Biographie de l'Artiste

Autodidacte, Thierry Gonnin fabrique des sculptures exclusivement à partir de profilés métalliques. La démarche peut sembler anecdotique. Elle acquiert sa force par le nombre et la répétition. Exposition itinérante, « permis de construire » donne la vraie mesure de l'entreprise.

"A Paris, Thierry GONNIN commence par étudier et réaliser des sculptures sur pierre, délaissées quelque peu aujourd'hui, ayant découvert son matériau privilégié : le FER, un matériau sans faste lié au quotidien. II construit des formes géométriques en utilisant en particulier des I.P.N. - A un matériau industriel lourd et peu séduisant, il prête grâce et légèreté, parvenant à lui donner une forme de noblesse.
GONNIN choisit une abstraction où convergent la mise en valeur des vides et un ascétisme rigoureux dans les découpes. Son travail décline le nombre indéfini des occupations de l'espace par la conjonction des formes pleines et du vide qui s'y entremêle.
L' artiste insiste sur son intérêt pour le niveau, l'équerre, instruments liés à la pratique de la géométrie comme à celle de l'architecture.
Ces formes sont elles symboliques? Certainement, même s'il arrive que le spectateur les identifie à des formes familières. GONNIN a mis une sorte de répertoire dans lequel il puise à chaque fois et qui constitue la base, l'alphabet de toutes ses oeuvres. Ces familles naissent d'une même forme utilisée ou déclinée à plusieurs reprises dans des sculptures parfois très différentes à priori mais qui partagent le même lien ou «liant» formel.
Petites ou grandes sculptures (monumentales parfois), le plus frappant reste sans doute la présence, la densité de ces oeuvres qui créent autour d'elles une sorte de silence ou de retenue.
A force de réflexion, de mises au point successives dans un processus de travail lent et rigoureux, l'oeuvre se développe pour parvenir au stade où elle se donne à voir aujourd'hui. Parfaitement simple en apparence, mais relevant d'une complexité de conception qui ne s'explique que par une extrême exigence.
Le paradoxe n'est il pas de faire naître une dentelle avec un matériau aussi lourd ?
C'est sûrement le pari de GONNIN"
(Louis DALLANT critique d'art, fondateur du Musée MAURICE ESTEVE à BOURGES)