La cène, ou les copains d'abordpar Gilles CHAMBON

La cène, ou les copains d'abord,

Oeuvre d'Art Originale

Titre La cène, ou les copains d'abord (#23865)
Origine LIBOURNE, France
Dimensions H. 100 x L. 81 cm
Poids 3 kg

Oeuvre Vendue

Description de la Composition

Pourquoi une cène ? Sans doute parce que j?ai été frustré, en visitant Santa Maria del Gracie, de ne pouvoir accéder au réfectoire où se trouve la cène de Léonard de Vinci (il faut prendre rendez-vous plusieurs jours à l?avance et les autorisations sont délivrées au conte-gouttes). Sans doute aussi à cause de cette photo récemment condamnée par l?église, reproduisant la composition de Léonard, mais remplaçant les treize convives par des top modèles. Mais plus simplement, je suis un fan des merveilleuses fresques d?Altichiero, Mantegna, de Bernardino Luini, de Gaudenzio Ferrari ; cette douce beauté savante empreinte de naïveté, ces mélanges de personnages expressifs, d?architectures imaginaires faisant corps avec le relief des paysages rocheux, de couleurs tendres et lumineuses, me ravissent. J?avais l?envie de faire quelque chose d?une beauté simple comparable aux ?uvres des peintres fresquistes du quattrocento, et aussi le besoin de traiter le sujet de façon contemporaine ? je veux dire avec un regard sur la mythologie chrétienne où la ferveur religieuse est remplacée par une ferveur poétique, qui s?accommode volontiers de l?introduction d?un peu d?humour. Dans ma « cène », la composition générale est en résonance directe avec les oeuvres de la Renaissance : vaste perspective où se succèdent trois plans, le premier dévolu à la scène représentée, avec le christ au centre de la peinture, le second, de transition, formé de vastes arcades architecturales, et le dernier, dans le lointain, dévolu au foisonnement de l?architecture imaginaire. Le Christ et les apôtres sont, comme au théâtre, de simples acteurs assumant les personnages du nouveau testament. J'ai donc fait figurer, comme je le fais souvent, quelques uns de mes proches (une façon ironique ou affectueuse de les faire participer à la célébration d?un mythe, de les investir momentanément d?une dimension hiératique universelle). Il y a quatre personnages féminins : ma nièce Annabelle, ma fille Édith, Sylvie, une amie à elle, et Priscilla, une amie à moi. J?ai ainsi ouvert symboliquement aux femmes les plus hautes responsabilités de l?église, si frileuse en matière d?égalité des sexes (on sait que le concile de Nicée a « viré » Marie Magdeleine). Bref, je me suis amusé, tout en m?efforçant de respecter la ferveur poétique nécessaire.

Oeuvres de la collection