Biographie de l'Artiste

EnVie
Dès que l’on parle de corps, l'identité, la douleur, l'agression ou la jouissance sont évoquées. On s’efforce d’étouffer les signes de l’animalité, ils sont perçus comme insignifiants, ils gênent, ou sont sujets à la moquerie : les poils que l’on arrache ou que l’on rase, les odeurs camouflées, le sang caché dans nos veines et les sangs interdits.
 J’essaie de récupérer le sens de l’espace pictural en tant que lieu, un espace limite et limitrophe au désordre et au chaos, mais aussi en tant qu’évocation : libérer les formes originelles, et d’une certaine façon, les réconcilier avec notre propre nature. Mes tableaux donnent à interpréter, le sens advient comme énigme, comme indice, comme présence.
Une œuvre se déploie et obéit aux mêmes lois que celles d’un organisme, et des cellules qui le régissent. Pour donner corps à une œuvre, on ne peut parler de simple reproduction ou de respiration de la matière : il nous faut observer son comportement, comment elle grandit, sèche, s’oxyde. Peindre c’est l’illusion de contrôler le comportement de la Nature. Les substances ont une vie propre.
Ana Paula Portilla