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Alain Jacquet : Ce grand artiste français qu’on n’a pas su voir
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Juillet 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

Que faire lorsqu’on s’aperçoit soudain que le monde est peut-être passé pendant des décennies à côté d’un artiste majeur comme Alain Jacquet ? On se dit que les critiques d’art font mal leur travail ! On soupçonne les médias d’être aussi partiaux ailleurs qu’en politique. Et l’on se trouve soi-même nul d’avoir manqué à ce point de curiosité et de discernement. Surtout si l’on parle de surcroît d’un artiste français au summum de son art dans les sacrosaintes sixties. Époque bénie où la Joconde n’était pas encore considérée comme un arrière-plan sympa pour selfies.

On n’a donc aucune excuse.

En quoi Jacquet peut-il être considéré comme génial ?

À l’inverse de la majorité des artistes pop européens, Jacquet était un pionnier plutôt qu’un suiveur du gros de la troupe US. Un David Hockney français bradé ? Si l’on y regarde bien, c’est lui, l’homme de l’ombre, bien plus que Lichtenstein qui aurait été le premier à utiliser une trame de points en peinture. On a déjà évoqué ici en passant à ce propos son Déjeuner sur l’herbe magistral. L’histoire retiendra Lichtenstein et non Jacquet.

Warhol lui-même pourrait être taxé de plagiat avec ses installations de boîtes Brillo que seul le respect poli du soft power américain empêche de voir comme une resucée de l’installation du Jeu de cubes d’Alain Jacquet. Mieux encore. Notre homme fait du Rauschenberg avant Rauschenberg avec sa série de Camouflages. Chaque toile mixe ici, par surimpression, deux images existantes appartenant le plus souvent à notre imaginaire collectif. Il en ressort des interactions de sens que les vibrations plastiques contestent par leurs interférences. Comme, par exemple, entre un tableau de Jasper Johns et une pub Pathé Marconi cultissime.

Jaquet s’est posé les bonnes questions sur l’art dans les années 60. Et qu’il y a apporté de belles réponses. Dans l’indifférence générale. Il ne nous manque pas. On des artistes originaux comme Christo. Il fait très bien du Jacquet après Jacquet. Et l’on crie au génie.

 

Photo : Camouflage Jaspar Johns- La voix de son maître - 1963

 

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