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Retrouvailles artistiques à Céret
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Juillet 2022 | Temps de lecture : 19 min | 0 commentaire(s)

A propos de la réouverture après travaux du musée d’art moderne et contemporain de Céret.

Le plus important musée d’art des Pyrénées orientales a rouvert ses portes ! Après deux ans de travaux, le musée d’art moderne de Céret, agrandi et rénové, accueille depuis le 5 mars dernier un public enthousiasmé à l’idée de retrouver sa collection de chefs d’œuvres née des amitiés nouées ici entre artistes depuis 1910. Cette année-là se sont en effet installés à Céret le sculpteur Manolo, le compositeur Déodat de Séverac et le peintre Frank Burty Haviland, y faisant éclore un foyer artistique qui marquera l’histoire de l’art.

Car après le passage de Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris ou Auguste Herbin, la petite ville du Sud sera carrément surnommée dès 1912 « la Mecque du cubisme » ! Michel Aribaud, un jovial et généreux mécène négociant en vin et propriétaire terrien, est là qui sait y faire pour les recevoir dans de bonnes conditions. Encouragé à migrer vers le Sud pour des raisons de santé, le peintre Pierre Brune s’y installe lui aussi en 1916, et fait construire « le Castellas » sur les vestiges du château féodal, une maison où il accueillera volontiers ses voisins d’atelier parisiens comme Chaïm Soutine, André Masson, Pinchus Krémègne ou Maurice Lautreuil. Ainsi très régulièrement, Montparnasse débarque à Céret…

De là à ce que le maire de l’époque émette l’idée de créer un musée, il n’y avait qu’un pas, qu’il franchira allégrement en en confiant la mission à Pierre Brune et Frank Burty Haviland. Lesquels relèveront le défi, même s’il faudra attendre la fin des deux guerres mondiales pour lancer les travaux en 1948. Entre les murs d’un ancien couvent, ayant été transformé au XIXe siècle en gendarmerie et en tribunal, s’ouvre donc en 1950 le musée d’art moderne de Céret. Un musée qui peut se targuer de tout devoir aux artistes ornant ses cimaises ! Picasso donne 53 œuvres, Matisse 14 dessins préparatoires de ses peintures fauves, et Michel Aribaud, mort en 1932, a tout mis en place pour faire don au futur musée des œuvres qu’il avait achetées nombreuses. Des tableaux et des sculptures de Juan Gris, Auguste Herbin, André Masson, Kisling et Manolo viennent donc compléter celles des deux « locomotives » du projet.

« Le premier atout de ce musée est de conserver un ensemble d’œuvres ancré dans le territoire », apprécie Nathalie Galissot, conservatrice en chef et directrice de l’établissement depuis 2012. Même si ce n’est pas le seul, il n’en demeure pas moins qu’il est effectivement très émouvant de pouvoir aller découvrir dans la ville de Céret et ses alentours les sites représentés par les artistes sur leurs tableaux. Ils étaient là, on les sent, on les imagine. On voit de nos yeux ce qu’ils avaient sous les leurs et qu’ils ont immortalisé du bout de leur pinceau. C’est ici aussi qu’en 1965 Salvador Dali est arrivé en calèche et en fanfare pour annoncer son mariage avec Gala, dans l’une des mises en scène grandiloquentes qu’on lui connaît. C’était juste un an avant que, sous l’impulsion de son nouveau conservateur, le musée d’art moderne de Céret s’ouvre à l’art contemporain, en accueillant cette fois toute la bande du groupe Supports/Surfaces. Des artistes comme Ben, Arman, Vincent Bioulès ou Claude Viallat vont constituer le socle d’un nouveau fond : le musée de Céret est fidèle à sa vocation d’abriter les artistes de son temps.

Après un premier agrandissement, incontournable pour faire face aux exigences de présentation et de conservation des œuvres d’art, confié à Jaume Freixa et inauguré en 1993, les collections n’ont cessé de s’étoffer et les expositions temporaires de prendre de l’ampleur. D’où un second projet d’extension engagé en 2010 et conduit par le cabinet d’architecte Pierre-Louis Faloci : une nouvelle aire de 1 300 m2 permet aujourd’hui de profiter non seulement d’un belvédère à l’étage qui offre une vue panoramique sur les sujets naturels des tableaux, mais aussi d’une salle tout spécialement dédiée aux exposition temporaires. A commencer par celle qui se tient actuellement et jusqu’au 10 juin, consacrée à l’artiste catalan Jaume Plensa sur le thème des visages.

 

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