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L’Alsafricaine (Eric Sembach, 2018)
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Janvier 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

L’Alsafricaine est la première et la plus connue des œuvres de ma série Les Alsaciennes sur laquelle j’ai travaillé entre 2000 et 2018. Cette collection comprend quatorze photos de jolies filles aussi décalées qu’exotiques et une centaine de dessins de pin-ups à coiffes extravagantes. L’Alsafricaine est devenue une icône en Alsace où elle a été, entre autres, exposée aux côtés d’images originales de Hansi et Ungerer.

Mais cette beauté peule à coiffe rouge est surtout une star sur les réseaux sociaux, où elle récolte des centaines de likes à chaque fois que je la republie sur la page Facebook des Alsaciennes qui compte quelque 10 000 abonnés. Offerte en libre téléchargement, la petite tribu des Alsaciennes a voyagé dans plus de 130 pays à travers le monde.

Les Alsaciens sont en effet nombreux à y voir les premières images branchées, glamour et rock’n’roll de leur région. On me dit souvent qu’elles ont déringardisé l’Alsace. Les gens d’ici se les sont complètement appropriées. Ce n’est d’ailleurs pas moi mais le public qui a baptisé ma perle noire l’Alsafricaine. Inutile de préciser que son premier accueil a été épique et m’a valu à l’époque des insultes et même des menaces de mort ! Tomi Ungerer avait déjà dessiné des femmes noires à coiffe avant moi mais il n’a jamais cherché la beauté dans la représentation de ses personnages féminins. Il avait en la matière une dérision systématique là où je reste religieusement au premier degré. 

Ma démarche est plus proche de celle d’Oliveiro Toscani qui propose des images très léchées dont c’est le sens et non la forme qui choque. Comme, par exemple, son baiser d’un curé et d’une bonne sœur pour Benetton. Je ne suis pas photographe mais illustrateur. J’ai recours à la complicité d’un ami portraitiste, ici François Nussbaumer, lorsqu’une de mes images gagne en termes d’effet produit, à recourir au réalisme supérieur de la photographie. Le choc de sa signification en est plus grand. J’aime en ce sens à penser que si mon Alsafricaine donne une érection à un gros raciste, alors j’aurai produit une image ayant une raison autre qu’esthétique d’exister. Parce qu’elle œuvrera à faire avancer les mentalités. On critique plus difficilement ce qui nous fait bander.

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