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delphinus
Olivet / France
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Florence Bachelier, une coloriste qui « écrit » ses tableaux Tous les tableaux de Florence Bachelier sont des « techniques mixtes » : ils se présentent comme des peintures, certes, mais enrichies de toutes sortes d’éléments qui sont autant là pour créer des effets visuels (si ce sont, par exemple, des guirlandes lumineuses) que pour raconter des choses mystérieuses sur le mode ludique : ces fleurs de nacre, ficelles, fils de fer ou bâtonnets traduisent un état d’esprit, communiquent une humeur qui est généralement « bonne ». Cette bonne humeur naît aussi de la couleur, que l’artiste module avec élégance. Dans Afrique, elle a choisi une dominante orangée qui traduit fort bien l’idée que l’on peut se faire des paysages d’un continent chaud. L’essentiel est construit sur les superpositions, voisinages et transparences de l’orangé jouant avec des mauves, des bleus et des verts clairs sur un mode quasiment musical. Il y a en effet une structure rythmique dans chaque tableau de Florence Bachelier – pour Jazz Cat, le titre est particulièrement clair – se combinant avec des couleurs en harmonie ou en discrète dissonance qui apparaissent comme les notes d’une mélodie. Des éléments nettement figuratifs complètent les dispositifs : ici des chats, là des animaux « africains ». Les tableaux de Florence Bachelier sont donc à la fois gais et musicaux, mais ce n’est pas assez dire : libérés de toute préoccupation d’objectivité, laissant les lignes et les couleurs tisser des liens de tendre complicité, ils semblent manifester aussi des ambitions d’un autre ordre. En regardant bien La forêt des Incas, sarabande de verts et blancs rehaussés de rouge, ou l’Eléphant des Indes, joyeux lacis de formes claires sur fond sombre, tableaux qui ne présentent apparemment l’un comme l’autre ni terre, ni ciel, on se dit que tout se passe comme si le peintre avait cherché à concilier plastiquement l’ enracinement terrestre et l’intimité avec le cosmos (telle était l’ambition de Paul Klee, dont l’œuvre de Florence Bachelier paraît proche à plus d’un titre). De fait, l’art de Florence Bachelier établit des liens entre le subjectif (son moi) et l’objectif (le monde) par le moyen de figures qui se situent dans un entre-deux s’éloignant optiquement des objets sans jamais les contredire. Il y a dans chaque oeuvre, d’une part l’artiste animée par une force mystérieuse, et d’autre part la nature, elle même détentrice d’une sorte d’instinct artistique. Si bien que Florence Bachelier pourrait reprendre à son compte une phrase célèbre de Klee : « ma main est tout entière l’instrument d’une volonté lointaine ». Il y a aussi, dans l’œuvre de Florence Bachelier, des tableaux que l’on pourrait qualifier de hiéroglyphiques comme Tribu. Ces signes parcourant la surface de l’œuvre désignent-ils des idoles primitives ? Les teintes sont exceptionnellement acides : on pourrait imaginer qu’elles suggèrent le printemps sur une des Cyclades, peut-être celle qu’Ulysse a longé en se rendant à Ithaque. Ce serait comme si l’artiste avait voulu que la transparence de l’espace accompagne la transparence du temps. A intervalles plus ou moins réguliers, des cercles concentriques obsessionnels rythment l’œuvre (on les retrouve dans de nombreux autres tableaux de l’artiste). Cette mystérieuse tribu serait-elle en proie à des expériences de transformisme psychique du genre de celles décrites par Jung ? On ne sait, mais ce que l’on voit, qui enchante le regard, c’est l’alliance de la couleur avec la ligne qui est toujours davantage qu’une ligne : une ligne-écriture au sens où Toulouse-Lautrec l’entendait quand il disait qu’il ne dessinait pas ses portraits mais qu’il les « écrivait ». Florence Bachelier est une coloriste qui « écrit » ses tableaux tout en les dotant d’une inimitable population d’objets dans la troisième dimension qui n’appartiennent qu’à elle : un peintre moderne original en somme, qui n’a sans doute pas fini de capter notre attention et de nous surprendre. Jean-Luc Chalumeau Texte paru dans la revue : Verso Arts et LettresMars 2007

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