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L’inspiration et la démarche artistique par Andrée Vayssière

…des peintures entre tristesse, joie et souvenirs


Qui d’entre-nous, en admirant la beauté d’un tableau d’un grand maître, ne s’est jamais demandé dans quelles sources l’artiste a puisé son inspiration.
Liée à la personnalité de l’artiste, à son caractère, à ses idées, à son regard sur le monde qui l’entoure… issue de son âme et issue de ses rêves… entre tristesse, joie et souvenirs, une œuvre a toujours quelque chose à nous raconter.
C’est à cette occasion que nous avons rencontré Andrée Vayssière, artiste peintre contemporain, qui nous explique sa démarche artistique.

Oeuvres d'art musicales

 
Danse Eternelle

Aussitôt appris à la TV la nouvelle du décès de Maurice Béjart (célèbre danseur et chorégraphe), qui m’a rappelé bien d’autres décès dans le domaine de la danse, j’ai pris une toile, dont le fond était pourtant prêt pour un autre propos.

Tout proche se trouvait un coquillage « bénitier » offert par un ami d’enfance prématurément disparu.

J’ai regardé l’objet, je l’ai dessiné au pinceau et peint en respectant ses couleurs.

Les danseurs sont venus après et ils ont évolué, aériens, dans cette scène improvisée entre ciel, terre et mer.

Quant aux couleurs, elles se sont naturellement imposées à mon esprit.

Musique :
 

Cette œuvre est liée à un autre décès, celui de L.Pavarotti.
Pour cette œuvre, je me suis laissée guider par les paroles et la mélodie d’un chant italien de Giuseppe de Marzi : « Signore delle cime ». Il y est question d’un ami disparu dans la montagne et rappelé au Ciel: «Dieu du ciel, Seigneur des cimes, Vous avez appelé un de nos amis. Mais nous Vous en prions: là-haut, au Paradis, laissez-le cheminer à travers Vos montagnes.»

Les paroles sont une prière pour que l’ami disparu puisse cheminer vers le Paradis, à travers les montagnes : «Sainte Marie, Dame des neiges, recouvrez de votre manteau moelleux et blanc notre ami, notre frère. Là-haut, au Paradis, laissez-le cheminer à travers vos montagnes.»

Ces paroles expliquent le fond du tableau, les montagnes et les mouvements qui symbolisent aussi bien l’élévation, le vol de l’âme vers les montagnes qui s’en retourne vers son Dieu, que la recherche de la pérennité à travers la musique.

Quant au visage, résolument souriant et optimiste, je me suis inspirée d’une photo sur un support publicitaire.

 

Oeuvres d'art écologistes :


La mer et ses fonds ? J’y pense souvent ; il faut dire qu’on en parle beaucoup et que je ne peux oublier les bancs de poissons avec lesquels j’aimais bien nager ainsi que tous ces souvenirs acquis en regardant la faune et la flore des vastes aquariums que j’ai eu la chance d’admirer à loisir, tant à Monaco qu’au Japon…

Avant :
Mutation :
Diversité :

Cette œuvre est un essai de sensibilisation à l’évolution négative des choses. Elle représente ce que pourrait être les fonds marins à terme, si nous n'y prenons pas garde!

J’ai ici puisé mon inspiration dans mon imagination, souhaitant matérialiser l’aspect dépotoir, déjà bien connu, des fonds marins.

Il s'agit d'une vision, un peu idéalisée, des fonds marins avant toute pollution. L'objectif est d'en inciter la sauvegarde, même si c'est très modestement.

C’est en regardant un petit hippocampe verni qui n’est jamais bien loin de mes pinceaux que j’ai trouvé mon inspiration. Il y a plusieurs années, il m’a été offert parce que je m’y intéressais…
J’aurais bien aimé pouvoir le sauver, comme j’aimerais sauver ses congénères, en voie de disparition. Quant au rocher, qui a un rôle prioritaire dans ce tableau, il est inspiré d’une pierre qui me sert de presse papier.

C’est « écrit dans le marbre », la diversité existe et elle est partout…
J’ai d’abord réalisé un fond uni blanc sur un rectangle de contre-plaqué. Ensuite, j’ai choisi des couleurs pour imiter un peu le marbre. Puis, j’ai commencé par faire apparaître des espèces différentes de celles que nous avons l’habitude de voir… d’où le nom : diversité !

Ces espèces sont vraisemblablement non conformes avec le cadre de connaissance de la nature ou de la biologie, mais peu importe, les animaux sont arrivés selon l’inspiration.

 

Analyse d'une oeuvre d'art : "Réflexions"

Dans un cadre imaginaire, du ciel, de l’arc en ciel au phœnix et à l’ensemble pictural, la scène se passe dans une atmosphère positive, pour des réflexions sur les fables et les légendes. Cette scène montre qu'à des degrés divers, nos vies sont faites d’une succession d’imprévus, d’adaptations et de choix…

Les vents ont apporté quelques feuilles d’arbres du Japon, notamment d’érables et l’imagination a fait suivre lotus et poissons.

Le coq de J. Lafontaine, arrivé lui aussi, trouve une perle et mieux encore,

L’éléphant blanc aux yeux bleus apparaît dans un paysage luxuriant qui laisse entrevoir les dorures d’un prestigieux palais.

Quelques arbres millénaires, à grand renfort de racines, maintiennent quelques vestiges d’un lointain passé épargné par le temps qui passe.

La jeune fille qui se désaltère à l’eau d’un ruisseau, honorée par le roi des éléphants : l’éléphant blanc aux yeux bleus ne sait pas encore que sa destinée en sera changée.

Quid de savoir si le pêcheur est au courant de la manière dont on devient un éléphant ou s’il se pose seulement la question de savoir s’il peut ou non manger « le » poisson qui le transformerait.

Cependant, toutes les médailles ont un revers : accéder à l’honneur suprême de devenir un éléphant implique des avantages (puissance et prestige…) mais aussi des inconvénients dont l’abandon de joies et de plaisirs comme, simplement, manger du riz.

 

La technique, les supports, les couleurs, les outils… ne conduiraient à rien sans les sentiments, les émotions, les souvenirs et les représentations qui s’imposent à l’esprit. En bref, sans inspiration, sans âme qui le peint, un tableau ne prendra jamais vie.

Comme le disait si bien Marcel Proust dans « Le temps retrouvé », « le style de l’écrivain, aussi bien que pour le peintre, est non une question de technique, mais une vision. Il est la révélation de la différence qualitative qu’il y a dans la façon dont nous apparaît le monde… ».

Pour Andrée Vayssière, l’inspiration d’un tableau est soit quelque chose de spontané, d’instantané, une sorte de réponse à quelque chose dont l’artiste est témoin, soit quelque chose de réfléchi par lequel l’artiste cherche à nous faire passer un message, à nous sensibiliser à quelque chose qui, au yeux de l’artiste, est important.

Eugène Delacroix, dans le journal du 08 octobre 1822 déclarait :

«Dans la peinture, il s’établit comme un pont mystérieux entre l’âme des personnages et celle du spectateur».

Le matériel, les techniques, officiels ou non, recettes… ne sont rien sans ces correspondances mystérieuses et muettes qui sont à l’origine de l’histoire d’un tableau.

 

Andrée VAYSSIERE