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J.claude SAVI

Peintre

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 - Après le spectacle - La vigie complaisante - Chute inopinée d'une epinette sur un parterre attentif - Papillons de mars - ...des eaux calmes du lac - Retour en grâce - En signe de... - Je t'écris de la chair du volcan - Petits propos sibyllins - Naissance tranquille d'un chemin de solitude - (S)in(g)(s)ularité - Avant le spectacle
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                   Mes parents m’ont toujours affirmé que je suis né après la guerre et bien sûr, je les crois.

        Par contre, ils ont eu grand mal à se rappeler mes souvenirs d’enfance, moi aussi d’ailleurs, ce qui laisse un immense océan de situa-tions à inventer et de pas à refaire, parfois dans mes propres pas mais aussi, je m’en désole, dans ceux des autres.
        Je me suis abreuvé à l’eau des fontaines, pas toujours très potable, je me suis nourri de tout ce qui passait, étant somme toute convaincu que le temps ferait son œuvre et séparerait pour mon compte le bon vrai de l’igrain. Ainsi fut fait, même si je me prends parfois à déplorer de n’avoir pas  été plus présent dans ce tri sélectif. Ne me demandez pas où j’étais, j’allais moi-même vous poser la question.
        Et les années ont passé, dorées, âpres, froides, carnavalesques, mitigées, endeuillées, érectiles et chamarrées…comme tout le monde, quoi…
        Des journées, des soirées à gratter le ventre de ma guitare, à mettre des notes sur mes textes et verse- viçà, à chercher le point G de la Muse, à écrire avec la guitare et composer avec le crayon, à caramboler la pudeur des mots noyés dans la guimauve.             
        Puis ces rencontres intimes et renouvelées près d’un quai de Bordeaux, des doutes, des bouillonnements troublants et soudain d’extraordinaires fulgurances.  
                
                  Mes parents m’ont toujours affirmé que je suis né après la guerre et souvent, je les crois.  
      
         Un livre est né, «  Le lit de la vague », deux ans de travail sous ma peau. Mais un livre n’a pas toujours le vent pour tourner les pa-ges et tout peut être définitivement enfoui. Le néologisme « peintecriture » s’imposait à moi en ce qu’il permettait une mise en scène des mots, qui bientôt s’orienta sur la Calligraphie.
        Cette vieille dame me reçut très gentiment devant un thé au meliotta d’Abyssinie orientale mais je declinai non moins gentiment son offre d’un contrat d’apprentissage sur vingt ans, arguant principalement de ma hâte. Avant que je ne reparte, elle consentit toutefois à me laisser en viatique quelques poires pour la soif.
         L’arrivée des couleurs et quelques techniques éprouvées me permettent aujourd’hui de restituer un monde qui m’est propre, en-dehors de tous les mots,en-dehors de tous les codes mais surtout riche de ces mots et de ces codes.

                   Mes parents m’ont toujours affirmé que je suis né après la guerre et parfois, je les crois.              
     
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