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Paysages aux pastels secs avec Lorenzo RAPPELLI

...une promenade dans la magie du pastel


Les pastels secs ressemblent à des bâtonnets (ronds ou carrés) de couleurs. Ce sont des craies de pigments colorés et agglomérés à l’aide de gomme laque. A la fois outil de dessin et de peinture, le pastel comble la distance qui existe entre ces deux techniques.
Lorenzo RAPPELLI, membre de la Société des Pastellistes de France et peintre paysagiste, nous présente ses créations.

 

Histoire du pastel

Inventé vers la fin du 15ème siècle, le pastel fut utilisé par des peintres célèbres du 17ème au 19ème siècle : Léonard de Vinci, Charles Le Brun, Quentin de La Tour...Cette technique est en effet indissociable de l'art du portrait.

Le pastel est tombé dans l’oubli peu avant la 2ème guerre mondiale pour renaître en 1984 sous l’impulsion de la Société des Pastellistes de France et de son Président Jean-Pierre Mérat.
La « croisade » conduite auprès du public pour faire connaître et apprécier le pastel a fait qu’aujourd’hui, cette technique est considérée comme une forme de peinture ayant toutes ses lettres de noblesse, comme le prouve le succès des nombreuses expositions internationales organisées.


Rencontre avec Lorenzo RAPPELLI


"Au bord de l’étang des Chênes"

"Bois enneigé"

" Brumes dans le port"
 
Quels sont vos sources d’inspiration ?

Le paysage représente un sujet de prédilection pour les pastellistes ; peu de termes contiennent autant d’images que celui du « paysage » : champs, forêts, sentiers, marines, arbres, rochers, neige, plages et la liste n’est pas exhaustive.

Je suis peintre paysagiste, je travaille au pastel et à l’huile au couteau. Collaborateur de la revue « Artistes Magazine », j’écris, dans chaque numéro, un article dans la rubrique « Les clés du paysage ».

Mes sujets préférés sont les côtes et les ports de Bretagne, les forêts et les étangs du Limousin où je réside et l'incontournable Venise, en hommage à mon pays. Je cherche à retranscrire l'atmosphère paisible, le calme, le silence qui se dégagent d'un paysage, d'une marine, d'un lac.


Comment choisissez-vous votre sujet ?

Toute image de la nature peut être choisie à condition qu’il s’en dégage un « centre d’intérêt », c’est à dire un sujet qui frappe l’attention et qui, par sa forme, ses couleurs, sa position dans le panorama, mérite la création du tableau. Chaque tableau que nous accrochons dans nos maisons doit être porteur d'un message de paix, d'amour, d'harmonie…qui contribue à notre équilibre.
Dans le pastel « Au bord de l’étang des Chênes » le bord de l’eau attire l’attention et conduit le regard vers les lointains.

Le pastel se prête à représenter de façon moins nette et suggérée les parties du tableau qui ne doivent pas retenir l’attention.
Dans mes stages je montre comment on peut montrer des lointains flous et légers, en caressant le papier avec le pastel tenu à plat. Vous en avez une démonstration dans le pastel « Bois enneigé », dans lequel les bleus et les violets du fond, estompés, donnent une impression de brume qui entoure les arbres. Le même résultat a été obtenu dans « Brumes dans le port » dans lequel la jetée et les bateaux en arrière plan sont à peine esquissés contrairement au voilier qui constitue le centre d’intérêt.

 

Quelles sont vos méthodes de travail ?
J’organise des stages de peinture du paysage en Limousin et dans la région parisienne pour partager mes 40 ans d’expérience et faire appliquer les règles fondamentales de la peinture figurative.
Ces règles s’appliquent tant au pastel qu’aux autres techniques. Voyons en, brièvement quelques unes :

  • Laisser libre court à sa créativité


Une des choses les plus difficiles à appliquer pour les débutants et aussi pour la plupart des amateurs est de faire abstraction de l’image qu’ils perçoivent sur le motif ou dans la photo, et de l’interpréter. Ceci signifie la modifier selon sa propre sensibilité et de créer une nouvelle image.

Les images de l'eau et de la neige, qui ont un effet apaisant, ont une part importante dans mes œuvres. A titre d’exemple, j’ai transformé un paysage de printemps, plutôt banal à mes yeux en paysage d’hiver plus intéressant. « Eau, neige et givre ».

Pour stimuler la créativité, dans mes stages de perfectionnement, je donne une image en demandant d’en faire un tableau différent.

  • Composition et utilisation des formes et des couleurs


Dans l’exécution d’un pastel d’un paysage il est important de savoir doser Variété et Unité, et ceci tant dans la composition que dans l’utilisation des couleurs.

Un tableau composé uniquement de lignes horizontales manquera d’unité, d’où la nécessité d’insérer des verticales (arbres, mât de bateau, etc), même s’ils n’existent pas. Dans le pastel « Le tas de bois en hiver », j’ai créé un arbre qui indique le tas des troncs.

De la même façon, vouloir restituer toutes les nuances de couleurs que notre œil perçoit, produirait trop de variété qui serait nuisible à une bonne réalisation.
A ce sujet il faut considérer qu’au pastel, on n’utilise pas de palette, et que les couleurs sont mélangées directement sur le support. La difficulté de superposer et de fondre plusieurs couleurs dépend de la qualité et de la capacité du papier de recevoir plusieurs couches. C’est pour cette raison que les fabricants de pastel proposent un nombre très important de nuances, jusqu’à 500 ; cela ne veut pas dire que le pastelliste paysagiste doit toutes les posséder ni les utiliser.
Dans les pastels « Canal dans la neige », et « Virage » j’ai utilisé un nombre très limité de bâtonnets tout en obtenant le résultat que je voulais.

  • Profondeur et perspective


Plusieurs méthodes sont utilisées pour créer l’illusion de la profondeur. Il serait trop long de toutes les énumérer. Je n’en citerai que deux : créer des plans superposés et la perspective aérienne. Dans le pastel « Crique à Belle Ile », j’ai multiplié les promontoires en les estompant progressivement.

La perspective aérienne ou atmosphérique veut que les lointains soient peint de plus en plus flous, avec des couleurs froides. Voir « Rochers au soleil ».
Lorsqu’on peint à l’extérieur on peut réaliser des croquis au pastel. Il suffit d’amener un matériel réduit et d’un support rigide pour accrocher le papier. En peu de temps, on peut réaliser des petits tableaux très agréables : "Vue sur la vallée"
 
"Eau, neige et givre"

"Le tas de bois en hiver"

"Canal dans la neige"


"Virage"

 

"Crique à Belle Ile"
 

"Rochers au soleil"
 

"Vue sur la vallée"
 

"Maison sur la rivière
"

 


Découvrez l'univers de Lorenzo RAPPELLI,

www.lorenzo-rappelli.com