Biographie de l'Artiste

 Une oeuvre de Roger Ackling oppose à toute interprétation et aux discours sa simplicité plastique. Son identification est immédiate : tout semble être dans le matériau, son format, les lignes, et les couleurs. Elle est si claire et franche que l'on est tenté par l'idée qu'il n'y a presque rien à consommer.

S'agissant d'un art empreint d'une conscience écologique, il s'avère opportun d'évoquer l'économie des moyens et des formes, aux antipodes du formalisme et de l'art monumental. L'aspect visuel comme la valeur quantitative du matériau sont un quota presque nul face à la force des oeuvres. Leur pouvoir semble n'émaner de rien.

Roger Ackling n'utilise qu'un seul outil, le soleil, un seul médium, une loupe. Des fragments d'objets en bois trouvés constituent son unique support. Son intervention leur permet de changer de statut : d'objets de rebut ils deviennent objets de contemplation. Pourtant, elle est réduite à la multiplication de lignes continues, régulières et en soi inexpressives ; comme en témoignent des travaux récents, elle peut se concentrer uniquement sur certaines zones des supports. Ce sont souvent leurs formes qui en déterminent les limites. Les lignes brûlées sont comme incrustées dans la chair des matériaux et elles s'imposent comme un nouvel ordre. Elles distancient les fragments de ce qui leur restait de référent aux objets d'origine. Empreinte indélébile, elles garantissent et protègent ces résidus de toute négligence ultérieure...
Lydie Rekow, 12-94