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Kasha HERPIN
Paris / France
Kasha HERPIN

Parcours ? Etrange paradoxe. Alors que la question d’un parcours devrait sous-entendre une ouverture, une évasion, une liberté, elle a curieusement dans le contexte contemporain une connotation un tant soit peu obligataire, avec en implication ce "on ne sait quoi" de conformisme latent.Un parcours implique une distance, celle d’un chemin parcouru, de soi à la vie, de soi aux autres, de soi au monde. Des autres mondes, du monde des autres. Multiples, effrayants, séduisants, jouissifs et révoltants. Simultanément et en contre-chocs. Une expérience qui ne se livre pas d’emblée. Non par frilosité, mais parce qu’elle est prégnante de la complexité inhérente à chaque être humain. Certain parcours ne se racontent pas avec des mots.Alors parcours d’artiste ? Depuis toujours, le mien est nomade. Sans doute s’agit-il initialement d’un engagement fortuit. Mais ce n’est aujourd’hui toujours pas, et en aucun cas, une arrivée ! Une intuition peut-être, une conviction fortement ancrée forcément, une interrogation toujours. Au meilleur, un envol, un éblouissement, une découverte. Lente, progressive, initiatrice.Par un de ces hasards qui n‘en est peut-être pas un, je suis née sur une île. Madagascar. Apatride mon enfance m’a mis du sable et du soleil dans les yeux, du sel dans la bouche, du vent dans les oreilles. Ce furent les dunes du Sahel, le fleuve Sénégal, les pérégrinations dans le golfe de Guinée. Plus tard, le Moyen-Orient - Istanbul, Beyrouth -, et puis la révélation de l’Extrême-Orient. Les prunelles s’écarquillent, l’âme se dilate. Avec aussi la confrontation face à face et très vite en conscience, des conditions de vie si difficiles, des peuples dits des "Pays émergents".Parallèlement et indiciblement, la conscience, de manière presque génétiquement intransgressible, s’imprègne de la force de "L’Elémentaire" et de la traçabilité végétale et minérale indéfectible dans notre part d’humanité, ainsi qu’a si bien su le transcrire Roger Caillois dans son ouvrage "L’Ecriture des Pierres".Plus tard, une autre vie, j’ai découvert la "trépi-dance" urbaine. C’était New York. J’ai été happée sinon séduite, par l’énergie de l’avidité perpétuelle d‘un avenir possible et du volontarisme d’un devenir potentiel. Mais j’ai détesté le carcan latent du puritanisme vertueux. Dire qu’il "Nous" a rattrapé depuis relève d’un autre proposDepuis, j’ai parcouru d’autres chemins. Curieusement, plus ils se sont élargis, plus ils se sont rétrécis. Sans doute une problématique de perspective mentale.Un certain moine chinois, surnommé "vague de pierre" -Yuan Ji - (qui lui aussi en son temps fut assez "Rolling Stone"), a subtilement synthétisé cette quête que représente pour l’artiste "Le Chemin à Parcourir" par ce sublime concept inégalable dans son minimalisme : - l’ Unique Trait de Pinceau. Apprendre à peindre n’est rien d’autre que d’apprendre a être, disait-il. Révéler l’inépuisable richesse cachée du réel. Et il observait tranquillement "la lune plane en plein ciel projetant sur le sol l’ombre de ses branches". En tant que peintre, il était en réaction contre la rigidité asséchante et sclérosante des normes en cours à son époque (1642-1718). L’histoire nous propose parfois des comparatifs tout a fait réjouissants. Il prônait le retour à la simplicité ! Inutile de préciser qu’il a toute ma sympathie au propre comme au figuré. Un autre artiste, en un autre temps, en un autre siècle, une autre culture, déclarait par ailleurs "ce n’est pas le modèle qu’il faut copier, mais la tâche d’humidité sur le mur qui se trouve derrière" (en la matière on pouvait lui faire confiance - son travail mémorable sur "La Cène" ne fut que le sauvetage d’une longue destruction). Il s’agit bien sûr de Leonardo da Vinci.Ce grand génie scientifique, a par ailleurs et paradoxalement affirmé que "l’image naît de l’hallucination ... Elle apparaît, éphémère et celui qui la reçoit la transforme à nouveau. Des espaces émergent que l’on ne perçoit pas".Pour moi, mon parcours d’artiste, c’est précisément cela. Cette captation fugace, magique et privilégiée d’un instant, ce moment particulier et impondérable d’une réception mentale que d’autres n’ont pas, d’une réalité impalpable que d’autres ne "voient" pas . Uniques et fragiles ces visions procèdent de forces et d’énergies qui viennent on ne sait où. Parfois ravissantes au sens étymologiques du terme, parfois épuisantes dans la quête à les restituer. Comme tous les artistes je ne suis qu’un "filtre" de l’invisible.Le miracle est pour moi que d’autres, portant un regard sur mon travail, ont su s’y reconnaître. Et peut-être reconnaître une part de leur parcours dans le mien.

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Le travail artistique de Kasha HERPIN

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