KILLKA
Peintre
ESSENCE ANDINE DANS LA PEINTURE d'ELOY QUIRÓZ QUISPE
Il n'y a pas de doute que l'hypothèse de la motivation magico religieuse pour expliquer la naissance de l'art est aujourd'hui l'une des plus fermement soutenues et soutenables par l'anthropologie culturelle.
De plus, elle s'est vue renouvelée depuis la seconde moitié de notre siècle par une série de réflexions post-surréalistes qui augurent la renaissance de certaines formes de spiritualité et de "magicisme" artistiques, déjà bien perceptibles parmi un grand nombre des plus jeunes créateurs actuels.
Bien entendu, il serait ingénu d'affirmer que tous les artistes qui emploient formellement les signes et les espaces magiques, croient en la magie. Mais je peux assurer que le peintre péruvien Eloy Quiróz Quispe n'a que trop de raisons pour croire.
Il n'est pas de trop de remarquer à ce propos, la racine indigène de son second nom de famille, qui est aussi celui de nombreux peintres de Cuzco des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dont Diego Quispe Tito, le peintre indien le plus important de l'Amérique coloniale.
Le magique, nécessairement lié au merveilleux, se situe hors de notre réalité et est (comme l'affirme Ortega et Gasset), "l'unique forme possible de relation avec le hasard".
Il essaie de se relier aux pouvoirs supérieurs avec l'aide d'un arcane, langage de symboles ; et ainsi le fait Quiróz dans une peinture pleine de suggestions qui prétend s'intégrer dans une étape historique de la plus grande importance du point de vue de la cosmovision aborigène andine : celle qui, d'après certaines études du monde péruvien, commença en 1992 et durerait 500 ans (un "Pachacuti") caractérisés par une significative ascension des valeurs propres aux cultures aborigènes.
Tel est le panorama qui semble s'entrevoir sur fond des tableaux de ce peintre qui, bien sûr, demandent une lecture symbolique et qui, non seulement montrent la suggestion du mystère, mais aussi une qualité picturale remarquable, en plus du désir ardent de Quiróz de scruter à l'intérieur de ses racines.
F. GIL TOVAR







