Biographie de l'Artiste

Dans tout ce que j'entreprends, j'ai une démarche indépendante. J'avance au gré de mes intuitions et de mes envies."
Malgré des études d'Arts appliqués, Frédéric Lecoeur se considère comme un autodidacte. Ses ?uvres en témoignent à partir du moment où il est dans la volonté de renverser les arts dits traditionnels / classiques et de créer une réaction brusque, décalée ou absurde chez le spectateur. En effet, face aux sculptures et bas-reliefs de Frédéric Lecoeur, la question d'insensibilité et d'indifférence ne se pose pas : nous sommes déchirés entre deux sentiments, la dérision et la brutalité.

La pointe d'humour est bien présente mais celle du clou également. Les chaussures sont transpercées, les verres des bouteilles cassés, les ressorts des téléphones arrachés, les boîtes de conserve découpées. L'artiste agit en véritable chirurgien et plasticien en extrayant et disséquant des objets auxquels il ajoute la technique du plâtre et de la peinture pour assembler et coller les fragments.

Son domaine de prédilection est donc la récupération et l'appropriation d'objets trouvés au hasard qu'il sent ou qui lui parle dans l'objectif de les détourner et leur donner un autre sens. L'objet, le plus banal qu'il soit, une fois dépouillé de son utilité première et modifié, prend une nouvelle forme et devient signifiant. Tels les Nouveaux Réalistes des années 60 et d'Arman, reconnu pour ses " sculptures-accumulation " (objets soudés entre eux), Frédéric Lecoeur détourne les structures conventionnelles du langage.

L'objet de consommation purement industriel n'est plus déchet, il devient ?uvre porteuse d'une forte charge poétique à travers laquelle l'artiste exprime une idée et un état. Un état à la fois de révolte et de fragilité perçus à travers le froid et la coupure nette du verre et du métal, le tourbillon et la ligne épurée que dessinent les ressorts et les fils d'acier, l'épaisseur de la peinture et du plâtre jetée sur le support enfonçant et emprisonnant son contenu.

L'idée de consommation se poursuit dans ses tableaux à travers la multiplication d'images publicitaires qu'il ajoute à un fond de peinture. Ses futurs projets s'orientent vers la photographie numérique, lui permettant de définir son sujet collé et de conserver son fond peinture. Ainsi lie-t-il la nouvelle technologie à la peinture traditionnelle dans l'intention de garder l'effet ?uvre unique.

Extrait du catalogue de l'exposition Flach'art 2004, rédigé par Elsa