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À grand tableau grande critique
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Juillet 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

Formidable ! Voilà, dans Connaissance des Arts une critique qui tient en quelques lignes, mais sa seule lecture justifie l’achat du magazine. En quoi ce papier sobrement signé M.J. est-il si enthousiasmant ? Il est précisément lui-même si enthousiaste. Ça change ! Enthousiaste face à une œuvre qu’il serait pourtant facile voire tentant d’enterrer artistiquement d’une formule assassine.

Commençons donc par regarder la chose peinte elle-même. C’est approximativement un carré dominé par le bleu d’un ciel clair. La compo est structurée autour des branches presque encore nues d’un arbre qui sort de l’hiver. Elles sont plutôt noueuses, ce qui donne un air presque aussi joyeux que si elles avaient été peintes par Van Gogh. Mais des espèces de flocons blancs impressionnistes entreprennent de les égayer. Comme si on avait essaimé des clochettes de muguet tombées du ciel sur le branchage. Une cabane se perche en haut du tronc dont on voit juste ce qu’il faut de hauteur dans le cadre pour identifier l’échelle y donnant accès. La symbolique est limpide.

Et alors ? En quoi cette toile presque naïve est-elle en-thou-sias-mante ? Connaissance des Arts trouve très joliment les mots pour le dire en évoquant notamment un art de « faire coïncider les couleurs pop…avec l’impression euphorique d’une vérité de la lumière et de l’espace, une vérité de la nature, indissociable de notre bonheur d’exister. » Est également jugée formidable la façon dont le peintre « ose réinventer les motifs les plus usés, voire les plus kitsch en retrouvant toute leur poésie ».

Poésie. Le mot est dit. C’est à la fois un sentiment et une sensation. Mais qui ne vient jamais sans raison. Il est donc précieux de voir des critiques l’éprouver publiquement. Ils ne s’attardent pas alors sur le fait qu’une toile comme N° 125 ait été peinte par un vieil homme anglais de 84 ans, bloqué par le Covid en Normandie, etc, etc. Ils préfèrent mesurer les audaces techniques et culturelles qui engendrent ici le fleurissement hier impensable d’un classicisme Pop Art. On comprend mieux que ce petit carré bleu formidable, car d’une simplicité mûrement réfléchie, mérite d’être signé David Hockney. Quand elle atteint ce niveau de finesse pour distinguer l’art du vide, la critique est un art.

 

Photo : David Hockney  :  N°125

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