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Alain Jacquet : Grand déjeuner
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Juin 2021 | Temps de lecture : 9 min | 0 commentaire(s)

Quand on tombe nez à nez sur Le déjeuner sur l’herbe d’Alain Jacquet, on n’a pas besoin de se demander pendant des heures si l’on est en face d’une véritable œuvre d’art. Jacquet ne fait ni dans la décoration ni dans le minimalisme ethnique inspiré. Son Déjeuner restera comme une œuvre qui compte des années 60. C’était une époque d’effervescence où il ne suffisait pas, pour créer un tableau, d’un simple clin d’œil à Monet.

En quoi ce remake du Déjeuner sur l’herbe est-il indiscutablement digne du statut d’œuvre d’art ? On vous épargnera les chamailleries des critiques quant à la technique utilisée et à l’usage artistique qui en est fait. Peu importe finalement si Jacquet se contente de « laisser apparaître la structure » de la trame quadrichromique ainsi que le lui reproche Catherine Millet. Bien sûr que l’on pense à Lichtenstein. Mais le procédé ne se prétend pas ici original. Adepte du « mec art», Jacquet aurait pu dire « Je suis une machine » , comme Andy Warhol. Son propos était de retirer l’artiste de l’œuvre à tous les niveaux possibles. Au regard de l’intelligence de l’époque que traduit cette approche, les procédés mécaniques employés pour y parvenir sont quelque peu anecdotiques. Car que se passe-t-il en fait dans ce Déjeuner ?

Fait principal : la peinture est devenue photo. C’est tout bête mais tout est là. Jacquet nous emmène dans un monde où il n’y a plus de tableaux. Juste des souvenirs de grands classiques, d’un motif et d’une composition marquants. Et l’image qui nous en reste se trouble, se brouille, s’évanouit. La machine a cassé la boîte à mimésis. Sans culture, et donc sans possibilité de saisir le clin d’œil à Monet, il n’y a rien dans ce Déjeuner. On passe à côté. Mais la machine produit une émotion de l’âme née de l’esprit pour qui comprend et ressent l’infinie tristesse du drame qui se joue derrière la brume de la trame. On passe devant Le déjeuner sur l’herbe d’Alain Jacquet comme on passe devant les ruines d’un musée.

Photo : Alain Jacquet, Le déjeuner sur l’herbe, 1964, sérigraphie sur toile

©Jacquet/photo Claire Dorn/ Galerie Perrotin

RXM

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