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Jean-Claude BERTRAND
Astaffort / France
Jean-Claude BERTRAND

Jean-Claude BERTRAND Comme une passerelle tendue entre le jazz et la peinture?(texte de Catherine KOENIG - historienne d'art, chargée de conférences) "Jean-Claude BERTRAND a fait ses études à l'Ecole Nationale des Beaux-arts de Nancy, puis, installé à Lyon, il a fait une carrière dans la publicité et le marketing. A ses moments perdus ou dérobés en douce à la vie des occupations toujours urgentes, il se réfugiait au creux de son oreille. Il écoutait du jazz : tous les musiciens allant du plus connu au plus complexe : John Coltrane, Count Basie, Dexter Gordon, Herbie Hancock, Wynton Marsalis, Winton Kelly, Ahmad Jamal, Archie Shepp?Au-delà de sa bulle de sons, la vie continuait à bruire de sonorités quelquefois stridentes, parfois douces. La naissance des enfants, six enfants qui marquent de leurs rires et de leurs chahuts le cours de la vie qui s'écoule. La vie quotidienne s'appesantit quelquefois sur les rêves de l'adolescence évanouie?Au fur et à mesure que le temps passait, Jean-Claude Bertrand affinait ses perceptions sensorielles.Les sauts de trille d'une note à l'autre formant comme des passerelles, des volées d'escalier traversant les palais de cristal de la composition musicale.La musique est l'âme du temps qui passe, sa couleur, son tempo? Le silence qui suit porte encore le reflet miroitant des notes qui palpitent en nous, s'accrochant à notre mémoire comme l'écume sur le sable de l'oubli?Il est des moments dans la vie d'un homme où soudain son cours s'accélère, devient plus lourd, plus grave, plus douloureux. L'épouse tombe malade d'un cancer obstiné, patient, mortel. Après dix années de lutte, son corps cède. Cette maladie maligne a accompagné de son ambiance délétère la vie des enfants. Elle partit à l'automne 1996.Au début de l'année 1997, Jean-Claude Bertrand entreprit de quitter le monde des obligations pour rejoindre celui des nécessités intérieures.La peinture, la mise en couleur de ses émotions intimes, l'avait accompagné aux jours difficiles. A présent que le passé s'estompait, elle déployait une insistance, une prégnance, une force inextinguible.Vigilant, et attentif, il se replongeait dans la lecture de son livre fétiche Du spirituel dans l'art de Wassily Kandinsky édité en 1912. Au début du siècle, deux ans avant la première guerre mondiale, Kandinsky essayait d'inventer un art qui fasse la synthèse des émotions picturales et des émotions musicales.Jean-Claude Bertrand s'est mis à peindre à l'oreille. Ecoutant la musique de jazz, il improvisait avec pinceaux et couleurs en de larges coulées bleu primaire, des giclées rougeoyantes, des frottis jaunes, des glacis multicolores. Il voulait faire un art en écho aux improvisations de jazz.Sous la pétulance jaillissante des couleurs déployées, il commençait à se deviner puis à se lire la forme rigoureuse du carré.Le carré qui encadre, qui isole le centre, qui l'évide plus souvent qu'il ne l'habite. Le carré, bien placé au centre du tableau, ne cherche jamais à s'émanciper de l'asile protecteur formé par la surface tendue sur châssis de bois. Il offre au regard la sensation que l'espace pictural est une paroi verticale qui se perce d'une fenêtre en son milieu. Puis les carrés se sont multipliés, superposés, tantôt grands, tantôt petits. Ils transformaient un peu l'effet plan de la toile, elle prenait de la profondeur, de l'épaisseur. L'image prenait corps, s'incarnait dans la peinture.Le jazz qui avait été la voie royale devenait passerelle dans l'imaginaire de Jean-Claude Bertrand.Puis, avec la maîtrise d'une main toujours plus sûre de ses effets, Jean-Claude Bertrand entrelaçait et superposait les strates multiples d'une partition chromatique délicatement modulée. Les gris-bleus aux opalescences irisées se réchauffaient d'ocre frotté, la matité poudreuse des couleurs contrastaient avec la brillance laquée des écritures gestuelles. Les toiles se voilèrent de transparence et d'opacité translucide. En un jeu plastique subtil, elles tissèrent des modulations émergeant des profondeurs là où le c?ur de la toile palpite, vibre, chuchote. La musicalité de la couleur apparut, se dévoilant dans le silence de l'atelier. Jean-Claude Bertrand écoutant les couleurs vibrer à son oreille peignait le monde invisible des modulations chromatiques?Mais, il se heurtait à cette opacité inviolable de la toile?Soudain, au hasard de ses recherches, il a découvert la transparence du plexiglas. Sur ces plaques soulignant l'invisible, Jean-Claude Bertrand installe des plaques de shingle comme notes d'une portée musicale. Entreposées au fond du jardin de Jean-Claude Bertrand, au soleil et sous la pluie, tantôt noires, tantôt grises, s'auréolant de taches et des morsures du temps, les plaques de shingle portaient en elles la marque du temps passé. La perception de l'espace se transforme, change. On est plongé dans des effets sensoriels qui tentent de rejoindre le fil ténu de la mémoire de la musique.Sous l'écume noire des shingles déposés sur les transparences infranchissables des parois de plexiglas, se devine la partition modulaire des inflexions musicales." Les "musicogrammes" ont pris formes.... Archie SHEPP, légende du free jazz a réalisé une performance en improvisant au milieu de ceux-ci lors de l'exposition de Jean-Claude BERTRAND en mai 2002 à Saint Louis en Alsace.

L'artiste n'a pas d'évènements prévus pour l'instant.
L'artiste n'a pas encore renseigné son parcours.

Le travail artistique de Jean-Claude BERTRAND

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