Biographie de l'Artiste

On ne peut voir ce qui déjà porte un nom ; et ne regarder que ce qu?on a peine à dire. Si la peinture d?Anne MANDORLA demande un travail (est-ce celui du rêve ou du deuil ?), c?est parce qu?elle se tend vers nous, mais s?arrête à mi-chemin, nous laissant le soin d?accomplir le reste du trajet, et dans ce reste ? ce résidu, ce reliquat, ce reliquaire -, des pièges sont tendus à l??il et à la parole qui voudrait combler le vide, se substituer au silence du visible : le titre et le nom (la signature au bas du tableau). Entre eux est suspendu un endroit de recueillement où se poste le regard. En ce site intime et secret , la peinture « est femme de n?être pas toute à se dire » : c?est la vérité. Savoir comment cela se produit, seul un ?il qui s?énonce y peut parvenir.
Un papier. Des papiers. Froisser, papier bible, tout papier. La couleur y coule. Déchirer. Déchirer avec discrétion. Plier. Flétrir. Papier comme mâché. Et maculer de couleurs. Tirer à quatre épingles. Disposer : la forme en jaillit. Enduire. Coller. Maroufler. Le socle de la peinture. Cadrer. Focaliser. Accumuler. Inciser. Tailler doucement. Creuser. Approfondir. Surfacer comme effacer : révéler.
? Intituler (pour exemple, Dais clarifiant les opacités).
Jean Pierre MIALON - Professeur agrégé d?Arts Plastiques