La Peinture Naïve avec Marie-Claude BOSC:
une visite guidée du Paris naïf

Peinture naïve Marie Claude Bosc : Après-midi d' Automne aux Tuileries

L'art naïf est une école de peinture qui se caractérise par le soin apporté aux détails, l’utilisation de couleurs vives et la représentation figurative de scènes quotidiennes et populaires. Tout tableau naïf est riche en détails et demande beaucoup de patience dans les finitions. C'est un long travail de sa conception à sa signature...comme nous l’explique l’ artiste Marie-Claude Bosc.

Une peinture entre l'art naïf et la caricature

Quels sont vos thèmes de prédilection ?

Au beau Bibi
Peinture naïve Marie Claude Bosc : Au beau Bibi

Comme j'ai grandi à Paris, et que ma peinture est d'inspiration naïve, j'ai tout naturellement choisi la capitale comme sujet de prédilection puisqu'il s'agissait du monde qui m'entourait. Cependant le charme des vieilles rues, des bistros, et des jardins de Paris me sert surtout à planter le décor dans lequel évoluent mes personnages. Ce sont eux qui importent le plus et c'est la raison pour laquelle je soigne particulièrement leur gestuelle et leur expression, jusqu'à friser parfois la caricature.

Derrière ces expressions, se cache la comédie humaine avec ses petites et grandes faiblesses, son hypocrisie et sa drôlerie, pour qui sait prendre un peu de recul. Au travers de ma peinture, je cherche à vous apporter un peu de bonheur et d'amusement.

Je traite cependant parfois de sujets plus sérieux comme dans "le conseil d' administration" ( sur le dogme du maximum de profit à court terme) ou dans" Vanitas Vanitatis" sur le snobisme artistique.

Le conseil d'administration
Peinture naïve Marie Claude Bosc : Le conseil d'Administration

Quelles sont vos influences ?

Je suis proche de l'art naïf qui autorise une grande liberté d'expression à condition de conserver sa sincérité et sa capacité d'émerveillement. C'est devant les serres du Jardin des Plantes à Paris que le Douanier Rousseau a imaginé ses superbes jungles.

Je porte également beaucoup d'admiration aux grands caricaturistes Français que sont Daumier et Dubout. Daumier pour son trait acerbe et la pertinence de sa satire sociale et Dubout (Le fou dessinant) pour sa fantaisie, et ses gags visuels nés de l'opposition des contrastes.

Enfin et pour terminer sur une note plus douce, si je devais citer ma dernière source d'inspiration, ce serait Peynet dont la poésie et les magnifiques poupées ont enchanté mon enfance.

De la conception à la réalisation du tableau

J'ai aménagé un coin atelier dans mon appartement. Je travaille avec un projecteur "lumière du jour", un chevalet et une table basse à roulettes qui reste à ma droite et rassemble mon équipement. Pour l'anecdote, j'écoute souvent de la musique classique en peignant ; elle aide au calme et à la concentration. Je travaille presque exclusivement à l’huile et aux pinceaux ( de la brosse large aux pinceaux très fins pour les détails).

Sources d’inspirations :

Les idées de tableaux me viennent longtemps à l'avance et peuvent naître d'une actualité ( "Paris Plage", "le défilé de Mode", "Le 14 juillet" ...), de l'envie de partager une émotion ( "Au bonheur des Enfants", " j'irai au Paradis avec les ânes"), ou de dénoncer un état de fait (" Le conseil d'administration"," les joies du Métro").

J'essaye ensuite de planter le décor, parfois à partir de photos prises lors de balades dans les rues de Paris ou de repas dans des brasseries ( "Le Train Bleu", "Le Boeuf sur le Toit"), parfois en imaginant totalement la scène ( "La rue du chat qui pêche", "Au beau bibi" ).Pour ce faire, je réalise des croquis préparatoires sur un coin de table. Je dessine ensuite sur la toile en utilisant la perspective et les points de fuite.

Méthodes de travail :

Je peuple ensuite mon décor de personnages soigneusement dessinés pour faire ressortir le mouvement du corps et l'émotion derrière les traits des visages. J'essaie ainsi de leur donner vie. Je recherche aussi le comique visuel né de l'absurde des situations et des contrastes:

  • Le Pêcheur de "Paris Plage" ne ramasse qu'une boite de thon vide dans la Seine alors que le poisson grouille autour de lui et que les mouettes se servent....
  • Le Peintre de "Vanitas" vante ses oeuvres devant un public snob qui tourne le dos à des toiles de Maître etc..

Le dessin une fois terminé, je repasse mes traits avec un pinceau fin et de la terre d'ombre. Une fois l'ensemble sec, je gomme le dessin pour éviter de salir mes couleurs. Je choisis alors une gamme de couleur limitée (pas plus de 6 couleurs plus le blanc), afin d'assurer l'unité chromatique de la toile.

Je n'utilise jamais de noir et très rarement le vert, l'orange et le violet que je préfère recomposer à partir de leurs composants primaires. J'aime opposer la couleur brute sortie du tube, en couche fine laissant transparaître la lumière de la toile blanche et les couleurs rompues recomposées à partir d'un nombre très limité de couleurs.

Lorsqu'il s'agit d'un tableau représentant une scène d'extérieur, je commence toujours par le ciel que j'exécute rapidement et librement à grands coups de brosse.

D'une façon générale, j'essaye de couvrir assez rapidement toutes les surfaces importantes pour juger de l'opposition des valeurs et contrastes avant de revenir sur les détails des personnages et des architectures.

Enfin, j'utilise par endroits la technique des glacis ( thérébentine, huile de lin et medium) pour créer des transparences et des reliefs. Je termine toujours par les ombres qui entourent mes personnages et les mettent en valeur.

Une peinture étape par étape : Noce à Montmartre

Peinture naïve Marie Claude Bosc : Noce à Montmartre

Marie-Claude BOSC

Paris Naïf