Biographie de l'Artiste

 Il y a trente ans environ des travaux de fondation effectués dans la ville de Gyôda, dans la préfecture de Saitama, limitrophe de Tokyo, laissèrent subsister une grande mare. Il y vint des lotus. Ils grandirent et s'épanouirent si bien que toute la presse et la télévision ameutées les rendirent célèbres dans tout le Japon. Et cela, pour la bonne raison, que jamais on n'avait vu, aussi loin que l'on fouillât dans les annales, sortir de terre et germer ensemble une telle quantité de graines de lotus. Le fait était donc rarissime.

Et pour cause, on ne connaissait pratiquement aucun cas de graines de lotus germées naturellement. Si l'on pouvait penser qu'il s'agissait là d'un type de lotus très primitif capable de germer spontanément une fois qu'il avait rencontré le terrain et les conditions de climats propices, il n'en s'agissait pas moins d'une probabilité très voisine du miracle.

Et ce qui est plus extraordinaire encore, c'est que les résultats des recherches auxquelles se livrèrent aussitôt diverses autorités botaniques et académiques s'accordèrent tous à considérer qu'il s'agissait là de graines datant de plusieurs milliers d'années. En d'autres termes, des lotus qui avaient fleuri il y a des temps immémoriaux avaient semé leurs graines dans les boues des marais, ce qui est tout à fait naturel, graines qui, à la suite d'un événement non encore clarifié, avaient été soudain recouvertes par des accumulations de terre. Cette couche de terre estimée de deux à cinq mètres avait donc protégé les graines du pourrissement et aussi de la fossilisation. Elles avaient ainsi pu entrer paisiblement en dormance de longs siècles durant, jusqu'à ce qu'un nouvel accident les réveillât et les fit germer. L'on peut donc dire qu'il s'agit là d'un héritage d'un très lointain passé miraculeusement refleuri. L'on mesure tout le mystère sacré de cet événement qui permet de contempler en quelque sorte un paysage vieux de plusieurs millénaires.