at the mosque," he said. On March 5 of the same year, the director of the École de Beaux Arts in Algiers was assassinated.
Back in France, Cherfaoui continued to paint Algeria, working largely from photographs. "To work on Algeria after I left was a form of therapy. It was always in my mind," he said.
The works executed over the next 15 years of forced exile are a combination of willfully idealized views of both North Africa and France. "I sublimate the countryside I see," said the artist. "These places exist, but not as I show them." His reconstructed views remove cars, concrete skyscrappers, and more often than not, people. "I cheat," he said. "It's the principal of creation." It is a world swept clean of modernity, of violence and of human degradation.
During this period, Algeria began to invade his paintings of the French countryside; his depictions of the Loire Valley or the port of Saint-Malo share the same color and luminosity as his paintings of the Oran hills. "I always put the light of Algeria in the darkest and most sinister places in France," he said. Instead of an "imaginary East" - the fantasy harems of Ingres or Delacroix, Cherfaoui has created an "imaginary West" of cotton-candy skies and pale water.
Oran today bears little resemblance to the city depicted in Cherafoui's paintings. What was once a miniature Paris-by-the-sea is now a mixture of crumbling colonial facades and modern urban sprawl. Magnificent beaches and forests are littered with debris. The only truly recognizable elements are the geometric rise of the buildings, the glowing sunlight and the deep blue of the Mediterranean.
Cherfaoui continues to take pictures, carefully framing the shots to hide the half-finished apartment blocks and the omnipresent piles of garbage. "For me, first is color, first is beauty," said the artist. "There is too much ugliness. Even trauma, we can represent with beauty."
His idealized portrait of his native city is equal parts nostalgia for the past and hope for the future. Algeria is a young country - at the end of the civil war in 2002, a little more than 50 percent of the population was under the age of 20.
During the exhibition, which runs until November 22, Cherfaoui will be hosting workshops for students. "I want to show them what Algeria could be." he said, opening his arms as if he were already talking to a group. "It's for you to do."

Affif Cherfaoui: d’un rivage à l’autre Ecrit le 30 novembre 2005: Une très belle exposition a eu lieu à l’école Claude Monet à Châteaubriant. Fermez les yeux Imaginez un instant que vous êtes à Oran Et respirez doucement les odeurs de Bretagne. Un éclat blessera soudain vos pupilles: Vous serez au cœur de la déchirure (Hamid Skif)
Déchirure? Ou convergence? Les œuvres que présente Affif Cherfaoui ont été réalisées en 2003, [...]

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