Karim SAYFOU
Peintre
Karim SAIFOU , Artiste peintre, Irak/France Démarche "Pour moi, un
tableau est un cumul de connaissances multiples : philosophiques,
culturelles, artistiques, sociales et historiques. C'est aussi une
sensibilisation à l'expression de l'amour qui provient du plus profond
de l'âme. Comme la poésie et la musique, il réunit les plus beaux
sentiments de l'être humain... Mes dernières oeuvres sont une opération
de construction, de déconstruction, et de reconstruction visant à
suciter plusieurs visions de l'oeuvre et à donne l'occasion de la
regarder sans fin." Biographie 1953 Naissance en Irak 1974 Travaille
comme journaliste, peintre et designer 1975 Diplome / Institut des
Beaux-Arts - Bagdad 1979 Bachelor of Arts - College of Fine Arts -
Bagdad 1979 Etudiant en France 1980 Peintre et designer au Centre
culturel Irakien à Paris 1999 Peintre et designer au Centre culturel
français à Bagdad Presse * Difficile de parler de la peinture irakienne
sans d’abord parler de ces lieux de discussions, ouverts récemment par
des peintres, que deviennent aujourd’hui les galeries. Là, comme dans
la Hewar gallery, installés au milieu d’un jardin faisant café, les
intellectuels irakiens se regroupent. On y ressent ce qui fait le
fondement de la peinture, comme probablement celui des sciences
physiques, qui ne peuvent arriver à la plénitude de leur expression
sans poser la question de la liberté, sans doute parce que les deux
pensent l’espace. Difficile de parler de la peinture irakienne sans
faire référence aux guerres récentes, celle fratricide de l’Iran et
l’Irak, celle que l’on a nommé la guerre du golfe et sa conséquence de
blocus, qui dure depuis dix ans, maintenant le pays dans une ignorance
de l’aventure positive du monde, coupant toutes les activités
intellectuelles de toutes les formes d’information et de communication,
privant une génération de la possibilité de se former. C’est là où la
peinture étonne parce que privée de tout, elle résiste et subsiste en
se reportant sur les mythes fondateurs que l’influence de la pensée
occidentale avait repoussés. Plus de papier, plus de toile, plus de
couleur. En fait plus rien ni de ce côté matériel, ni de l’autre, une
faillite intellectuelle, un écroulement des valeurs. L’Irak est un pays
laïque, et s’il y a retour sur soi, il y a retour sur la Mésopotamie,
présence que la sculpture et l’architecture avait depuis une trentaine
d’années toujours retrouvée. Voilà planté un décor succinct pour
introduire l’exposition de sept peintres irakiens qui ont comme trait
d’union d’avoir eu leur enfance pendant la guerre entre l’Iran et
l’Irak et leur maturité d’expression après la guerre du Golf. … Karim
Saifou et Shaddad Abdul Kahhar continuent à maintenir un dialogue avec
le monde occidental….Karim Saifou mène de front les deux recherches
sans les mêler : un découpage de la toile en damier où les signes
sumériens sont placés comme les pions d’un jeu à engager et de l’autre
une recherche sur le portrait. Comment se servir de ce qui a fait la
peinture européenne comme le soutient Jean Clair, la représentation du
corps et de la figure humaine…. La culture n’est pas une. D’après
Fernand Braudel, seule la République de Venise fonda son hégémonie sur
l’économique et sur la culture. Dans le passé, à cette exception près
au destin fatal, les deux hégémonies ont en général été dissociées.
Mais qu’en est il aujourd’hui ? Question qui se trouve posée d’une
manière cruciale depuis la disparition de l’Union soviétique. Maurice
Matieu extrait de la présentation de l’exposition « Artistes
contemporains irakiens » de 2000 à l’Institut du Monde Arabe Peindre en
Irak aujourd’hui:
figures libres? di Caecilia Pieri
Bagdad Renaissance: La Galerie M à Paris1 expose, pour la deuxième
année consécutive, plus de soixante-dix toiles de peintres irakiens,
découverts en juin 2003 à Bagdad, auxquelles s’ajoutent une vingtaine de
sculptures.
Que signifie créer aujourd’hui dans un pays meurtri par des années de
guerre et d’embargo, anémié par la censure de la dictature, crispé sur
la perte de ses repères et l’angoisse des lendemains? Deux Françaises,
Meriem Lequesne et Caecilia Pieri, y sont retournées à plusieurs
reprises en 2004 pour contribuer à faire connaître ces artistes en
exposant leur talent, leur personnalité, et rendre hommage à leur
ténacité.
La question des racines
Art moderne en Irak, ou art moderne irakien? Pour un artiste irakien,
la grande question est de trouver sa place par rapport à cette
alternative. En Irak, le débat est ancien. Dès les années 60, il était
formulé par Jawad Selim (1920-1961), peintre, sculpteur, théoricien et
pionnier incontesté de l’art irakien contemporain, auteur de l’immense
panneau en bas-relief, dit «de la Liberté» exécuté dans la foulée de la
Révolution de 1958 et situé à Bagdad sur la grande place Tahrir (place
de l’Histoire). Comment élaborer un mode de création spécifique qui
tienne compte d’une tradition et d’une culture nationales tout en
intégrant les données de l’art moderne universel? Le problème est vital
dans un pays où l’on considère, en général, que de la chute de Bagdad
aux mains des Mongols en 1258 à la fondation (par l’Occident) de l’Irak
«moderne» dans ses frontières actuelles, en 1919, la seule forme de
création personnelle véritablement reconnue était la poésie –
expression pour ainsi dire naturelle dans une culture où l’image
verbale et parlée a toujours davantage fasciné que l’image visible. Les
artistes irakiens, selon Jabra Ibrahim Jabra (principal critique
irakien, palestinien d’origine, aujourd’hui disparu) sont littéralement
obsédés par l’idée de faire de l’art irakien. Pourtant, l’idée même de
la peinture dite de chevalet est récente: elle a été importée d’Europe
lors des premiers échanges entre Irakiens et Européens après la
première Guerre mondiale, et la création de l’Ecole des Beaux-Arts date
de 1939.
Jusqu’à présent, les théoriciens et souvent les artistes eux-mêmes
considéraient comme spécifiquement «irakienne» la posture s’inscrivant
dans le temps (peindre des thèmes ou des formes reliés aux époques
anciennes, arabes et proto-arabes) et dans l’espace (reproduire des
motifs, des scènes, des usages populaires). Peindre, sculpter, graver,
c’était revendiquer l’identité d’une lignée aussi ancienne que la
civilisation elle-même, tout en usant de plain-pied d’une pratique
ouverte aux courants de pensée du monde contemporain.
Faire référence ou non à l’Occident
Tout ce que l’on peut voir à Bagdad confirme la connaissance et la
maîtrise technique que tous les artistes irakiens ont des conventions
occidentales. Le cursus de l’enseignement aux Beaux-Arts comprend une
dernière année consacrée à l’art moderne international, malgré le
tarissement des sources imprimées. Car il faut le souligner: l’édition
d’art (voire l’édition tout court) avait disparu d’Irak depuis les
années 80. Malgré les festivals ou foires internationales organisés à
grands frais sous l’Ancien Régime pour maintenir une vitrine et un
semblant d’échanges – la soupape ayant malgré tout fonctionné, pour les
artistes, avec une certaine efficacité – on ne trouve plus dans ce pays
que des brochures d’expositions
accompagnées de brèves notices purement descriptives ou biographiques.
A ce jour (qu’il faut souhaiter provisoire), pas un seul vrai «beau
livre» récent. La presse écrite, heureusement, éclot de toutes parts,
mais faute de moyens techniques les artistes en sont réduits, pour
garder une trace de leur travail, à prendre eux-mêmes des photos qu’ils
conservent dans des albums de pacotille. La guerre et l’embargo n’ont
fait qu’aggraver une situation bloquée depuis plus de vingt ans. Pour
ceux qui ne s’étaient pas exilés, la situation était claire: prohibée
l’importation d’écrits «étrangers»; censurée, autocensurée ou risquée
toute analyse critique.
Or, pour reprendre l’expression de Gombrich, s’il n’y a «pas
d’innocence de la vision» en art, il n’y a pas non plus d’innocence de
la pratique à Bagdad: chacun
fait librement son affaire de la question des références occidentales,
qu’il choisit d’inclure ou non à divers degrés dans sa pratique
artistique. La question est donc plutôt de savoir en quoi ces
références peuvent nourrir ou au contraire biaiser, voire occulter, la
perception, par un œil occidental, de cette peinture.
Deux exemples. Certaines toiles abstraites (Ahmed Noussaief) frappent
par la fluidité émanant de sensations épurées, matérialisées purement
par la couleur: elles évoquent immédiatement un écho du travail
d’Olivier Debré. Mais dès que la donnée à la fois objective – les
marais du Chatt El Arab – et subjective – la souffrance des populations
consécutive à la guerre Iran-Irak – est fournie par le discours du
peintre, la référence à Debré ne peut suffire à rendre compte de la
singularité de l’œuvre. De même le collage-récupération (exclusivement
à base de couvertures de livres) chez Qassim Al Sabti: tranchant sur le
système de représentation traditionnel, cette démarche devenue
classique renvoie à des précédents dont Picasso n’est qu’un des avatars
les plus célèbres, du fait de sa précocité même.Pourtant, les
conditions d’élaboration de cette série (livres trouvés sous les
bombardements dans la rue ou rachetés à la suite des pillages de
bibliothèques, pour être ensuite manipulés, recollés, reformés) lui
donnent une intensité et un caractère absolument uniques, ni
substituables ni comparables à un autre collage. Et dans son
originalité, il s’agit bien d’une œuvre «irakienne»: n’est-ce pas un
travail sur les livres… au pays même où naquit l’écriture?
La création à Bagdad manie donc avec une parfaite aisance ce qu’elle
veut du vocabulaire, de la technique et de la théorie élaborés en
Occident. Elle agit cependant dans esprit différent, et en assimilant
des héritages propres: le résultat présente à la fois un air familier
et une manière authentique. Les Irakiens sont bel et bien sur la même
planète que nous, mais la découverte de leur peinture, pour paraphraser
Henry Miller à propos de la littérature japonaise, est pour nous comme
l’exploration de sa face cachée. Notons toutefois que l’on demeure à ce
jour dans les deux dimensions: peu d’installations ou de vidéo (faute
de moyens), pas de performances (faute de sécurité: on ne sort pas le
soir…)
Les structures; de quelques figures imposées
Dans les récurrences que nous retrouvons chez la plupart des artistes
présentés ici, on repère l’héritage revendiqué de traditions proprement
irakiennes. Je mentionnerai ici les principales.
- Le maniement des couleurs vives, violentes, contrastées, semble une
constante: on se souvient de la «révélation de la couleur» qui eut lieu
en Orient pour Klee ou du «rêve coloré» d’Elie Faure à propos de l’art
arabe; saturées sur toute la surface du tableau, elles traversent tous
les supports, tous les styles, toutes les techniques - papiers, toiles,
collages. En Irak, l’autonomie de cette couleur renvoie aussi bien à
l’Histoire (panneaux assyriens, décors abbassides) qu’à la géographie
des traditions régionales (notamment les tissages: tapis, étoffes…)
- Dans une moindre mesure – tout dépend du sujet – les formes puisent à
un répertoire local: personnages et costumes, signes sumériens,
architectures cubiques, coupoles de mosquées, etc.
- Le refus de la perspective débouche sur une peinture «à plat». Cette
faculté de «parvenir à créer de l’espace sans quitter le domaine du
plan» frappait déjà Matisse. La référence irakienne remonte
directement, là encore, aux Sumériens et aux Assyriens.
- Quant au signe, qu’il soit issu des Sumériens ou de la calligraphie,
il demeure omniprésent. Il y a dans les galeries ou les ateliers de
Bagdad une vaste production abstraite, non «figurative» au sens
académique du terme, qui témoigne à l’envi de la familiarité que cette
culture, comme toutes celles issues de l’Islam, entretient avec le
signe – et qui s’épanouissait traditionnellement dans l’ornementation,
l’enluminure, la calligraphie. * Sur ce point, la peinture irakienne
rejoint la peinture arabe en général dans sa recherche de modernité.
Les historiens s’accordent pour décrire la façon dont le chemin de la
modernité dans les pays arabes s’est accompli de façon symétriquement
inverse par rapport à celui de l’Occident: là où celui-ci rompait avec
le figuratif – au début du Xxe siècle – la peinture irakienne, comme
dans d’autres pays arabes, accédait au contraire à la manifestation
individuelle d’impressions et de sensations personnelles transcrites
par le biais de l’art figuratif; on sait que ce dernier avait
jusqu’alors été refoulé par toute une partie de l’inspiration
musulmane, malgré la tradition persane de l’image et bien qu’il ait
toujours existé une certaine marge de tolérance pour l’espace privé. *
Conjoncture : de quelques thèmes et figures libres
L’Irak, pays laïque? Pas au sens européen, loin s’en faut. Dans une
société où, traditionnellement, l’observance religieuse imprègne la vie
quotidienne dans ses moindres aspects, il n’est pas rare que la
peinture s’en fasse l’écho: tel peintre renvoie à une conception de
l’univers ordonné selon le divin, tel autre représente un épisode de la
vie du prophète. Mais le plus frappant n’est pas là. Il réside sans
doute – à cela rien d’étonnant – dans la coupure affichée avec le monde
extérieur. Quels que soient leur âge ou leur statut, les artistes que
nous avons rencontrés se sont longtemps réfugiés dans l’espace de leur
peinture comme pour se protéger des agressions du réel. Chez tous, de
façon presque obsessionnelle, les mêmes mots reviennent: «La peinture,
c’est ma « respiration»; «mes tableaux sont des éclairs de liberté»;
«ma peinture, c’est quatre-vingt-dix pour cent de mon bonheur» Peinture
= respiration = liberté: rien d’étonnant pour des artistes, d’où qu’ils
soient; mais on devine l’intensité de l’équation dans un pays qui ne
savait plus ce que liberté veut dire depuis si longtemps.
Certes, tous n’ont pas connu le sort de ce sculpteur qui, bravant les
interdictions en pratiquant un moulage sur un modèle nu (féminin), a
passé un an en prison pour obscénité, il y a cinq ans. Mais que faire
quand manifester le moindre désaccord repéré par les moukhabarat, (la
police
politique), pouvait revenir à signer son arrêt de mort? Nombre
d’artistes ont alors exprimé leur engagement mais de façon détournée,
allusive. On croit voir des bandes de couleur dans de délicats tableaux
abstraits (Ahmad Noussaïef)? C’est la tragédie des Arabes des Marais au
sud de l’Irak. Ce magnifique tableau bariolé avec la huppe, symbole
islamique traditionnel (Fakher Mohammed)? Le sort des Irakiens, une
incertitude permanente entre la vie et la mort. Ce dessin d’enfant sur
une porte rouillée (Satar Darwich)? Peint en Jordanie, c’est-à-dire en
exil. Ces oiseaux dans leur pigeonnier (Jaafar Mohammed)? Une métaphore
de l’enfermement des Irakiens, puisque le pays est «une grande cage» où
l’on étouffe. Il faut savoir décoder,mais la révolte est en germe.
Entre le boulet du réel et l’espace du rêve, aux Beaux-Arts, on avait
trouvé comment s’exprimer: l’un des plus grands murs de l’Ecole a été
recouvert d’un immense portrait peint de Picasso flanqué de… Guernica.
Guernica, sur les murs, mais pas sur les toiles: sous l’ancien régime
cela pouvait être, justement, une question de vie ou de mort.
L’Histoire s’accélère. Bagdad : renaissance?
Depuis juillet 2003, aux Beaux-Arts, dans les galeries, dans les
ateliers, partout les artistes ont commencé à «respirer»: œuvres
évoquant très directement la guerre, conversations franches,
expositions multipliées, individuelles, collectives, institutionnelles.
Associations et groupements, dont les Irakiens sont friands,
fleurissent. Bagdad renaît, ou du moins, elle tente de renaître, avec
énergie.
Chacun peut «écrire ton nom, Liberté»2 et ceci est peut-être le bien le
plus précieux dans un pays si longtemps privé de pensée. Mais jusqu’à
quand? Depuis 2004, si, sur place, l’espoir n’est pas encore retombé,
la fatigue et l’angoisse de l’impasse se font sentir. Face à la
violence et au chaos, crayons et pinceaux conserveront-ils leur pouvoir
de régénération?
Caecilia Pieri, éditrice d’ouvrages d’architecture et de patrimoine,
prépare un doctorat sur l'architecture moderne irakienne et travaille à
un projet de documentaire filmé sur l’histoire de l’architecture de
Bagdad
Meriem Lequesne, française d’origine algérienne par son père et
hollandaise par sa mère, est architecte
et galeriste (Galerie M, PARIS)
Notes
1 - Galerie M / Meriem Lequesne, Jacques, PARIS.
Artistes exposés : Toiles de Falah Al Anee, Jaafar Mohammed Khader,
Fakher Mohammed, Ahmed Noussaief, Qassim Al Sabti, Karim Saifou,
Serwan, Mohammed Jassim Al Zubaidi;
Sculptures de Muatasim, Hayder Wady, Retha Farhan.
Reprise, actualisée, du texte publié dans le catalogue de la première
exposition: Bagdad Renaissance,
Paris, éditions Jean-Michel Place, oct. 2003, 80 pp., 28 euros.
Disponible en librairie ou par correspondance auprès de la galerie.
2 - L’expression est de Paul Eluard. Expositions Expositions
internationales: 1981 - 82 Iraqi Artists Exhibition - Paris 1983 - 84 -
87 Al-Wasity Festival - Baghdad 1985 Cagnes sur - mer / France 1986 -
88 - 02 Baghdad International festival 1993 Exhibition of artists of
today & tomorrow - Ain Gallery 1993 Exhibition of man & life -
Inana Gallery - Baghdad 1995 Festival of Iraqi contemporary art -
Tunisia 1996 Exhibition of The Youth - Hewar Art Gallery - Baghdad 1997
Strolling Exhibition of contemporary Iraqi Art - Morocco 1998
Exhibition of spaces in adventure - Gallery of Baghdad 1998 Al-Mahres
International festival - Tunisia 1998 Festival of Iraqi art - Inst. of
Arab World (IMA)- Paris 1999 Exhibition of Al-Abraj - Al-Meezan gallery
- Baghdad 2000 Exhibition of seven Iraqi Artists - Inst. of Arab World
- Paris 2000 Exhibition of experimenting indications - Baghdad Gallery
2000 Exhibition of opic Artists - Caracas - Venezuela 2000 Exhibition
of Art World - Rivioli - Italy 2002 Festival of Iraqi contemporary art
- Chine 2005 Exhibition of Iraqi artists in Gallery M - Paris 2005
Exhibition in Marie Demange gallery - Paris 2006 Exhibition in Art
Avntage gallery - Paris 2006 Exhibition (Reliefs de la memoire) in
French Centre – Baghdad 2006 Art Avantage Gallery - Paris 2007 (Reliefs
de la mémoire)French Centre – Baghdad 2007 Festival of Iraqi
contemporary art – unesco - Paris 2008 Carré d'Artistes Gallery - Paris
Expositions personnelles: 1990 First personal exhibition in Al-Riwaq
Gallery - Baghdad 1997 Second one man show in Hewar Gallery - Baghdad
1999 Third one man show in Pascal Gallery - Paris 2002 Fourth
exhibition with Ismail AL-CHEIKHLI - Hewar gallery 2003 Fifth one man
show in French Centre - Baghdad 2005 Sixth one man show Veron gallery –
Paris Prix :
1984 Second prize in Al-Wasity festival - Baghdad
1985 Estimative Prize in Al-Wasity festival - Baghdad
1989 - 92 Certificate & medal from Iraqi Artists Syndicate
1993 Prize from Exhibition of Man and Life Exhibition - Enana
1993 Prize from Iraqi National Commit of Plastic Arts
1993 Estimative prize to youth artists - Ain Gallery - Baghdad
1998 Golden Prize from Al-Mehres International festival - Tunis
QUALIFICATIONS :
Member of Iraqi National Committee of plastic arts
& International Association of plastic arts (AIAP) - Paris
Iraqi Artists Syndicate & Iraqi Artists Society Iraqi Journalists
Syndicate







