Biographie de l'Artiste

Depuis sa première exposition à la galerie Terry Dintenfass à New York en 1964, Pat Steir a créé un large corpus d’oeuvres toutes nées de sa technique de peinture de “déversements en cascades” qu’elle débute à la fin des années 80 avec l’oeuvre “Waterfall Painted with the Chinese in Mind”.

L’artiste a acquis une technique raffinée à l’extrême au fil du temps pour atteindre à présent une virtuosité sans pareille : des couches de peinture placées tels des voiles successifs dont le silence méditatif est réminiscent de l’espace pictural d’Agnès Martin.

Le grand art de Pat Steir réside dans l’interaction délicate entre les forces de la gravité et les propriétés propres de la peinture car l’équilibre précaire de ces fragiles oscillations dépend de la quantité, de la consistance et de la substance du matériau ; c’est là que le tracé et la plasticité des coulures de peinture se décident, c’est là également que se détermine dans quelle mesure et à quels endroits les nouvelles couches déversées sur les précédentes adhèrent ou non.

Avec cette technique développée depuis plusieurs dizaines d’années, Pat Steir travaille avec ce qu’elle nomme elle-même la “nature de la peinture” et utilise son corps à la manière d’un archer kyudo ou d’un compas comme pour mieux expérimenter l’oeuvre à partir d’un axe central, d’un centre intérieur dont l’expérience vécue donnerait naissance à une spatialisation.

Son oeuvre s’ancre dans un intérêt profond pour la peinture de la Renaissance dont certaines de ses toiles évoquent les couleurs éclatantes ou encore dont les ors magnifiques remémorent de sublimes Fra Angelico, Lippi ou Giotto. Elle marque une grande connaissance des Expressionnistes abstraits tout comme celle de la peinture chinoise des dynasties Tang et Song ; également un parfait savoir des techniques “Yi-pin”, ces “éclaboussures d’encre” des VIIIe et IXe siècles où le flux de l’encre projeté par l’artiste sur la toile suggérait des formes abstraites évocatrices de liberté et de parfaite maîtrise. Les dix peintures récentes présentées au sein de cette exposition prennent une beauté radiante et mystique évocatrice d’un silence qui nous rapproche d’un commencement originel, ce point zéro où tout a commencé.

A l’occasion de l’exposition, la galerie publiera un catalogue bilingue avec des reproductions en couleurs et un texte de Doris von Drathen, historienne d’art et critique d’art.

Le travail de l’artiste a fait l’objet de très nombreuses expositions comme récemment au Contemporary Arts Center, Cincinnati, (architecte : Zaha Hadid, 2010), au ZKM de Karlsruhe en Allemagne (2006), au Whitney Museum, New York (2004) ou au Des Moines Art Center, Iowa (2003), et figure dans de nombreuses collections publiques renommées telles le Metropolitan Museum of Art, le MoMA, le Musée Solomon R. Guggenheim de New York mais aussi la National Gallery of Art de Washington ou encore la Tate Gallery de Londres.