Biographie de l'Artiste

Raymond PERGET1925 – 2010 
Raymond Perget a fait des études d’architecture et a connu les « charrettes » propres aux ateliers d’architectures avant de se consacrer totalement à la peinture.
Fasciné alors par Van Gogh, Cézanne et Matisse, il en retient la vivacité de la couleur au service d’une figuration qui n’est jamais narrative. Au milieu des années 50, l’abstraction s’impose à lui qui était alors en quête d’une liberté totale dans son travail ; il conserve toutes ses convictions primitives, et, en dépit de son appartenance au groupe « Corot » depuis 1952, développe une écriture totalement personnelle.
La découverte de Bissière et Bram van Velde, au milieu des années 60, le bouleverse. Pour gagner encore en spontanéité, il abandonne alors l’huile pour l’acrylique(1971), qui autorise davantage de rapidité. En 1973, Miotte l’introduit au salon des Réalités Nouvelles ; il en est élu au comité en 1988. Il est assidu aux réunions, au cours desquelles il défend avec ténacité les peintres qu’il sent proche de lui, et toujours actif lors de l’accrochage du salon.
Raymond Perget conduit sa vie de peintre dans le sillon qu’il a commencé à creuser il y a déjà longtemps, creusé avec rigueur et avec une très ferme constance. Il chemine calmement, et vit quotidiennement dans une apparente sérénité intellectuelle.Il ne veut pas se laisser conduire par le hasard, il préfère le juguler. Balayant sa toile du regard il y cherche ce qui est primordial, essentiel : l’espace et les formes guidées par la lumière de la couleur. Sans cela la toile lui semble vide de cette lumière intérieure qu’il désire tant communiquer au spectateur éventuel.D’abord le travail du fond s’affine en évoluant, puis intervient l’écriture, mais seulement lorsque le fond a fait le plein des vibrations que le peintre lui impose. Cette écriture, souvent devenue griffure, est une implication permanente dans la matière ; on peut même dire que Perget « grave » dans la matière pourtant peu abondante.
Perget explique volontiers que l’instant présent domine, ce qui le conduit à peindre rapidement et à terminer tout aussi vite l’œuvre, car le lendemain, dit-il, on est différent.Ainsi Perget peint-il et repeint-il fréquemment des œuvres les unes par-dessus les autres.L’écriture finale du tableau vient d’un coup. Il pose ses lignes et ses formes avec prestesse, mais sans aucune précipitation. La masse créatrice centrale est entourée d’un accompagnement qui s’accorde plastiquement avec lui.Tout vient en même temps sous le pinceau, et dès le départ. Perget s’interdit tout éclatement. La structure doit s’organiser à partir du centre et l’œuvre doit prendre son essor vers l’extérieur. En quelque sorte, l’artiste se regarde par la fenêtre. Cette fenêtre qui paraît si souvent, suggérée, s’ouvre donc pour laisser l’œuvre s’inscrire dans l’espace. Cette même fenêtre est un élément important du jeu inconscient de l’artiste qui « abstractise » et se contente de nous traduire l’éclairage bénéfique et l’impact de l’espace qu’elle impose.
Perget aime la simplification dans son travail, le menant ainsi au silence. Il agit en pleine harmonie avec sa conduite de vie, en pleine communion d’authenticité, de sincérité et de discrétion. Silence au travers duquel l’artiste fait une proposition subtile au spectateur pour l’inciter à découvrir une démarche habilement inspirée et à lire les couleurs. 
D’après les textes de Patrick-Gilles Persin et Guy Lanoë