Artiste J.claude SAVI - Peintre -

J.claude SAVI

Peintre


Autres oeuvres (130) - Vente en ligne (104)
  • Sentinelles - 1
  • Quartier libre - Le secret de la femme-lampadaire
  • Pictoroman - Projet de préface en 3 points (triptyque)
  • Erosions - Le murmure des absents
  • Petits formats - Radiographie d'un courant d'air
  •  - Retour en grâce
  • Quartier des Apaches - 1
  • Chtones - 1
  • Petits couloirs des manigances - Le memora
  • Les temps délétères - Le triomphe du Bouc
  •  - Je t'écris de la chair du volcan
  •  - Naissance tranquille d'un chemin de solitude
  •  - Avant le spectacle
  •  - Pendant le spectacle
  •  - Après le spectacle
  •  - Chute inopinée d'une epinette sur un parterre attentif
  •  - ...des eaux calmes du lac
  •  - Petits propos sibyllins
  •  - (S)in(g)(s)ularité
  •  - Les champs du signe (triptyque)
  •  - Papillons de mars
  •  - La vigie complaisante
  •  - Ecritures en sous-bois
  •  - Erections complexes
  •  - La vierge aux rochers ( interpretation libre...)
  •  - Le petimonier
  •  - Rêves hérétiques
  •  - Rouge marine
  •  - Sédiments d'écriture
  •  - Pour cause de déferlement...
  •  - En signe de...
  •  - Heptameron ou chronique scrupuleuse d'une semaine sans éclat.
  •  - Equinoxes
  •  - Désordres de signes
  •  - Fenêtres sur tour1
  •  - Fenêtres sur tour2
  •  - Fenêtres sur tour3
  •  - Fenêtres sur tour4
  •  - Fenêtres sur tour5
  •  - Fenêtres sur tour6
  •  - Germinations
  •  - La dame à la licorne s'est perdue en forêt
  •  - Oeil-de-boeuf
  •  - Vie cachée d'un chêne rouge (triptyque)
  • Pictoroman - Avertissement au lecteur
  • Pictoroman - Introduction
  • Pictoroman - Avant-prpos
  • Pictoroman - Les lignes d'équilibre
  • Pictoroman - Remise en jeu
  • Pictoroman - Echappement libre
Mes parents m’ont toujours affirmé que je suis né après la guerre et bien sûr, je les crois.
        Par contre, ils ont eu grand mal à se rappeler mes souvenirs d’enfance, moi aussi d’ailleurs, ce qui laisse un immense océan de situations à inventer et de pas à refaire, parfois dans mes propres pas mais aussi, je m’en désole, dans ceux des autres.
        Je me suis abreuvé à l’eau des fontaines, pas toujours très potable, je me suis nourri de tout ce qui passait, étant somme toute convaincu que le temps ferait son œuvre et séparerait pour mon compte le bon vrai de l’igrain. Ainsi fut fait, même si je me prends parfois à déplorer de n’avoir pas  été plus présent dans ce tri sélectif. Ne me demandez pas où j’étais, j’allais moi-même vous poser la question.
        Et les années ont passé, dorées, âpres, froides, carnavalesques, mitigées, endeuillées, érectiles et chamarrées…comme tout le monde, quoi…
        Des journées, des soirées à gratter le ventre de ma guitare, à mettre des notes sur mes textes et verse- viçà, à chercher le point G de la Muse, à écrire avec la guitare et composer avec le crayon, à caramboler la pudeur des mots noyés dans la guimauve.             
        Puis ces rencontres intimes et renouvelées près d’un quai de Bordeaux, des doutes, des bouillonnements troublants et soudain d’extraordinaires fulgurances.  
         Mes parents m’ont toujours affirmé que je suis né après la guerre et souvent, je les crois.  
         Un livre est né, «  Le lit de la vague », deux ans de travail sous ma peau. Mais un livre n’a pas toujours le vent pour tourner les pages et tout peut être définitivement enfoui. Le néologisme « peintecriture » s’imposait à moi en ce qu’il permettait une mise en scène des mots, qui bientôt s’orienta sur la Calligraphie.
        Cette vieille dame me reçut très gentiment devant un thé au meliotta d’Abyssinie orientale mais je declinai non moins gentiment son offre d’un contrat d’apprentissage sur vingt ans, arguant principalement de ma hâte. Avant que je ne reparte, elle consentit toutefois à me laisser en viatique quelques poires pour la soif.
         L’arrivée des couleurs et quelques techniques éprouvées me permettent aujourd’hui de restituer un monde qui m’est propre, en-dehors de tous les mots, en-dehors de tous les codes mais surtout riche de ces mots et de ces codes.
         Mes parents m’ont toujours affirmé que je suis né après la guerre et parfois, je les crois. 



             
     
   PICTOROMAN est une autobiographie traitée picturalement et comprenant :
•    Un projet de préface en trois points
•    Une introduction
•    Un avertissement au lecteur
•    Un avant-propos
•    Huit chapitres titrés (initialement dix) correspondant pour chacun à une période donnée dont le chapitre 8, inachevé, pour le plus grand bénéfice de son auteur qui tient malgré tout à remercier le temps qui passe sans lequel rien n’eût été possible.

La vie des uns pouvant ressembler à s’y méprendre à celle des autres, avec ses petits bonheurs, ses drames, ses fulgurances émotionnelles , une vie d’humains quoi, nous ne saurions trop recommander de se désintéresser complètement des « intentions de l’artiste » pour laisser agir sa propre sensibilité et ainsi découvrir avec ses émotions les chemins improbables qui nous parcourent sans que parfois l’on n’en sache rien.




Un certain regard


Pendant des années, le dessin ne fut pour moi qu'un fidèle compagnon d'écriture, venant suppléer les mots manquants, ouvrir des voies ignorées de la syntaxe, déboucher sur des espaces sans bornes.
Loin des ateliers et des feuilles d'acanthe, il a grandi comme un sauvage, bousculant les orthodoxies, libre mais inconditionnel de l'encre et du crissement de la plume, soumis aux  aléas quotidiens mais rendant spécialement compte de chemins de vie qui pourraient être les vôtres ou les leurs .
Désir inextinguible de jeter des traits sur le vide pour lui donner un nom sans recourir aux mots.
Aujourd’hui et alors même que depuis loin la couleur a pris possession des toiles, les soumettant à la chimie de ses mélanges capricieux  et noyant  sous l’énergie de ses coulées des plaines de coton tissé, le voilà qui ressurgit, rigoureux et têtu, ouvrant de larges espaces à la mesure de son silence.
Découpe au scalpel et à vif dans la matière chaude.
Le graphisme apparait, libérant de la gangue de vieilles idoles tombées en sommeil. La vie et la mort, unies comme au premier jour, déchaînent leurs icônes et du profond de ces béances remontent par les pores ouverts l’indien de notre enfance tapi en chacun de nous.
Tellement loin parfois…

Petite apologie de l'Art Poilu

J’entends encore votre question dans sa formulation parfois touchante de maladresse même si j’en ai seulement supposé, souhaité peut-être, l’intention.
«  Mais au moins dites-nous, dans vos créations, en qui vous reconnaissez-vous, à quelle tendance artistique vous rattachez-vous ? »
Eh bien pour être clair et au cas où vous m’auriez posé la question, autant vous répondre de suite : c’est un gain de temps et comme je risque d’avoir oublié demain à quelle question correspond la réponse, je pourrai ainsi compter sur vous, si besoin était, pour m’en rappeler la teneur.
Oui, j’ai compris depuis hier soir quelle famille est la mienne : je suis un passionné, un mordu, un inconditionnel de l’Art Poilu .
J’entends fuser vos questions, du moins je les suppose mais ne vous attendez pas à une définition, je vous dirai plutôt ce que n’est pas l’Art Poilu : il est à l’opposé absolu de l’art glabre.
L’art glabre est cette chapelle dépositaire des grandes vérités, bouffie de conventions, rongée de conservatisme, une sorte d’ »art » officiel, conforme, propre sur lui, celui-là même qui déchaîna son intégrisme lorsqu’un Courbet, un Schiele et tant d’autres taillèrent dans le vif de la guimauve ambiante.
L’Art Poilu est par essence cette fenêtre ouverte sur tous les possibles, la sacralisation de valeurs telles la singularité, l’authenticité, une fusion troublante entre le génie pariétal et l’homme de Google.
Aujourd’hui où la tendance est à la copie, à la reproduction, l’Art Poilu, lui, insensible aux modes et au bruit, continue à chatouiller ses matrices.Oui, je suis un inconditionnel de l'Art Poilu...!

Visite d'atelier

Cela faisait une bonne heure qu'ils cliquaient sur tout ce qui ne bougeait pas dans cette galerie virtuelle, certes bien faite mais virtuelle tout de même lorsqu'à l'esprit leur vint - fut-ce lui ou fut-ce elle- une extraordinaire fulgurance: pourquoi ne pas aller in situ ( ce qui n'a jamais voulu dire sur le site ) et ainsi rencontrer peut-être l'artwiste dans son atelier? Ils se sourirent à cette idée, étonnés de n'y avoir pas pensé plus tôt. Déterminés, ils ouvrirent le livre d'or et y laissèrent un message, espérant une réponse rapide .

Le jour d'après, ils lurent dans leur boîte e-mail le message suivant:" Excellente idée! J'habite en campagne à 30km de Montauban, à 50km de Cahors, à 60km de Toulouse. Le soleil n'est pas rare, pour ce qui est du gîte et du couvert, je peux vous envoyer de bons contacts, surtout si vous me donnez quelques précisions sur ce que vous recherchez.
Au fait, j'oubliais: mon atelier est ouvert à ceux qui en font la demande."
En dossier-joint, une photo leur permit de se rendre compte que la campagne était décidément bien belle.
Dans l'instant, ils attrapèrent leur agenda, constatèrent qu'ils pouvaient faire d'une pierre deux coups en passant voir ce vieux parent qui leur demandait depuis fort longtemps de lui faire une petite visite.



Ainsi donc, conciliant l'utile et l'agréable, ils descendirent dans ce bout de Quercy dont ils n'avaient jusqu'à présent pas même soupçonné l'existence.