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Flatteur, doué et mauvais garçon : la recette du succès ?
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Juin 2022 | Temps de lecture : 14 min | 0 commentaire(s)

A propos de l’exposition « Boldini, les plaisirs et les jours », qui se tient jusqu’au 24 juillet au Petit Palais à Paris.

Ne cherchez pas : personne n’est moche sous le pinceau de Jean Boldini ! Son truc à lui, c’était de devenir riche, de collectionner les maîtresses élégantes et d’être admis dans la bonne société. Bref, de plaire d’une façon ou d’une autre. Rien de tel pour ça dans les années 1870, quand on est pauvre et affublé d’un physique ingrat, que de s’installer dans un atelier à Paris pour devenir le portraitiste du gotha international. Et de flatter son monde avec de belles œuvres d’art à vendre... très cher. Sans oublier de saupoudrer le tout d’un délicat parfum de scandale.

Ce qui tombait bien, c’est que le peintre italien né Giovanni Boldini à Ferrare en 1842, huitième d’une famille de douze enfants, avait un vrai talent. Il n’est que de voir la vivacité de sa touche quand il brosse princesses, comtesses et autres gentes dames, dans le sens du poil bien sûr, pour en être convaincu. L’impressionnisme le traversera vaguement, mais toujours il préfèrera le mouvement à la décomposition des couleurs. Jusqu’à faire disparaître ses scènes de genre quand le marché de l’art lui préfèrera l’Ecole de Barbizon, pour ne plus se consacrer qu’aux portraits.

L’homme s’adapte. Il change de marchand quand le sien n’est plus à la mode. De Londres, où il avait rapidement su s’imposer comme peintre du « high life » après s’être incrusté dans la bonne société florentine, il est très tôt venu s’installer au pied de la butte Montmartre, avant de louer une garçonnière dans le XVIIe arrondissement pour que ses maîtresses et muses ne se croisent pas. Si l’ami intime de Degas, avec lequel il voyage en refaisant le monde, et de Verdi, dont il est grand amateur en tant que mélomane, adore provoquer ses modèles bien élevés dans le désordre de son atelier, avec ses blagues salaces et ses mauvaises manières, c’est sans doute parce que ça lui réussit bien : les femmes sont prêtes en 1910 à débourser des fortunes, à faire des régimes draconiens et à se contorsionner dans tous les sens pour se faire « boldiniser » ! Il faut dire qu’entre temps, Boldini a présidé la section italienne de l’Exposition universelle de 1889, et qu’il s’est installé dans le même quartier que des artistes aussi en vue à l’époque que Meissonier, Alphonse de Neuville, Edouard Detaille ou François Flameng.

Jérôme Coignard le baptise, dans son article de Connaissance des arts, « le magicien de la Belle Epoque », tant ses modèles avaient la taille fine, le minois irrésistible et le regard vif. Mais l’artiste ne trichait en réalité pas complètement : il refusait carrément les clientes qu’il ne trouvait pas assez à son goût ! Sacré « peintre de la femme » par le comte Robert de Montesquiou, dont le portrait de 1897 affiche toute l’élégance et le bon goût dans l’exposition du Petit Palais, Boldini était aussi surnommé « le déshabilleur », tant il avait le chic pour décolleter ces dames et froisser leurs jupons de soie. Au point que certains maris exigeaient des « retouches de pudeur »… ou finissaient même parfois par refuser d’acheter le tableau !

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