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De la violence à la nuance
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Juillet 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

On est décidément très remonté dans Beaux-Arts, ce mois-ci. Et les propos dans chaque article polémique, philosophique ou critique, se montrent tous délicieusement acérés, étayés et méthodiques. Cette montée de sève nous pousse à rendre compte aujourd’hui de ces pensées émergentes inédites. Plutôt que de présenter des œuvres fraîches mais moins immédiatement parlantes quant aux enjeux nouveaux auxquels notre art chéri est confronté.

On ne s’attendait pas forcément à ce que Beaux-Arts se montre le plus virulent de la presse artistique hexagonale en ce printemps. Car on dénonce ici sans mettre de masque ni prendre de gants le « concert des sourds et des stéréotypes », le « brouhaha ambiant » et ses « aboiements ». On cite Camus, Hannah Arendt, Barthes. À propos respectivement du «devoir d’hésiter », des « dialogues d’amitié » et de la « pensée ventouse des idéologues ».

Et tout cela au beau milieu de sneakers argentés dernier cri et de fauteuils design années 80 bien concrets plutôt typiques de ce titre !  Car nous sommes bien dans Beaux-Arts. Mais Beaux-Arts sent manifestement une urgence à rendre compte du propos développé par le journaliste Jean Birnbaum dans son livre « Le courage de la nuance ».

Cet ouvrage est une clé face à la rage aveugle de réseaux sociaux forcément manichéens car binaires dans leur structure même. Chronique de clashs et de débats subjectifs et haineux programmés par la machine. Tu dis un truc. Si je réponds, c’est pour soutenir le contraire. Si je suis d’accord avec toi, je n’existe pas. Mais la cause de la régression intellectuelle en catch verbal est-elle technologique ? Birnbaum rappelle qu’à l’époque où on ne jouait pas encore à phallus contre phallus, on pouvait voir sur un plateau TV, George Orwell féliciter un critique qui venait de le descendre en flammes. À méditer.

C’est sûr, les échanges seraient moins violents, moins vulgaires et moins idiots car plus nuancés si tous leurs protagonistes avaient la modestie de penser que ce sont leurs idées et non leurs personnes qu’il s’agit de mette en avant. Les vraies pensées sont plus souples que les a priori positionnants des personnalités affichées pour faire les beaux sur l’agora. La lutte forcenée pour s’imposer comme lecture unique du réel n’est pas inscrite dans leur ADN. Nuance.

 

Photo : Jean Birnbaum- Le courage de la nuance - Seuil

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