Biographie de l'Artiste

JANVIER est un coloriste qui se penche sur la nature comme ses arbres s'inclinent au-dessus des cours d'eau avec des couleurs fortes et pures, mais il n'est pas " fauve " . Il joue avec les mille éclats et reflets de la lumière , mais il n'est pas impressionniste.

Il nous guide sous les ramures des bosquets les plus champêtres. Mais il n'est ni Hokusaï, ni Manet. Il fixe en leurs postures les visiteurs du Bois de Boulogne, mais il n'est pas Balthus.

Il immobilise en leurs portraits des personnages familliers, mais il n'est pas le douanier Rousseau. Il est JANVIER. Il réunit tous ces talents sur une palette généreuse que l'on regrette de ne pas avoir connu plus tôt. IL convainc par un toucher capable d'exprimer la joie de l'être au monde dans une peinture onctueuse et sensuelle comme l'eau et graphique comme les arbres qui veillent sur elle.

Il révèle une qualité de regard à la fois libre et indépendant et tout plongé dans la nature, par une sorte d'intériorité qui nous guide vers la profondeur de ses mondes imaginaires. Il exprime alors, dans une sorte d'immobilité et de silence intérieur, une nostalgie d'un paradis perdu, une qualité d'écoute des êtres et des choses du monde qui résonnent fort en nous.

C'est cette qualité qui nous émeut.
PREFACE DE Claude MOLLARD



Janvier est le plus américain des peintres français. Irrésistiblement il fait penser à Hopper. Mais le peintre américain avait devant lui les grands espaces ou les petites villes du New Jersey tandis que Janvier ne nous décrit pas la sociologie d’un monde pas plus qu’il ne s’attarde sur des paysages.

Ce qui semble le fasciner, c’est le ballet aquatique qui s’anime autour d’un bois de Boulogne et de son lac, transfigurés, recréés. Mais au delà du lac et des personnages qui évoluent, le peintre tente de saisir une atmosphère, celle d’un monde disparu. Tout art cherche à rendre vivants et immortels des instants fugitifs.

Une excursion en barque, une promenade main dans la main : de tels instants, comme l’amour qui les a suscités sont voués à disparaître. Janvier, et son grand talent, sait rendre présente la nostalgie : il réussit à peindre le frémissement, le tremblé du passé recomposé. Avec lui , on se promène dans ce pays étrange des souvenirs toujours présents.
PREFACE DE Jean-Marie ROUART
de la prestigieuse Académie Française