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Jean MALICE
Francueil / France
Jean MALICE

Né à Maubeuge en 1930. " Le culte de l'outil honoré grandeur nature et dans la perfection absolue. Chabanon, contemporain de Rousseau disait :"C'est à tort que dans la théorie des arts on affecte de ne compter pour rien la difficulté vaincue, elle doit être comptée pour beaucoup dans le plaisir que les arts procurent."." Jean Monneret.Peintre de l'émotion"Je peins parce que j'ai le coup de foudre". Ici, l'objet qui est le déclencheur se donne à voir avec amour. Volubile sur son travail, Jean Malice ne nous parle que d'amour, de cette quête perpétuelle de la lumière naturelle qui illumine avec chaleur ses objets de façon différente au cours du jour. Pas de lumière électrique. C'est la première émotion qu'il nous fait partager.Mais pour le peintre, il s'agit d'une double émotion puisque ses sujets sont autobiographiques. Le tableau délimite à jamais le vécu du souvenir. En témoigne "La porte de cave" (1978), rattachée à son enfance -il est né à Maubeuge en 1930- qui renvoie aussi à son travail de lamineur. Le charbon -tout comme le bois- montre le rendu des matières qui, pour le peintre, sont l'image de la vie. Amour du bois hérité d'un père bucheron. Chaleur de ce matériau qui revient souvent dans ses toiles et tour de force technique puisqu'il n'y a aucun empâtement du pinceau et que la facture reste parfaitement lisse. C'est par le lisse et un fondu total que le peintre obtient les effets les plus rugueux comme dans "Le mur" (1966) et "L'auge à plâtre" (1973).Il n'y a ni facilité ni gratuité d'effet dans cette exigence propre qui entraîne un travail lent et amoureux du moindre détail ; une technique poussée à sa perfection, un métier qui transcende la technique elle-même. En cela, Malice s'insurge contre cette fausse modernité de la touche gratuite, de ses recherches abstraites dites sensibles par le discours comme des monochromes. Le temps n'est pas fonction du sujet et encore moins du format. C'est la lumière difficile à capter dans une certaine plénitude qui donne sa vérité au tableau.Pour Malice, "on entre dans le tableau", "on y est dedans". La toile s'inscrit dans l'espace ambiant et perd son identité picturale pour devenir l'objet lui-même dans sa plus stricte intimité : le tableau vibre de sa propre chaleur. Aussi, il reste difficile de préciser quand le but est atteint car comme tous ces peintres qui s'inscrivent au-delà des apparences, Malice reste un éternel insatisfait. Il découvre le lendemain des beautés de lumière qui lui avaient échappé la veille et reprend inlassablement, se méfiant des embus. Pour pallier l'opacité de la matière, le peintre joue abondamment avec les glacis de finition qu'il pose sur les premières couches très détailllées de façon à organiser ses valeurs au dernier moment sans perdre la moindre précision. Il ne s'agit pas d'ajouter objet sur objet, de les juxtaposer, puisque la composition du tableau est orchestrée dès l'ébauche d'après un modèle en dimension vraie dans l'atelier. La lumière est le lieu qui noie ces objets dans la même chaleur tout comme l'air, seule chose que le peintre ne peint pas mais qui anime la toile. Créer une respiration dans la profusion, c'est le but de cette peinture. "La perceuse" (1992) suspendue est un gag visuel au premier abord mais, plus que cela, placée en équilibre sur la planche oblique, elle s'inscrit dans un espace d'air qui circule autant derrière elle qu'aux tous premiers plans et entretient la notion de profondeur autant par le fil que par le crayon qui sortent du cadre.Malice refuse la couleur pure. C'est avec une gamme variée à l'infini de nuances subtiles qu'il monte progressivement les valeurs du tableau. Recherche de la véracité jusqu'à colorer imperceptiblement les blancs du charbon dont l'éclat change selon l'inclinaison lumineuse tout comme les rondins de "La roue" (2000) qui portent des traces de lame de la tronçonneuse. Rien de systématique. Le coton finement tissé, à peine moiré, du tablier de la femme du peintre contraste avec le bois de la porte, le verre des bouteilles et le métal de la lampe électrique.La signature se promène pour occuper les lieux les plus fantaisistes. "La gerbe de maïs" (1981), hommage à la nature, est inspirée du travail des Américains Haberle et Peale avec, ici, la poésie du grain tombé sur la planche. L'humour préside assez souvent à l'élaboration du tableau. "La roue" qui trône au sommet du triangle de la composition est elliptique et ne se livre que peu à peu car l'illusion doit subsister selon les différents points de vue que l'on a sur le tableau.Autodidacte, ayant suivi des cours de dessin lors de sa venue à Paris en 1949, il entre dans le corps des Sapeurs Pompiers et c'est en 1958 qu'il rencontre Cadiou et s'intègre à son groupe. Selon Pierre Ducordeau*, c'est le peintre qui a le mieux ressenti et traduit l'esprit de Cadiou en se situant en bonne place dans le mouvement "Réalité - Trompe-l'oeil".Jeux des matières, quête lumineuse, richesse du nuancier, attachement amoureux du métier, c'est avec fougue que Jean Malice retrace le moindre détail dans une composition parfaitement ordonnée, certains pourront continuer de penser que le trompe-l'oeil n'est pas la finalité de la peinture mais encore faut-il suivre tous ces peintres** qui exultent à rendre visible leur vérité, c'est à dire la secrète intimité de la matière vivante.Françoise Leroy Garioud, Docteur en histoire de l'art.Françoise Leroy Garioud, le 6 juin 1995, a soutenu à l'Amphithéâtre Richelieu - Sorbonne une thèse sur "Cadiou (1906-1989) Ecole Française - Peinture de la Réalité et du Trompe-l'oeil".*Ducordeau fait partie du mouvement "Réalité - Trompe-l'oeil", Cadiou, chef de file.**Cf Jacques Abeille, peintre de la vie enclose - Univers des Arts Mars 2002 n° 67.

L'artiste n'a pas d'évènements prévus pour l'instant.
L'artiste n'a pas encore renseigné son parcours.

Le travail artistique de Jean MALICE

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