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Des projets vénitiens nourris du « Lait des rêves »
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Juin 2022 | Temps de lecture : 20 min | 0 commentaire(s)

A propos de la Biennale de Venise qui se tient jusqu’au 27 novembre 2022.

La Biennale de Venise a fait son retour sur la lagune depuis le 23 avril, toute attendue qu’elle était depuis son report d’un an dû à la crise sanitaire. Pas moins de 1433 œuvres d’art sont à y découvrir. Pour Beaux Arts Magazine, la journaliste Emmanuelle Lequeux a fait un tour du monde en 14 pavillons nationaux pour dresser la short list non exhaustive des propositions les plus séduisantes parmi celles des 213 artistes réunis ici, dont 80 % de plasticiennes.

Sur le pavillon français, place à Zineb Sedira et son salon plein d’empathie où chacun est invité à s’asseoir pour écouter de la musique et regarder des vidéos sur fond d’images de l’Algérie moderne qui fête ses années ses 60 ans. L’artiste visuelle britannique, d’origine française et algérienne, n’a pas son pareil pour faire résonner la grande histoire dans celle de chaque individu.

Sur le pavillon autrichien transformé en « espace de désir », le duo de choc Jakob Lena Knebl et Ashley Scheirl fait exploser les canons, les conventions et les dominations de toutes sortes ! Nul doute que leur « invitation of the Soft Machine and Her Angry Body Parts » restera autant dans les mémoires que leur installation moumoute et disco lors de la dernière biennale de Lyon…

Hébergé dans le pavillon des Pays-Bas, lui-même parti s’installer en ville, le pavillon estonien a choisi le délicat travail de Kristina Norman, l’artiste pluridisciplinaire ayant déjà représenté l’Estonie en 2017, associée à l’Iranienne Bita Razavi. Prenant comme point de départ l’histoire méconnue d’Emilie Rosalie Saal, artiste estonienne du XIXe siècle, voyageuse s’étant consacrée à la flore tropicale, les deux artistes contemporaines proposent une exposition reliant le passé au présent à travers l’objectif de la botanique coloniale et de ses ramifications sociopolitiques.

L’artiste catalan qui a reçu le prestigieux prix Joan Miro en 2015, Ignasi Aballi, a imaginé pour le pavillon espagnol un projet baptisé « Correccion », consistant à « doubler le pavillon à l’échelle 1.1, mais en le faisant pivoter de 10 degrés par rapport à l’original ». Bref, de quoi aborder pas mal de thèmes avec cette architecture qui chamboule tout, dont celui des institutions trop figées…

Maria Eichhorn défie l’histoire sur le pavillon allemand dans l’un des projets qui avaient été le plus soigneusement tenu secret. Avec « Relocation d’une structure », elle aussi fait bouger les lignes en rognant littéralement un bâtiment édifié par le IIIe Reich.

Les pavillons britannique et américain ont tous les deux pour la première fois invité une femme noire à les représenter. Simone Leigh pour les Etats-Unis, et Sonya Boyce pour le Royaume-Uni. La première, créatrice d’imposantes sculptures de bronze ou de céramique, a beaucoup fait parler d’elle au début de l’année en sortant de la puissante galerie Hauser & Wirth. Avec « Sovereignty », Simone Leigh se revendique femme noire et souveraine créant avant tout pour les femmes noires et refusant tout assujettissement. La seconde questionne depuis les années 1990 la liberté de l’artiste. Avec « Empowerment », Sonya Boyce propose une installation mêlant vidéo, son, sculpture et papiers peints, traversée par « l’irrépressible esprit de la créativité humaine ».

L’ancien architecte qu’est le plasticien Francis Alÿs a choisi la planète pour terrain de jeu et dévoile l’univers parallèle de l’enfance sur le pavillon belge, tandis que dans le pavillon du Luxembourg qui a lâché son espace historique sur le Grand Canal au profit de l’Arsenale, la peintre Tina Gillen crée un « paysage incertain » en huit grands tableaux comme un monde flottant.

En parfaite adéquation avec le programme de Cecilia Alemani, la directrice artistique de cette 59e Biennale de Venise, reprenant le titre d’un livre de Leonora Carrington, « Le lait des rêves », la représentante de la Pologne réenchante le monde : Matgorzata Mirga-Tas a couvert les murs du pavillon polonais de douze grandes tentures brodées racontant l’histoire de son peuple nomade, le transformant en « une sorte d’asile temporaire et aventureux où donner aux visiteurs répit et espoir ».

Quant au pavillon nordique, il crée l’événement en reconnaissant pour la première fois les Sami en tant que nation à Venise. Ce peuple autochtone du nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande est représenté par les artistes Pauliina Feodoroff, Maret Anne Sara et Anders Sunna, qui profitent de ce bâtiment tout en lames de béton pour prouver la forte conscience de l’art sami aujourd’hui, avec sa façon unique de relier les humains à l’environnement mais aussi les uns aux autres.

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