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Les ondulations célestes de Fabienne Verdier
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Juin 2022 | Temps de lecture : 15 min | 0 commentaire(s)

A propos de l’exposition « Alchimie d’un vitrail » qui se tient jusqu’au 26 septembre au musée Camille Claudel de Nogent-sur-Seine.

Il y a du cosmique et du magique dans la peinture contemporaine de Fabienne Verdier, à qui Nogent-sur-Seine consacre une exposition dans son musée Camille Claudel après lui avoir confié les vitraux du chœur de son église du XVe siècle. Pas étonnant que la peintre née en 1962 se sente si proche de la sculptrice née en 1864 : les forces vives de la matière sont là qui imprègnent toute leur œuvre. Car Fabienne Verdier, formée à la peinture par les maîtres chinois des années 1980, réinvente l’abstraction en transcendant la technique ancestrale du vitrail champenois du XVIe siècle. En libérant le fameux « jaune d’argent » de sa gangue de verre. En adaptant la « grisaille » à une esthétique actuelle. En faisant de ses vitraux de véritables œuvres d’art contemporaines.

D’arabesques en circonvolutions, l’artiste met tout son corps à faire évoluer un pinceau géant dirigé par un guidon de bicyclette. Elle réalise ses outils sur mesure. Son langage pictural est vibration, énergie. Ici tout ondule. Et tout s’élève vers le ciel. En véritables alchimistes, la maître-verrière Flavie Serrière Vincent-Petit et elles ont trouvé comment faire jaillir la lumière de la terre par le feu. Comment faire danser le soleil. L’abstraction devient un rêve en symbiose avec l’univers. Et Julie Chaizemartin dans le magazine d’art contemporain Art Press raconte « une peinture des éléments ».  Une ligne devenue « onde incandescente, agissante, médiumnique ». Il y a de la « Vague » de Camille Claudel dans les « Forces tourbillonnaires » de Fabienne Verdier. L’histoire d’un amour impossible aussi. Ce vitrail infini prolonge désormais la salle du musée qui conserve la « Valse » : non décidément, la beauté vibrante n’est pas prête de quitter le bal…

Dans la lignée de cette réalisation, Fabienne Verdier et Flavie Serrière-Vindent-Petit ont également élaboré une série de diptyques sur verre exposée pour la première fois, de même qu’une variante inédite des vitraux de l’église Saint-Laurent. Un ensemble de tableaux de Fabienne Verdier complète l’accrochage, montrant les ponts qui existent entre la pratique picturale de l’artiste et la réflexion menée depuis la commande de Nogent-sur-Seine.

Après « Alchimie d’un vitrail », l’exposition qui se tient en Champagne jusqu’au 26 septembre, cap sur l’Alsace où l’œuvre de Fabienne Verdier s’exposera au musée Unterlinden du 1er octobre 2022 au 28 mars 2023 à Colmar, dans le « Chant des étoiles ». Ne parle-t-on pas de peinture céleste ? Forcément inspirée par le fameux retable d’Issenheim, par le drapé ascensionnel du Christ de Grünewald et les halos de lumière nimbant son visage, l’artiste peintre en fait aussi une peinture extatique. Son « Vortex » devient un véritable retable contemporain dans la vaste nef imaginée aux dimensions d’une chapelle par Herzog & de Meudon au moment de l’extension du musée.

Comme à l’artiste dijonnais Yan Pei Ming invité l’année dernière au musée Unterlinden, le parallèle entre la pandémie actuelle et celle due à l’ergot de seigle au XVIe siècle n’a pas échappé à Fabienne Verdier. Les malades du Moyen Âge venaient chercher du réconfort devant le retable d’Issenheim. L’artiste confie aussi à son Vortex toute sa douleur depuis la mort de son ami Alain Rey pendant l’épidémie de Covid-19…

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