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Vanité des vanités, tout est vanité
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Avril 2022 | Temps de lecture : 15 min | 0 commentaire(s)

A propos de l’exposition « A la mort, à la vie ! » au musée des beaux-arts de Lyon.

« Vanitas vanitatum, et omnia vanitas ». Ces célèbres mots de l’Ecclésiaste, dans la Bible, illustrent parfaitement l’exposition proposée jusqu’au 7 mai au palais Saint-Pierre, musée des beaux-arts de Lyon, intitulée « A la mort, à la vie ! » Depuis le temps que les artistes questionnent la fragilité de l’existence terrestre et la représente sous toutes ses coutures, dans toutes les cultures, on imagine facilement l’embarras du choix qu’a eu la commissaire Ludmila Virassamynaïken, conservatrice en charge des peintures et sculptures anciennes de l’établissement, quand elle s’est donné pour mission de faire dialoguer sur ce thème les riches collections du musée lyonnais avec une collection privée et celles du musée d’art contemporain.

Estampes, gravures, dessins, peintures, sculptures, installations… l’exposition présente ainsi les typologies de la vanité de la fin du XVe siècle à l’art contemporain au travers d’une sélection de près de 150 œuvres. Car même s’il en reste la star incontestée, le crâne n’est pas le seul à incarner ce fameux « memento mori », ou « souviens-toi que tu vas mourir » ! Danses macabres, triomphes de la mort, scènes de genre, natures mortes, bouquets de fleurs et même peintures animalières… tout est là qui parle de l’éphémère. Ce parcours fascinant en forme de réflexion sur la finitude humaine et sur ses expressions artistiques s’articule autour de différentes sections invitant à s’interroger sur le sens de l’existence et le temps qui passe, sur la vanité des prétentions humaines de transcender les limites temporelles, mais aussi à admirer toute simplement cette célébration faite par les artistes de la fragilité et donc de la beauté de la vie.

Jim Dine Above Fredericksburg

Jim Dine - Above Fredericksburg

Parmi les tableaux que Richard Leydier choisit d’évoquer pour étayer sa réflexion personnelle dans le magazine des artistes contemporains Art Press, il y a cette grande œuvre d’art de Jim Dine datant de 1985, où un crâne géant semble survoler une cité que l’on devine américaine au vu de ses gratte-ciel, à la manière de la peste survolant les villes médiévales d’autrefois. Troublante image en ces temps de pandémie et de menace nucléaire… Mais on remercie surtout le fils du journaliste qui nous fait soudain apparaître le Cri de Munch dans le fromage entamé à la louche des « mangeurs de ricotta » de Vincenzo Capi, un truculent tableau daté de 1580 environ, où abondance de bonne chère semble ne pas nuire… en apparence !

« mangeurs de ricotta » de Vincenzo Capi,

« mangeurs de ricotta » de Vincenzo Capi

Apanage de Lyon, capitale mondiale de l’industrie soyeuse qui s’en servait comme motifs pour ses modèles de tissu, les bouquets fleurissent aujourd’hui sur les cimaises du musée. Beaucoup de tableaux connus dans cette exposition représentent donc des compositions florales immortalisées par la magie de l’art, ainsi que des natures mortes hollandaises. Mais les jours sont comptés pour tout le monde, y compris pour les insectes colonisant les fleurs, pour les reptiles menaçants ou pour les reliefs de repas pourrissants… Une fois qu’on l’a bien compris, sonne l’heure du « carpe diem », ou « profite de la vie pendant qu’il est temps ». Car méditer sur la mort c’est bien, mais vivre c’est mieux. Puisque de toute façon comme le dit si bien la mère cette fois du journaliste qui convoque toute sa famille dans les colonnes d’Art Press, « à la fin c’est toujours elle qui gagne, cette pute » !

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