Français Index Alpha

MOGLIA

Plasticien, Peintre

Autres oeuvres (8) - Vente en ligne (8)
galerie - Flamme 01galerie - Soufflesgalerie - Cendres 01galerie - Braises 01galerie - Combustion 02galerie - Cendres 02galerie - Combustion 01galerie - Cendres 03
Français
Né en 1945. Affilié à la maison des artistes depuis 1974Etudes littéraires (Paris IV Sorbonne).
Etude de la flûte traversière sous la direction de Robert Hériché de l’Opéra de Paris.
Professeur de Lettres Modernes.
Séjour au Niger, au titre de la coopération.
Découverte et étude du rituel des danses de possession au Niger.
Initiation par les nomades Peules à l'usage de la flûte droite.
Reporter photographe (Afrique de l'Ouest, Sahara)
Moniteur de voile et de plongée sous marinePeintre et Sculpteur : Huile, Eau, Feu, Terre, Métal, Utilise l’énergie thermique et le feu sous de multiples aspects comme élément de recherche pour ses créations, en relation avec la terre, le métal.

1987 Première cuisson céramique en mer.
1987 Chargé de cours aux Beaux Arts de Mâcon.
1988 Achat du Fond National d'Art Contemporain, Paris : Bouclier durci par la flamme.
1989 Bourse d’études de la Délégation des Arts Plastiques : Feu visuel et sonore…
1990 Création d’un Orgue à feu géant devant la Centrale Thermique de Perm Oural.
1992 Création d’une sculpture métal et silice pour Unilog, Paris
1995 Création d’un Orgue à Feu pour le S.E.S.C. »  Sao Paulo.
2000 Création d’un Orgue-a-feu  pour la ville de Saint Pierre de La Réunion.
2002 Création d’un Orgue-a-feu » pour le film Nothing like Dreaming, Boston.

Sculpteur sonore :
L'analogie entre les manifestations sonores liées aux phénomènes de combustion d'une part, et le souffle de la respiration d'autre part, l'incite à créer en 1989 le premier Orgue à feu afin de transformer directement l'énergie thermique en énergie sonore.En 1990, avec l'aide de cette bourse attribuée par le Centre National des Arts plastiques, il est invité pour une performance exceptionnelle dans la centrale thermique de Perm, ex-URSS.  Son orgue à feu géant, créé à partir de tubes d'oléoduc, lui permet de détourner l'énergie de la centrale en un chant thermique, devant dix mille auditeurs.Depuis, il alterne recherches, créations et performances pour des événements et des manifestations publiques spécifiques, à  Belo-Horizonte, Sao-Paulo, à Istanbul, au Festival International de Baalbek, devant la Géode de la Cité des Sciences, Paris, à Glasgow,  à la Cité de la Musique, Paris, A Rome et tout dernièrement à Reykjavik, avec des musiciens islandais…Avec les sculptures sonores de Michel Moglia s’ouvre une histoire de souffle et de feu, de sirènes et de dragons, de lumières et de chants. Depuis plus de dix ans, ses Orgues à feu illuminent les nuits des villes de France et d’ailleurs, crachant au ciel leurs hurlements fantastiques.
Avant la découverte des possibilités sonores du feu, le parcours  de Michel Moglia a démarré par quinze années d’étude de la flûte traversière classique, puis par l’apprentissage de la flûte peule du Sahara. Il a également été durablement marqué par sa découverte des danses de possession rituelles, lors d’un séjour de deux ans effectué au Niger au titre de la coopération. Ces différentes influences l’ont rapidement entraîné à remettre en question les concepts d’harmonie ou de beauté inhérents au monde musical occidental contemporain. « J’ai décidé un jour d’organiser ma propre vibration au sein du monde sonore foisonnant de notre planète. J’ai créé ainsi mon chant, finalement identique à celui d’un loup, mais avec des moyens humains, notamment l’usage du feu qui brûle en nous et qui organise notre respiration. Pour moi, le feu est passionnant parce qu’il est à la fois le Bien et le Mal. Gaston Bachelard le dit très bien dans « La Psychanalyse du Feu » : «Le feu brille au Paradis et brûle en Enfer».
De cette passion pyrotechnique naît en 1989 le premier Orgue à feu, basé sur un procédé permettant de transformer la chaleur d’une flamme en énergie sonore. En réalité, à l’origine, l’instrument n’avait pas de nom. Ce sont les premiers spectateurs et auditeurs qui l’ont nommé ainsi. Concrètement, il fonctionne grâce à une série de brûleurs alimentés au gaz liquide, qui projettent des flammes à l’intérieur de tubes en inox, fixés sur une structure métallique. La circulation de l’air chaud dans les tubes produit des signaux sonores qui évoquent étrangement le cri de certains animaux, réels ou imaginaires, tels le hurlement des loups, le chant des sirènes ou  le rugissement des dragons.
Dans le passé, d’autres instruments musicaux utilisant l’énergie du feu avaient vu le jour. Ainsi le Pyrophone ou « flammes chantantes », perfectionnement d’un instrument antérieur appelé Armonica chimique, fut fabriqué par Frédéric Kastner au milieu du XIXè siècle. Là aussi, le principe de fonctionnement était le même. Des colonnes d'air contenues dans des tubes en verre étaient mises en vibration par des flammes. Plus près de nous, deux musiciens danois, Bastiaan Maris et Geo Homsy, ont inventé en 1992 le Large Hot Pipe  Organ, un orgue fonctionnant au propane, contrôlé à distance par l’intermédiaire d’un système informatisé MIDI. Plus près de nous, le « mécamusicien » français Jacques Rémus a travaillé sur l’invention de Thermophones, fonctionnant, non plus au gaz, mais à l’aide d’une énergie produite grâce à de très basses températures.  En dehors de ces quelques prototypes, on rencontre ici ou là quelques musiciens qui se sont livrés à diverses expérimentations basées sur des procédés analogues.
Pour son concepteur, plus qu’une simple sculpture, l’Orgue à feu est d’abord une formidable interface entre l’univers sonore et le monde du vivant. « Je ne me sens aucune affinité avec la lutherie, thermique ou pas. Je ne suis donc absolument pas un « facteur d’orgues à feu ». Je ne considère pas mes sculptures comme faisant partie du monde de la musique car elles n’ont pas pour rôle de dialoguer avec d’autres instruments de « musique » manipulés par des humains. J’aimerais qu’elles comblent en partie cette forme de chaînon manquant entre le monde sonore directement issu de la Nature, - chants des oiseaux, des loups, des baleines par exemple -, et les manifestations sonores humaines. »
Dans cette recherche, rien n’est laissé au hasard, même si le résultat final comporte toujours une part empirique, indissociable de l’élément feu lui-même. Au regard des risques encourus, les contraintes de sécurité ont été poussées au maximum, bien au-delà des normes en vigueur. L’aspect extérieur de l’Orgue à feu est étroitement conditionné par l’ensemble des contraintes techniques qui ont contribué à sa construction. « On pourrait le comparer à un bateau à voile dessiné sans la moindre concession. Il est vital pour moi que l’aspect plastique ne soit pas « bricolé » sur un plan esthétisant, c’est-à-dire artificiel. Je me méfie d’ailleurs autant de mes goûts (en partie issus de mon éducation dans un monde donné, à un moment donné), que de celui du monde artistique actuel. »
En 1990, un Orgue à feu géant, fabriqué avec des tubes de pipeline, a vu le jour devant la centrale électrique de Dobrianka, près de la ville de Perm (Oural). Finalisée avec l’aide du Centre national des Arts Plastiques, cette performance exceptionnelle, tant au niveau technique qu’au niveau humain, a été réalisée à la demande des responsables de l’énergie soviétique, pour détourner le feu de la centrale et le transformer en sons. Ainsi est né le premier Chant thermique, concept scénographique gigantesque, unique en son genre, qui unit dans un même creuset art sonore et art visuel. Les spectacles ont toujours lieu la nuit, ou dans un lieu clos à l’abri de la lumière du jour. Ils mettent en valeur l’Orgue à feu, qui se déploie aujourd’hui sur vingt mètres de façade et deux mètres de hauteur. Composée de cinq structures métalliques séparées, supportant environ 200 tubes inox, titane et verre de différentes longueurs et de différents diamètres, c’est une véritable « bête » de feux et de sons, propre à enflammer les imaginations les plus stériles.
Sur l’Ile de La Réunion, un autre instrument en acier inoxydable a été construit, avec la participation active de plasticiens, de musiciens et de danseurs issus de la scène locale. Réalisé en 1999 à l’occasion du millénaire de la ville de Saint Pierre, il a été entièrement fabriqué sur place. Un autre encore, conçu pour l’ouverture du Festival d’Art Scénique, se trouve à Sao Paulo (Brésil), où il est devenu propriété du Service Social du Commerce.
Outre l’Orgue à feu, la famille évolutive et informelle mise en œuvre dans les « Chants thermiques » comprend également des balanciers, continuos, flûtes et souffles thermiques, manuels ou automatiques.
Aujourd’hui, Michel Moglia projette de construire d’autres instruments, utilisant non plus l’énergie thermique mais l’énergie éolienne. Il rêve d’aller jusqu’au bout de son voyage intérieur en inventant un Orgue à vent, peut-être du côté du Cap Horn en Patagonie. Un rêve qui, s’il se réalise,  serait aussi une manière de poursuivre une tradition qui existait encore, il n’y a pas si longtemps, sur les Iles Salomon. « Lorsqu’un chef de tribu mourrait, on plantait des bambous sur la grève et l’ensemble des sons qui émanaient de cette installation aidait le guerrier à trouver le paradis. Ensuite on prenait les morceaux de bois et on les jetait à la mer. »

Bibliographie :
Hopkin, Bart : Gravikords, Whirlies & Pyrophones ; written and produced by Bart Hopkin ; Tom Waits, préf. – Ellipsis Arts (dis. Métamkine), 1996. – (1 livre (96 p.) + 1 CD (CD3530).
Michel Moglia’s Fire Organ / Etiye Dimma Poulsen in EMI volume 10 #1, septembre 1994.
Michel Moglia’s Thermal Chants / Michel Moglia in EMI volume 10 #1, septembre 1994.Filmographie :
Lemesle, Bruno : Les Musiciens de l’Etrange ; avec François Baschet, Bernard Baschet, Frédéric Le Junter, Michel Moglia, Jacques Rémus. – Paris, La Huit,1996. VHS coul. 52 mn. Secam.
Pellarin, Rolland : De mèche avec le feu. – DVD 52 mn.Petchonkine, Pavel : Dobrianka. – 1990. Film 35 mm.

Extrait du livre LES CHERCHEURS DE SON de Gérard Nicollet et Vincent Bruno (Editions Alternatives)