Boris
ZULIANI

Peintre
"Photographie"

Photo de Boris ZULIANI
 
Présentation

Boris ZULIANI, né en 1978. Cet autodidacte a été tour à tour assistant photographe, pour devenir naturellement photographe indépendant. Il sera passé par la sphère publicitaire, en effectuant ses premières armes au studio des Plantes, pour de finalement atterrir dans celui de la mode (divers travaux pour Elite, Metropolitan, Success, Diesel, Boucheron...), mais tout en prônant ce qui lui tient le plus à cœur : la photographie de reportage. Prix et concours :
- 1995 : Prix Paris Match.
- 2003 : Polaroid Award.
- 2004 : Prix photo de mode de Cannes.
- 2005 : Prix photo de mode de Cannes. DEMARCHE ARTISTIQUELes mannequins sont ses modèles. Des personnages choisis pour être " gravures " de mode. Son art est de ce fait, évident de figuration mais son intérêt vient du fait qu'il active des références iconiques aux connotations évidemment modernes. L'iconicité faite émerger naturellement les thèmes que sont la religion, le cinéma, la photographie... si nous nous cantonnons au seul domaine de l'image. Nous découvrons des symboles et des signes dans ces travaux. En l'occurrence, nous faisons ici face à une lecture historique et à une autre d'ambiance presque religieuse dans une synchronique naturelle. L'artiste nous propose un périple en Asie Centrale, une invitation dans l'Empire byzantin cher à Pierre Loti avec des figures semblant toutes droites sorties des harems peints par Delacroix : favorites en poses lascives ou volontaires, premières épouses sur un piédestal, derviches opportuns, évoluent entre étoles lamées et autres tissus précieux dans un environnement terre de Sienne.
Tout autrement, il nous est aussi montré quelques beaux restes d'un Moyen-Age tardif allant vers une renaissance. Où plutôt il s'agirait d'une représentation de la Renaissance que l'artiste tente de réinteroger en 2005 ? Place à des portraits mystiques et mystérieux s'octroyant la texture présente dans les tapisseries anciennes. Nous nous attendons à rencontrer la Dame à la licorne perdue dans un jardin en Toscane ; mais certains pourraient presque croire déceler quelques membres des Médicis peints par J. Savonarole.
La présence d'un bestiaire de fauconnerie fait largement appel à l'imagerie des premières illustrations dans le diptyque qui composent le retable de l'artiste, dont la composition décorative rappelle celle de J. Van Eyck. Il semble que l'influence de l'Ecole flamande soit aussi existante dans son parcours. La densité des couleurs, la luminosité et l'atmosphère forment un ensemble clair et équilibré. Au travers de l'apparente impassibilité des personnages et de leurs particularités physiques, le photographe arrive à faire affleurer des sentiments nuancés. Nous pourrions presque rechercher une Piéta ou une Annonciation, mais ces photographies ne sont pas empreintes de ferveur spirituelle : elles revendiquent un caractère plutôt profane, investies de subtiles significations symboliques. Nous ressentons, en effet, une ambiance religieuse avec une barrière tenue entre christianisme et orthodoxie mais sans trop d'ostentation. Boris ZULIANI impose une conjonction particulière, laissant planer l'historique à sa guise et empêchant les automatismes et les comparaisons trompeuses. Ces travaux ne peuvent se confondrent avec leurs référents car il nous est donné à voir des modèles originaux se rapportant à l' " originel ". Mais aussi en voulant consigner son univers dans ce à quoi il porte le plus d'intérêt : les voyages et les échanges, mis en œuvre grâce à une technique remarquablement maîtrisée.