Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience de navigation. En naviguant sur le site vous acceptez Notre politique de confidentialité.

Ok
La sculpture à plat ?
la-sculpture-a-plat
Septembre 2021 | Temps de lecture : 14 min | 0 commentaire(s)

Où en est la sculpture aujourd'hui ?

On parle très peu des œuvres sculpturales d'aujourd'hui sur les rooftops branchés et dans les salons mondains. Beaucoup d'entre nous estiment en fait qu'il n'y a rien à en dire. Plus rien à en attendre. À quoi bon produire de nouveaux signes s'ils n'apportent pas de significations nouvelles ? Pour nous pousser vers autant d'interrogations inédites sur l'art comme sur le monde.

On confond souvent un peu trop vite message et signification. L'art ne se limite pas à créer de nouvelles phrases. Il a pour mission d'inventer de nouveaux langages. La sculpture est-elle devenue intrinsèquement incapable de produire des œuvres d'une certaine dimension ouvragées en 3D qui nous étonnent encore ? Nous a-t-elle tout donné. Aurions-nous atteint un plafond de verre avec les ironiques Balloon dogs de Koons ?

Le message ne faisant pas la valeur artistique d'une œuvre qui le véhicule, on suivra un peu à contrecœur la revue L'Œil lorsqu'elle évoque, le travail du sculpteur japonais Kawamata dans le cadre de son papier sur l'exposition « Sculpture en fête » de la Fondation Villa Datris. Il est posé d'entrée comme un pionnier de l'art écoresponsable. Qu'il travaille le bois récupéré est un signe de conscience qui ne regarde en définitive que lui même s'il est tout à son honneur. Cela n'accroît en rien la valeur artistique de sa « maquette éphémère d'une tour de 21m prise ici comme création emblématique d'une démarche artistique. Idem pour les « abstraction géométriques » de Dewasne que l'Œil nous convie à penser plus géniale car faites-en, disons, récup'art.

Il ne sera pas non plus fait grand cas, pour des raisons proches, du discours d'André Bloc mis en vedette dans la même exposition pour son action militante en faveur d'une fusion de tous les arts. Le titre de l'exposition est au contraire prometteur d'une renaissance de la sculpture et non de sa transformation en éléments de décor d'un petit théâtre des autres arts associés dans une grande messe à la gloire de l'indifférenciation.

Où va la sculpture ?  On suit plus volontiers L'Œil quand il nous invite à chercher ces nouveaux territoires côté jardin. La Fondation a en effet disposé jusqu'à 25 œuvres sculpturales dans le sien. Le magazine y distingue l'Arbabra d'Anne Claverie avec son tronc en pneus et « un incroyable tissage de cuivre d'Antonella Zazzera ». Il y a ici une recherche formelle et non une mise au premier plan d'intentions bienpensantes ? Faudra-t-il bientôt jeter Guernica s'il s'avère, par exemple, que Picasso était loin de se montrer irréprochable sur le plan du respect de l'environnement. En pensée comme en actes.

Découvrir une sculpture conçue pour être contemplée dans un contexte autre que celui d'une exposition, une galerie ou un musée est déjà une promesse d'innovation en soi.

C'est pourquoi l'invitation à se déplacer faite au spectateur par l'œuvre présentée de Yaacov Agam est touchante. Mais c'est surtout vers Claude Viallat et Daniel Deleuze que l'Œil est bien inspiré de nous conseiller de porter nos regards. Car à part ces figures de proue du vintage Support/Surfaces, il ne faut visiblement compter que sur Pierre Daquin pour bousculer les codes avec un envers de tapisserie. Bref, ce n'est pas encore aujourd'hui que nous verrons concentrés en un lieu mille et un aperçu de la sculpture de demain. À moins que cet endroit existe et que ce soit votre atelier.

Illustration :
- Anne Claverie - l'Arbabra – 2013
- Antonella Zazzera - Naturalia 21M12 – 2012
- Daniel Deleuze - Le vadrouilleur urbain - 2009

 

Discutons !
Personne n'a encore eu l'audace de commenter cet article ! Serez-vous le premier ?
Participer à la discussion
Tapez sur ENTREE pour passer à la ligne